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Attentat au Sinaï : l’Égypte confirme enfin la piste de l’attentat

Mercredi 24 février, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a pour la première fois confirmé que l’explosion de l’A321 russe au-dessus du Sinaï avait bien été causée par un attentat.

Rencontre de Abdel Fattah al-Sissi président égyptien et Vladimir Poutine le 10 Février 2015. Crédits: wikimedia

Rencontre entre Abdel Fattah al-Sissi, président égyptien, et Vladimir Poutine le 10 février 2015. Crédits : wikimedia

Il aura fallu attendre trois mois pour que Le Caire rejoigne la piste avancée par le FSB mi-novembre 2015. L’A321 de la compagnie Metrojet et ses 224 passagers ont bien été la cible de terroristes. Lesquels ? Le président égyptien n’en a pas dit un mot.

Le chef d’Etat a en revanche affirmé que le but de ces individus était de « frapper le tourisme et de détériorer les relations russo-égyptiennes », devant un auditoire de responsables gouvernementaux et économiques, lors d’une conférence sur le développement de l’Égypte retransmise par les chaînes de télévision.

Pour mémoire, l’Airbus A321 de la compagnie aérienne russe Metrojet s’est écrasé le 31 octobre dans le nord du Sinaï, en Égypte, alors qu’il effectuait un vol Charm-el-Cheikh – Saint-Pétersbourg avec 224 personnes à son bord, dont 24 enfants. Il n’y a eu aucun survivant. Les victimes étaient majoritairement russes, à l’exception de quatre Ukrainiens et un Biélorusse. Il s’agit de la catastrophe la plus grave de l’histoire de l’aviation russe et soviétique.

Dix jours après le crash, le président Vladimir Poutine en personne annonçait que les enquêteurs russes sur place avaient conclu à l’attentat et interdisait jusqu’à nouvel ordre tout vol entre la Russie et l’Égypte. La branche égyptienne du groupe État islamique (EI) avait revendiqué l’attentat le jour même, assurant plus tard avoir placé une petite bombe à l’intérieur de l’appareil. Mais Le Caire répétait jusqu’à présent que les causes du crash n’étaient pas connues.

Le tourisme en Égypte, déjà profondément affecté par une vague d’attentats, est désormais quasiment au point mort. À ce jour, Londres n’a pas repris ses vols vers Charm-el-Cheikh, ni Moscou à destination de toute l’Égypte.


Article paru le 24 FEV 2016 dans LE COURRIER DE RUSSIE

http://www.lecourrierderussie.com/international/2016/02/attentat-sinai-egypte-confirme-piste-attentat/?v=f9308c5d0596

Merci, les sanctions! La Russie redevient une superpuissance agricole

Le pays connaît une renaissance des secteurs agroalimentaires traditionnels.

Qu'est-ce que Alexandre Saïapine a à dire au journaliste occidental qui lui a rendu visite dans sa laiterie située à 150 milles (240 km) de Moscou? "Merci pour les sanctions!", rapporte Fred Weir du Christian Science Monitor.

Les sanctions dont parle cet homme (l'interdiction d'importer des aliments de l'UE) ont été imposées par la Russie en réponse aux mesures antirusses introduites par l'Occident il y a presque deux ans suite à la crise ukrainienne, rappelle le journaliste. Eh bien, la disparition des produits laitiers bon marché venus d'Europe lui a donné sa chance. Les consommateurs et investisseurs russes n'ignorent plus les fabricants russes, qui arrivent même à exporter.

 

La Russie est en proie à la récession et cette année, la situation se détériore encore, souligne le journal. Mais l'agriculture relève rapidement la tête. Les autorités insistent sur le fait qu'il ne s'agit pas que des sanctions et de la chute du rouble (qui favorisent les produits russes et rendent les produits importés plus chers), mais de facteurs fondamentaux à long terme.

Suite au désordre lié à la décollectivisation des fermes soviétiques géantes qui a duré plus de dix ans, le secteur agricole est tombé en ruines et la Russie est devenue dépendante des importations de produits alimentaires. Le nouveau code foncier adopté en 2001 a permis aux Russes de créer des sociétés privées mais le secteur se développait lentement. En 2012, le gouvernement a présenté un programme radical de subventions visant à aider les fermiers. Il prévoyait des prêts bon marché, le contrôle des prix des engrais, le soutien aux fabricants russes d'engins agricoles et le financement des éléments clés de l'infrastructure agraire.

Pari gagné. Ainsi, la Russie était encore récemment un grand importateur de poulet et de porc d'Amérique du Nord. Aujourd'hui, elle couvre ses besoins en volaille et devient un exportateur net de porc, pour la première fois de l'histoire. L'année dernière, les exportations agricoles se sont chiffrées à 20 milliards de dollars, soit plus que les ventes d'armes.

La crise actuelle favorise probablement aussi la renaissance de la cuisine traditionnelle russe, note le journaliste. Les fabricants d'ingrédients traditionnels comme la betterave, le chou, le sarrasin, le tvorog (fromage frais de campagne de style russe) et le kefir (une sorte de yaourt fermenté) semblent avoir le vent en poupe.


Article paru le 3 FEV 2016 dans Sputnik France 

 http://fr.sputniknews.com/russie/20160203/1021440147/russie-sanctions-agriculture.html#ixzz4148VIG4b




la Russie attire de plus en plus de touristes

Les réservations de vols pour la Russie connaissent une croissance du côté des touristes étrangers pour l’été 2016. Les voyageurs sont attirés non seulement par les destinations traditionnelles que sont Moscou et Saint-Pétersbourg, mais aussi par les villes de Sibérie, et en premier lieu Irkoutsk, située près du lac Baïkal.

Les plages sibériennes. Crédits : Gueorgui Chichkine/vk.com/gir93

Les plages sibériennes. Crédits : Gueorgui Chichkine / vk.com/gir93

La demande des voyageurs étrangers pour des séjours en Russie à l’été 2016 a augmenté de 30 %, indique une étude de Momondo, partagée par Kommersant, le 17 février. Le comparateur de voyages indique que les réservations viennent actuellement le plus souvent d’Allemagne (la demande a augmenté de 34,6 % par rapport à la même période en 2015), des États-Unis (+11 %), du Danemark (+37,9 %), de Norvège (+127,9 %), d’Israël (+55,5 %) et de Grande-Bretagne (+143,9 %).

La demande maximale de la part des touristes étrangers sur la période de juin-août concerne Moscou et Saint-Pétersbourg, qui ont vu leur popularité augmenter de 26,6 % et 35,6 % respectivement. Le nombre de voyageurs prévoyant d’aller àSimferopol s’est accru de 33,4 %, à Novossibirsk de 25,9 %, à Krasnodar de 53 %, à Sotchi de 58,2 %, à Ekaterinbourg de 38,6 %, à Irkoutsk de 99,5 %, à Mineralnye Vody de 1,8 %. La brusque croissance de popularité d’Irkoutsk serait liée, selon Momondo, à sa proximité avec le lac Baïkal, très connu et apprécié des touristes.

Le comparateur Skyscanner fait état de chiffres semblables. Le système enregistre une augmentation de 35 % des réservations précoces de vols et séjours en Russie en provenance de pays étrangers par rapport aux indices de l’année précédente.

Auprès des étrangers prévoyant de se rendre en Russie au cours du premier semestre 2016, les deux villes les plus populaires sont Moscou (53 % des demandes) et Saint-Pétersbourg (21 %), poursuit la compagnie. Vladivostok arrive en troisième place (5 %), affichant une augmentation de la demande de près de 2,5 fois. Ekaterinbourg et Novossibirsk (moins de 2 % pour les deux villes) ferment la marche. Skyscanner enregistre une augmentation de 25 % de la popularité pour Irkoutsk.

Cette croissance du nombre de clients étrangers concerne aussi le marché des hôtels. Alexeï Lankine, directeur régional d’HotelTonight pour la Russie et l’Europe orientale, explique que la demande pour avril, un mois traditionnellement assez faible pour la destination Russie, a augmenté de 30 %. « Le séjour type dominant pour les voyageurs étrangers en Russie, c’est un week-end à Saint-Pétersbourg ou deux jours à Moscou. Nous avons principalement des réservations de voyageurs américains, anglais, allemands », précise-t-il. Booking.com et Airbnb n’ont pas souhaité répondre aux questions de Kommersant.

Irina Riabovol, représentante de Momondo Russie, lie notamment cette augmentation de la demande des touristes étrangers pour la Russie à ladévaluation du rouble. « Un autre facteur qui n’est pas de moindre importance est l’aspect psychologique : si, au tout début de la crise (fin 2014), beaucoup de touristes étrangers étaient sceptiques à l’idée de voyager en Russie et avaient même peur d’y aller, la situation a changé courant 2015. Les touristes étrangers commencent à voir les villes russes comme de nouvelles destinations possibles, intéressantes et pas trop chères », poursuit Mme Riabovol.

La popularité de la Russie comme destination touristique a commencé à croître l’année dernière. Sur neuf mois, l’agence fédérale de statistique Rosstat a fixé une augmentation du nombre de voyageurs étrangers à 13 %, soit le résultat le plus important depuis l’année 2008. Et les rythmes préalables de croissance des réservations pour la période estivale montrent une augmentation explosive par rapport aux chiffres de l’hiver. Ainsi, selon les données de Momondo, la demande pour la Russie de la part de voyageurs autonomes à la période des fêtes de fin d’année a augmenté de 5 %, avec la popularité la plus forte auprès des touristes allemands (+35,5 %), arméniens (+44,4 %), turcs (+16,6 %), chinois (+807,1 %) et israéliens (+65,9 %). Chez Skyscanner, on fait état d’une croissance de 14 % entre les années 2015 et 2016 pour la période du 1er janvier au 15 février. Le nombre de clients de OneTwoTrip voyageant en Russie depuis l’étranger a été multiplié par 1,5-2 fois, précise l’entreprise. La vente de billets depuis la France a augmenté de 75 %, depuis l’Italie de 44 %, depuis l’Espagne de 29 %, depuis Israël de 24 %.

La Russie est plus populaire également auprès des voyageurs en transit. Depuis le début de cette année, les tour-opérateurs constatent une très forte augmentation des séjours incluant un départ de Moscou pour les voyageurs étrangers. Les ressortissants des pays baltes et d’Allemagne achètent notamment très souvent des séjours en Asie du Sud-Est, comme en Thaïlande, avec un transit par Moscou : la dévaluation du rouble réduit d’1,5 fois, voire divise par deux le coût du trajet par rapport à des départs depuis les pays européens.


Article paru dans Le Courrier de Russie le 17 FEV 2016

http://www.lecourrierderussie.com/economie/2016/02/russie-plus-touristes-siberie/?v=f9308c5d0596

L'Académie française opposée à toute réforme de l'orthographe

L'Académie française s'oppose à toute réforme de l'orthographe et n'est pas à l'origine de celle qui doit être prochainement généralisée dans les manuels scolaires, affirme Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'Académie.

 "Je n'ai pas compris les raisons qui expliquent l'exhumation d'une réforme de l'orthographe élaborée il y a un quart de siècle et où l'Académie française n'a eu aucune part, à l'inverse de ce que l'on a voulu faire croire", indique Mme Carrère d'Encausse dans une interview publiée samedi par le Figaro.

Largement méconnue, la réforme adoptée en 1990 prévoit la simplification de l'orthographe de certains mots et allège l'usage des traits d'union et des accents circonflexes. Sa généralisation prochaine dans les manuels scolaires du primaire suscite une vive polémique, notamment dans les médias et les réseaux sociaux, rapporte l'AFP.

"La position de l'Académie n'a jamais varié sur ce point: une opposition à toute réforme de l'orthographe mais un accord conditionnel sur un nombre réduit de simplifications qui ne soient pas imposées par voie autoritaire et qui soient soumises à l'épreuve du temps", souligne Mme Carrère d'Encausse qui rappelle que la langue "est une part essentielle de notre identité".

L'historienne précise qu'en ce qui concerne la réforme de 1990, l'Académie s'était prononcée sur des "principes généraux — un nombre limité de rectifications d'incohérences ou d'anomalies graphiques — mais non sur le projet lui-même dont le texte était en cours d'élaboration".

L'Académie a par la suite "marqué son désaccord" avec le texte, a-t-elle dit.

 

"En 2016, nous sommes devant une situation radicalement différente" avec un système éducatif qui "s'est écroulé" au point "qu'un élève sur cinq quitte l'école sans savoir lire" ajoute Mme Carrère d'Encausse.

"Le problème n'est donc plus d'offrir des facilités aux élèves, de conserver ou non l'accent circonflexe, mais de revoir totalement notre système éducatif", estime-t-elle.



Article paru le 13 FEV sur SPUTNIK FRANCE

 http://fr.sputniknews.com/france/20160213/1021717902/france-orthographe-reforme.html#ixzz40P6EsQi5


Anne Mondoloni, directrice du Samu social de Moscou : «L’absence de regard fait mourir»

« C’est bien d’avoir bon cœur mais ça ne suffit pas. »

Anne Mondoloni dirige le Samu social de Moscou. Retour sur ses origines bulgares, sa découverte de la Russie, le processus d’« asphaltisation » des sans-abris…


Anne Mondoloni. Crédits : D. R

Anne Mondoloni, directrice du Samu social de Moscou. Crédits : archives personnelles.

Le Courrier de Russie : Parlez-nous de votre enfance.

Anne Mondoloni : Je suis née à Dieppe. Mon père travaillait à l’usine Alpine-Renault, il avait été expatrié en Bulgarie en 1968-69 pour monter une usine à Plovdiv et y a rencontré ma mère.

LCDR : Ils se sont échappés ensemble ?

A.M. : Non, elle est partie après lui en France en tant que touriste, dans un groupe, et elle leur a faussé compagnie, ils ont ensuite vécu à Dieppe.

« 50 % de ma génétique ont été mis de côté pour aboutir à une identité claire et française »

LCDR : Vous avez appris le bulgare ?

A.M. : C’étaient les années 1970, et le grand souci de ma mère était que je m’intègre, j’étais française et il n’était pas question de me parler bulgare. J’ai été élevée sans que le bulgare soit transmis, un peu comme si 50 % de ma génétique avaient été mis de côté pour me garantir une identité claire et française.

LCDR : Vous le regrettez ?

A.M. : Je le comprends, c’était une époque, l’objectif était la réussite scolaire et il fallait bannir tout ce qui pouvait y nuire.

LCDR : Puis…

A.M. : Je suis allée à Paris pour faire Sciences Po, j’ai – toutes proportions gardées – subi le « choc » Paris-province.

LCDR : C’est-à-dire ?

A.M. : Il y a des codes à acquérir, une façon d’être. C’est difficile à dire… L’impression qu’il n’était pas bon d’être trop sympa…

LCDR : Puis…

A.M. : Je voulais faire l’ENA mais j’étais trop jeune, du coup j’ai fait HEC puis l’ENA et suis sortie à la Cour des comptes.

LCDR : Et vous arrivez en Russie en…

A.M. : 2013, ça a fait ressortir des impressions, des souvenirs… l’odeur du métro de Moscou par exemple, un mélange d’essence, de froid, de poussière, qui crée une odeur spécifique qui me rappelait la Bulgarie. Il doit y avoir quelque chose avec l’essence. La façon d’être des gens, aussi.

« Je retrouvais un humour sans sarcasme »

LCDR : Comme quoi ?

A.M. : Une forme d’humour, un humour sans sarcasme, sans ironie, des Russes, ce qui est reposant. Je retrouvais cet humour absurde et bienveillant que j’avais connu enfant en Bulgarie.

LCDR : Comment êtes-vous arrivée au Samu social ?

A.M. : J’avais envie de travailler à Moscou, j’ai fait passer mon CV à quelques personnes et on m’a proposé la direction du Samu social, mais la responsabilité que ça représente, le fait que je ne parlais pas assez bien russe… je ne me sentais pas d’accepter. Et puis, en mars 2014, j’ai assisté à une conférence de Xavier Emmanuelli sur son expérience auprès des sans-abris pendant trente ans, j’ai appelé le lendemain et j’ai commencé au printemps.

Travail du Samu social à Moscou. Crédits :

Travail du Samu social à Moscou. Crédits : Olivier Marchesi/samu.ru

LCDR : En quoi consiste l’action du Samu social ?

A.M. : Il s’agit d’aller au-devant de quelqu’un qui n’est pas capable de formuler une demande. Il est victime d’un syndrome d’écrasement, toute son énergie est vouée à la survie, il faut aller au-devant de lui, c’est ça le cœur de notre action.

Quelqu’un qui est victime d’un accident de la route, on ne lui demande pas s’il veut de l’aide, c’est la même chose pour celui qui est écrasé socialement, il faut aller vers lui. La première étape de notre travail consiste donc à aller à la rencontre de ces gens et à les amener dans un centre d’hébergement. Le lendemain matin, ils voient un médecin et un psychologue qui leur proposent d’aller dans un centre de stabilisation mais tous ne peuvent pas.

LCDR : Pourquoi ?

A.M. : Parce que ces gens vivent en exil d’eux-mêmes, ils sont tellement désocialisés que tous les codes de la vie normale sont perdus, le rapport au corps, au temps, à autrui, à l’espace sont perdus. Le plus dangereux est la perte de la perception du corps, les gens vont avoir des blessures, des plaies infectées mais n’entendent plus les signaux du corps. Non seulement les terminaisons nerveuses sont abîmées mais leur psychisme les empêche d’entendre. Ils savent qu’ils ne vont pas aller voir le médecin, le signal est donc mis psychologiquement de côté.

« On ne peut pas choisir l’enfer »

LCDR : Qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur dans votre travail ?

A.M. : Le fait que nous nous racontions des légendes pour nous déculpabiliser. Par exemple, la légende du choix, « ils ont choisi cette vie », et parfois ils se la racontent eux-mêmes pour survivre. Ça alimente la légende du clochard-philosophe, ça donne l’impression aux gens qu’ils ont choisi alors qu’on ne peut pas choisir l’enfer. Ça peut être le résultat d’un traumatisme d’enfance mais personne ne peut choisir la désocialisation profonde car elle est profondément mortifère.

Sans-abris près de la gare Yaroslavlsky à Moscou. Crédits :

Gare Yaroslavsky à Moscou. Crédits : Olivier Marchesi/samu.ru

LCDR : Vous parliez des phases de la désocialisation ?

A.M. : La première est une phase d’agressivité, de révolte, née le plus souvent d’un échec (dans la plupart des cas un divorce ; 70 % des sans-abris sont dans une situation de conflit familial) à la suite duquel les liens familiaux n’ont pas fonctionné. Le « sans-abrisme » est une maladie de l’urbanisation. À la campagne, il y a des filets de sécurité qui fonctionnent.

LCDR : Puis…

A.M. : Vient la phase de fixation, dépression pendant laquelle les gens se disent : « Je suis nul », « Je dois avoir un problème ». Puis la phase de retournement narcissique au cours de laquelle la personnalité se modifie pour survivre et se met à penser : « C’est mon choix, je suis bien comme ça, je n’ai pas besoin de votre société… » La dernière phase est une phase d’abandon, d’« asphaltisation », où la personne n’a parfois même plus la force de se tenir debout, on voit parfois des gens à côté de Kourskaïa qui sont recroquevillés en position fœtale. Ils sont exilés d’eux-mêmes, on ne peut pas leur dire « Allez travailler ! », ça requiert une expertise, comme pour soigner toute victime d’un écrasement.

LCDR : Quel type d’expertise ?

A.M. : Pour venir en aide à ces gens, il faut une expertise, une compréhension, une approche sociologique, psychologique, et si vous ne l’avez pas, vous allez passer à côté du sujet. C’est bien d’avoir bon cœur mais ça ne suffit pas.

En Avril, le photographe Oliviers Marchesi a effectué une photo sur le travail conjoint de Moscou-social Patrol et le Samusocial du Docteur Boris Ivanovich Voïnov, derrière la gare Yaroslavsky. Crédits : Oliviers Marchesi/samu.ru

En avril 2015, le photographe Olivier Marchesi a réalisé un reportage photo sur la collaboration entre le Samu social de Moscou et le Samu social du Docteur Boris Voïnov, derrière la gare Yaroslavsky. Crédits : Olivier Marchesi/samu.ru

On dit au Samu social de Paris : « Trois mois dans la rue, trois ans pour s’en sortir ». Il faut beaucoup de temps, de professionnalisme, c’est comme un plongeur qui est descendu à cent mètres, il faut des paliers de décompression pour qu’il puisse remonter à la surface. La personne doit faire des efforts tels pour s’adapter à la vie de la rue qu’elle est de plus en plus désadaptée à la vie normale et que le retour est très difficile.

LCDR : Qu’est-ce qu’il vous paraît essentiel de comprendre ?

A.M. : Ce qui nous paraît irrationnel est rationnel dans la logique de rue, par exemple le refus d’hébergement : si tu as acquis un bout de territoire dans la rue, tu préfères le garder plutôt que de le laisser à quelqu’un qui va prendre ta place. Ou l’alcool, qui est un des outils de survie dans la rue. Il est un moyen de socialisation en ce qu’il permet de surmonter ses inhibitions, il aide aussi à surmonter l’image dégradée que l’on a de soi-même.

LCDR : Comment se regardent les sans-abris ? Comment regardent-ils les autres ?

A.M. : À Paris, 30 % des sans-abris souffrent de troubles psychiatriques, ce qui veut dire que 70 % d’entre eux ont un jugement intact. En revanche, ils peuvent entretenir un récit sur eux-mêmes, un peu romancé, qui sert de socle à la pensée. C’est la « mythomanie résiduelle » : « Tout allait bien, ma femme est morte, j’ai tout perdu… » Ce récit sert aussi à la survie.

« La privation du regard est dommageable pour le psychisme »

LCDR : Et le regard des autres sur eux ?

A.M. : L’absence de regard fait mourir, la privation du regard est dommageable pour le psychisme. Ils ne sont plus regardés, on ne veut plus les regarder et, en même temps, on peut se dire que si on les regarde, notre regard sera source de malaise. Il y a un cumul de microtraumatismes ; l’absence de regard ou les regards de dégoût apportent encore des traumatismes et contribuent à cet écrasement, la représentation d’eux-mêmes est encore dégradée.

LCDR : Quelle est la solution ?

A.M. : Une relation horizontale, leur parler à égalité. Il faut être formé aussi, le Samu social dispense des formations qui me paraissent aussi utiles que les stages sur les premiers gestes d’urgence dispensés à la Croix-Rouge. Quand un sans-abri arrive dans un centre d’hébergement, idéalement, il faudrait qu’il soit toujours reçu par un médecin pour son corps, un psychologue pour son psychisme et un travailleur social pour comprendre sa situation sociale.

LCDR : Comment vous financez-vous ?

A.M. : C’est une bataille de tous les jours et j’y consacre une grande partie de mon temps. Nous essayons de créer un club des amis du Samu social, qui comporterait des gens qui nous aident financièrement et aussi qui comprennent ce que nous faisons, qui veulent s’impliquer et participer à notre gouvernance, par exemple.

Équipe du Samu social de Moscou, janvier 2015. Crédits : samu-social-international.com

Équipe du Samu social de Moscou, janvier 2015. Crédits : samu-social-international.com

LCDR : Qu’est-ce que ce travail a changé en vous ?

A.M. : Il y a un écueil : se dire que je suis bien, que je travaille pour les autres… J’ai beaucoup appris, compris, ça ôte un sentiment de culpabilité qu’on a quand on ne fait rien, c’est agréable de comprendre et de se sentir moins ignorant, on se sent moins coupable devant sa propre insuffisance et son manque d’élan.

LCDR : Vous croyez en Dieu ?

A.M. : Oui, mais le Samu social n’est pas une organisation religieuse.

LCDR : Qu’est-ce qui est essentiel dans une vie ?

A.M. : « L’essentiel est invisible pour les yeux » mais les rencontres que nous faisons tous les jours au Samu nous permettent de nous en approcher.

LCDR : Vos espoirs ?

A.M. : J’espère que le livre de portraits avec les photos prises par Olivier Marchesi et les récits de vie de gens passés par le Samu social sera publié cette année.

LCDR : Vos regrets ?

A.M. : J’aime bien les mots d’un scientifique qui disait : « Le regret est une deuxième erreur », donc pas de regret.


Paru dans Le Courrier de Russie

http://www.lecourrierderussie.com/2016/02/anne-mondoloni-samu-moscou/

Alexandre Stéfanesco du cabinet RH Atsal nous parle de la vidéo-interview différée : une révolution au cœur des ressources humaines ?

Au cours des processus de recrutements, employeurs en recherche de profils compétents et candidats en recherche d’emploi font chacun de leur côté face à nombre de difficultés :

Pour les employeurs recruter en Russie est bien souvent un parcours semé d’embûches.

De par la situation démographique et son modèle économique le marché de l’emploi russe reste un marché de candidats. En conséquence, même si pour certaines positions les prétendants sont nombreux, les bons candidats sont souvent rares et souvent déjà en poste.

La course aux bons candidats contraint donc les employeurs et recruteurs à agir sans perdre de temps, pour ne pas risquer de perdre les bons candidats au milieu d’un processus de recrutement trop lent.

La pénurie globale de candidats oblige à traiter le sourcing de la manière la plus efficace et la plus rapide, et accessoirement, la moins coûteuse possible.

Au cœur du processus de recrutement, il y a les entretiens physiques qui sont indispensables mais bien souvent chronophages lorsque le recruteur ou l’employeur s’aperçoivent rapidement que le candidat ne fera pas l’affaire.

L’intégration croissante des réseaux sociaux au cœur de la recherche d’emploi confronte en outre les employeurs et les recruteurs à un volume de candidats" non conformes" auquel il leur est de plus en plus difficile de faire face.

Enfin le développement en province confronte les employeurs et les recruteurs à la gestion de la distance et vu l’immensité du territoire russe, les problématiques de recrutements à distance sont encore plus complexes (les entretiens téléphoniques sont peu efficaces) et souvent coûteuses.

Pour les candidats, de l’autre côté de la boucle, les problématiques sont également nombreuses.

La culture du CV bien rédigé fait souvent défaut en Russie et cela est particulièrement vrai pour de nombreux types de profils qui ne peuvent ainsi démontrer leurs compétences réelles.

N’être qu’un CV parmi les autres ne permet pas au candidat de mettre en valeur sa personnalité, sa motivation, son réel niveau en langues étrangères ou encore de démontrer son adéquation avec le poste ou la culture d’entreprise de l’employeur.

Se faire recruter à distance est bien souvent complexe : impossibilité matérielle ou financière de se rendre à un entretien physique ou bien de participer à un long entretien téléphonique au moment où l’employeur ou le recruteur sont disponibles.

Pour beaucoup de candidats, les processus de recrutement sont souvent peu lisibles et difficiles à comprendre par exemple lorsqu’ils n’obtiennent aucune réponse suite à une candidature …

Enfin nombre de candidats en recherche passive ne souhaitent pas consacrer de temps à une discussion concernant une nouvelle opportunité professionnelle.

Pour toutes ces raisons : VisioTalent Russie révolutionne les processus de recrutement avec l’aide de la vidéo-interview différée.

« Si une image en dit plus que mille mots, alors une vidéo ….»

Comment est-ce que cela fonctionne ?

Le recruteur ou l’employeur rédigent les questions destinées aux candidats qu’ils ont choisis ou qui ont postulé en répondant à l’offre d’emploi ...

Les candidats découvrent les questions au moment où l’enregistrement démarre et y répondent donc de façon spontanée mais lorsque cela leur convient à l’aide de leur webcams, smartphones ou tablettes.

Le recruteur et l’employeur visionnent les réponses, les partagent par un simple clic si nécessaire avec des collègues ou autres et finalement ils ne reçoivent que les meilleurs candidats en entretien physique.

Les avantages ? Ils sont légion !

Pour l’employeur ou le recruteur, la vidéo-interview permet de gagner en efficacité et en temps et donc en rentabilité tout en limitant les risques d’erreur dans le recrutement. Ce système permet de :

 

  • Remplacer l'entretien téléphonique qui est relativement peu efficace.

  • Evaluer les candidats en quelques minutes par le son et l’image.

  • Traiter un plus grand nombre de candidatures.

  • S’épargner des entretiens inutiles et chronophages et mieux maitriser son emploi du temps.

  • Ne se consacrer qu’aux meilleurs candidats.

  • Recruter à distance plus efficacement.

  • Présenter le candidat (aux collègues ou à la direction ou à leurs clients pour les agences de recrutements) non seulement via le CV mais aussi via l’entretien-vidéo.

 

Pour le candidat, la vidéo-interview est une chance supplémentaire de pouvoir :

  • Exprimer sa personnalité et ne pas être un simple CV

  • Se faire donner la parole pour se mettre en valeur.

  • Postuler plus sereinement et plus facilement.

  • Postuler à distance en n’étant pas discriminé par rapport aux candidats plus proches.

 

L'expérience montre que ce processus innovant, moderne et transparent plait énormément aux candidats et leur donne une excellente image tant de l’employeur final que de l’agence de recrutement qui intervient dans le process.


Pavel Chinsky : « Les investisseurs étrangers restent convaincus du potentiel élevé du marché russe »

Pavel Chinsky, directeur général de la CCI France Russie, commente le climat des investissements en Russie sur fond de sanctions et explique quelles mesures pourraient faciliter le travail des sociétés étrangères dans le pays.

Pavel Chinsky

Pavel Chinsky / DR

LCDR : La crise a-t-elle compliqué la situation des entreprises françaises en Russie ?

Pavel Chinsky : Il ne fait aucun doute que la crise n’a pas simplifié la vie des investisseurs français. Les crises sont toujours des tests de résistance pour tous les acteurs du marché. Néanmoins, en dépit des conditions économiques difficiles, le climat des affaires en Russie est de plus en plus favorable. Selon le classement Doing Business 2016, publié par la Banque mondiale, en un an la Russie s’est hissée de la 62e à la 51eplace. Cette progression montre que le pays reste ouvert à la conduite des affaires.

LCDR : De quoi les entreprises étrangères présentes en Russie ont-elles le plus souffert : des sanctions européennes ou des contre-sanctions ?

P.C. : Il est difficile de donner une évaluation définitive des conséquences des sanctions. Toutefois, lorsque l’économie est sacrifiée sur l’autel de la politique, tout le monde est touché. Les sanctions européennes visant les secteurs clés de l’économie russe ont également eu un impact sur les entreprises européennes. Selon les résultats d’une étude de l’Association des entreprises européennes (AEB) et du groupe GfK, 20 % des entreprises européennes présentes en Russie ont ressenti l’effet des sanctions. En ce qui concerne les contre-sanctions, près de 10 % des sociétés européennes en ont pâti.

Il convient de souligner que les sanctions ne constituent pas le problème principal. Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Aujourd’hui, la difficulté majeure réside dans le fait que les banques françaises refusent de financer les projets franco-russes. Une sorte d’« autocensure » s’exerce dans le secteur financier français : par crainte de soutenir les projets d’investissement, les banques se soumettent à des sanctions inexistantes.

LCDR : Que pense la communauté française des affaires de l’efficacité politique des sanctions ?

P.C. : Les entreprises ont toujours été contre l’influence de la politique sur l’économie. La communauté française des affaires ne pense pas que les sanctions européennes et américaines contre la Russie constituent un moyen efficace de résoudre la crise politique en Ukraine. La Russie et l’Europe ont besoin l’une de l’autre, c’est pourquoi l’issue doit être trouvée à l’aide d’accords mutuels et non d’une exacerbation du conflit.

LCDR : D’après vous, comment le marché russe va-t-il se développer ?

P.C. : Je suis persuadé que la levée des sanctions entraînera sur le long terme un rétablissement progressif des secteurs axés sur l’exportation et que l’économie russe poursuivra sa croissance. Depuis le début de la crise, aucune entreprise française n’a quitté la Russie. Cela prouve que les investisseurs étrangers restent convaincus du potentiel élevé du marché russe. Selon les données de la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe, les entreprises françaises conservent leur rang de premier employeur étranger en Russie, particulièrement en régions : la liste des plus gros employeurs comprend des détaillants tels Auchan, Decathlon et Leroy Merlin, mais aussi Rosbank.

LCDR : Qu’est-ce qui attire les entreprises étrangères en Russie malgré la conjoncture économique défavorable ?

P.C. : Nombre d’investisseurs tentent aujourd’hui de profiter de la dévaluation du rouble, qui entraîne une baisse considérable du coût des investissements. C’est bien connu : la crise est aussi une période de possibilités, et une série d’entreprises la considèrent comme le moment opportun pour entrer sur le marché russe. De façon générale, la Russie attire avant tout les investisseurs étrangers par sa richesse en ressources naturelles et ses nombreux débouchés.

LCDR : Les sanctions peuvent-elles stimuler le développement de l’économie russe ?

P.C. : Après l’introduction des sanctions, la Russie a mis le cap sur la substitution des importations en vue d’accélérer la croissance de son économie. Néanmoins, à l’heure actuelle, la Russie n’a pas assez de ressources pour devenir complètement autosuffisante. Par exemple, l’embargo alimentaire n’a pas abouti à la modernisation de son secteur agricole : de nombreux holdings continuent à utiliser des technologies vétustes. Des investissements importants sont nécessaires si l’on veut remettre rapidement le cap sur la substitution des importations.

LCDR : Depuis quelques années, la localisation de la production est devenue le premier axe de la politique industrielle. Quels sont ses avantages pour les entreprises françaises ?

P.C. : Les producteurs locaux peuvent bénéficier de subventions et participer à des programmes de soutien étatique dans la mesure où les autorités russes veulent encourager la croissance économique et augmenter l’emploi. En outre, la localisation permet aux investisseurs de réduire les risques de change grâce à des calculs qui se font en roubles.

LCDR : De quoi les investisseurs étrangers ont-ils besoin pour mener confortablement leurs affaires en Russie ?

P.C. : Les investisseurs français ont avant tout besoin de règles transparentes, en particulier dans les questions de financement, d’appels d’offres et de localisation de la production. Par exemple, même si elles ont une production locale, les entreprises étrangères ne sont pas autorisées à participer aux appels d’offres régionaux.

Les investisseurs français doivent avoir les mêmes droits que les entreprises russes. En discriminant les sociétés étrangères, on prend le risque de les voir quitter le marché russe.


Article publié le 24 novembre 2015 dans Le Courrier de Russie

http://www.lecourrierderussie.com/2015/11/pavel-chinsky-investisseurs-etrangers-convaincus-potentiel-marche-russe/

François Fillon se prononce contre les sanctions anti-russe

L'imposition de sanctions économiques contre la Russie a été une erreur, il faut les annuler dès que possible, a déclaré l’ex-premier ministre français.

Cette opinion a été exprimée aujourd'hui par François Fillon, l'ancien premier ministre français, dans un entretien sur la chaîne de télévision France 5.

"Il faut abandonner les sanctions économiques contre la Russie le plus tôt possible. C'était un geste fou. Les sanctions n'ont eu aucun impact sur la Russie dans le domaine de la politique internationale, mais elles ont seulement aggravé les relations avec elle. Ces sanctions, dans le même temps, appauvrissent les agriculteurs français et européens, parce que tout cela — c'est un système économique unique", a estimé M. Fillon.

Selon l'ex-premier ministre, la levée des sanctions est l'une des mesures à prendre pour améliorer la situation très défavorable dans le secteur agricole français.

"Il est nécessaire de faire que tous les pays de l'Union européenne exigent la levée des sanctions. Il est grand temps que le président français François Hollande tape du poing sur la table et fasse pression pour que les sanctions soient abolies", a souligné M. Fillon.


Les relations entre les pays européens et Moscou se sont mises à se dégrader suite au déclenchement de la crise en Ukraine et au rattachement de la Crimée à la Russie, en 2014. En réponse aux sanctions décrétées à son encontre par les Etats-Unis, l'Union européenne et plusieurs autres pays, la Russie a adopté, en août de la même année, des contre-mesures interdisant l'importation de certaines denrées depuis les pays ayant frappé de restrictions l'économie russe, soit les Etats-Unis, l'UE, le Canada, l'Australie et la Norvège




Article paru le 7 FEV 2016 dans SPUTNIK FRANCE  

http://fr.sputniknews.com/france/20160207/1021551503/fillon-contre-sanctions.html#ixzz3zaF0ANYW


Le musée de Moscou rend hommage aux émigrés français de 1789

Le Musée de Moscou a ouvert le 22 janvier dernier une exposition consacrée auxentrepreneurs et mécènes des XIXe et XXe siècles en Russie. Une place de choix y est accordée aux familles nobles françaises ayant fui la révolution de 1789.

Crédits :

Les familles françaises Armand et De Monsi ont fui la révolution de 1789 et sont venus s’installer à Moscou en 1791. Crédits : Manon Masset / LCDR

L’exposition présente aux visiteurs des photographies et documents uniques, issus des archives de célèbres familles russes et françaises ayant participé au développement économique de la Russie impériale et s’étant illustrées par leur activité de bienfaisance.

Très active dans la sphère artistique, la famille russe Alikhanov a, par exemple, contribué à faire connaître certains des plus grands talents russes, tels le compositeur Piotr Tchaïkovski et le chanteur Fédor Chaliapine, a ainsi expliqué, lors de l’inauguration de l’exposition, le descendant de la famille, Sergueï Ivanovitch Alikhanov, lui-même célèbre poète.

La famille russe Konchine, qui vivait avant la révolution de 1917 à Smolensk, à la frontière biélorusse, dirigeait l’une des plus grandes industries de textile de l’Empire, confie de son côté Aleksandr Dmitrievitch Konchine. « Mon ancêtre, Nikolaï Konchine, a révolutionné l’industrie de transformation du coton », souligne-t-il, précisant que le projet de son aïeul avait été soutenu par le tsar Nicolas II.

La seconde partie de l’exposition est consacrée aux nombreuses familles françaises ayant fui la révolution de 1789 pour s’installer à Moscou.

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Vsevolod Makovitch Egorov-Fedossov, fondateur de l’association des descendants des familles françaises à Moscou et lui-même descendant des Armand et des De Monsi. Crédits : Manon Masset / LCDR

Vsevolod Makovitch Egorov-Fedossov, fondateur de l’association des descendants des familles françaises à Moscou et lui-même descendant des Armand et des De Monsi, cherche à reconstituer l’histoire de ces lignées « souvent méconnues, mais qui ont largement contribué au développement de l’économie, de la culture et de l’éducation en Russie », insiste-t-il.

M. Egorov-Fedossov a ainsi pu établir que ses ancêtres étaient venus vivre et travailler en Russie en 1791. « À l’époque, la révolution battait son plein, les élites étaient persécutées et la Russie des tsars semblait le seul îlot de stabilité en Europe, raconte-t-il. D’autant que les élites russes parlaient français, et les émigrés sont parvenus en peu de temps à s’intégrer et développer leurs talents. Certains ont créé des usines et des ateliers, d’autres ont ouvert des boutiques de mode ou dirigé des théâtres… », poursuit-il.

On trouve notamment, parmi ces familles illustres, les entrepreneurs et marchands Catoire de Bioncourt. Arrivé à Moscou au début du XIXe siècle, le premier d’entre eux, Jean-Baptiste de Bioncourt, faisait commerce de produits étrangers. La famille a acquis des actions dans les raffineries sucrières de Podol, à Kiev, avant d’acheter une briqueterie en région de Moscou. Les briques des Catoire de Bioncourt ont notamment servi à construire la partie supérieure du GOuM et le musée des Beaux-Arts de Moscou.

L’exposition tourne depuis plusieurs années dans différentes villes russes, et a notamment été présentée à la Chambre de commerce de Russie et dans le bâtiment de l’administration présidentielle. « Chaque année, la collection se dote de nouveaux documents que je rassemble au fur et à mesure », se félicite Egorov Fedossov, qui est peu à peu parvenu à identifier une vingtaine de familles et plus d’une centaine de descendants d’émigrés français en Russie.

C’est quand ?  Jusqu’au 23 février

C’est où ?  Musée de Moscou, Zoubovski boulvar, 2, 10100 Moscou

Plus d’informations ici


Article paru le 3 FEV 2016 dans LE COURRIER DE RUSSIE

http://www.lecourrierderussie.com/2016/02/musee-moscou-hommage-emigres-francais-1789/

TV. Derrière les masques de la révolution ukrainienne

Spécial Investigation. La chaîne Canal + a diffusé ce lundi soir, le documentaire du journaliste d’investigation Paul Moreira sur le massacre d’Odessa et le rôle des milices d’extrême droite dans l’après-révolution ukrainienne. Un travail essentiel de désintoxication

Paul Moreira, dans le documentaire d’investigation, est une référence. Son enquête, diffusée ce soir, ne fait pas exception. Le journaliste, cofondateur de l’agence Premières Lignes, s’est penché sur l’après-révolution ukrainienne. En trois parties, il déconstruit l’image bien trop lisse d’un mouvement qui a enjoué l’Europe de l’Ouest, alors que trois mouvances néonazies présentes aux côtés de la population pro-ukrainienne ont infiltré le pouvoir, avant de devenir petit à petit des forces militaires. Images et témoignages à l’appui, cette enquête dénonce ce crime impuni de 45 pro-Russes brûlés vifs à Odessa, en mai 2014, mais aussi la complicité intéressée des États-Unis.

Vous expliquez, en introduction de votre documentaire, avoir observé trois symboles présents aux rassemblements de la révolution ukrainienne. Est-ce le point de départ de votre enquête ?

324280 Image 1Paul Moreira. Je n’avais jamais mis les pieds en Ukraine. La seule perception que j’avais de la révolution était les images que je voyais à la télévision. Je constate alors une sorte d’inadéquation entre l’enthousiasme médiatique autour de la révolution et des petits signes qui me perturbent. Comme des interférences, des éléments qui ne sonnent pas juste. Je parle des bannières du Secteur droit, extrêmement martiales, des brassards avec le symbole de ce qui va devenir Azov par la suite… Des signes inquiétants, pas vraiment explorés. J’ai toujours eu une défiance vis-à-vis des histoires racontées en noir et blanc. En fouillant, je m’aperçois que nous avons omis, sans pour autant dire censurer, de traiter une partie de l’histoire. Omis par pente naturelle, omis parce que les démocraties occidentales ne se sont pas insurgées quand les ‘’gentils’’ révolutionnaires ukrainiens ont massacré des civils à Odessa. Un ensemble de constatations qui me font dire qu’il y a eu un traitement problématique des événements ukrainiens.

Comment expliquez-vous ce silence?

Paul Moreira. Pour que le massacre d’Odessa prenne de l’ampleur, il aurait fallu une dénonciation du fait, qu’en plein cœur de l’Europe et au XXIème siècle, quarante cinq personnes soient tuées avec une totale absence de réaction de la part de la police. C’est un massacre de masse complètement impuni et non enquêté : la commission européenne s’est intéressée à l’histoire. Elle a lu des rapports écrits mais n’a pas enquêté sur le terrain. On se retrouve donc avec une situation, assez paradoxale et étonnante, où Youtube est bourré de visuels sur ce qui s’est passé. Comme beaucoup, je n’ai pas vu cette information. Alors, j’ai passé plusieurs semaines à visionner et à croiser les vidéos pour métaboliser les faits. Je pense n’avoir jamais vu un événement, aussi dramatique, autant filmé et en même temps aussi peu traité. Des articles, certes, ont été écrits. Seulement, la perception générale du public est qu’il ne s’est rien passé. Parce que c’était des pro-russes, des vieux communistes. Cela aurait dû réveiller un peu plus les citoyens sur le fait, qu’au sein des forces révolutionnaires, il existe des éléments extrêmement violents et nationalistes. Je n’ai pas exploité certains aspects comme l’enquête des Allemands et des Anglais qui tend à établir que les fameux tirs de la place Maïdan pourraient venir des propres rangs des insurgés, comme une provocation… Un tas d’éléments laissés dans l’ombre.

Vous dites dans le documentaire qu’il existe ce risque que le monstre se retourne un jour contre son créateur. C’est-à-dire ?

Paul Moreira. La révolution a fait croître les troupes de choc des milices, des groupes paramilitaires. Et ces derniers ne semblent plus du tout mis en échec par l’autorité publique. Ils font la police à la place de la police. Parfois, il y a même des tirs armés entre le Secteur droit et la police ukrainienne. Ce sont effectivement des individus qui ont pris des risques physiques, qui ont fait preuve d’un grand courage pour un changement de régime. Seulement, ils avaient un projet différent que celui de juste mettre en place d’autres hommes politiques. Le problème est là : le mouvement révolutionnaire, qui s’est produit dans la rue, a donné de l’espace à ces troupes. Et celles-ci, aujourd’hui, sur leur propre lancée, veulent aller beaucoup plus loin. Les autorités ukrainiennes semblent incapables de les contrôler. Quand ils bloquent une frontière et que la police regarde passivement car elle ne peut ou ne veut rien faire, c’est bien que la créature leur a échappé.

Vous avez récolté divers témoignages sur place. Les acteurs du crime d’Odessa ne nient rien...

Paul Moreira. Malheureusement, c’est toujours les vainqueurs qui ont l’histoire avec eux. S’ils n’ont pas été punis, si rien n’a indiqué qu’ils ont commis un crime, ils se sentent légitimes. Joshua Oppenheimer, dans « The act of killing », évoque cela à travers les grands massacres qui ont suivi le mouvement de 1965 en Indonésie. Les assassins expliquent les méthodes qu’ils ont utilisées pour tuer et ils le disent très clairement : nous sommes les vainqueurs donc c’est nous qui déterminons ce qui est l’histoire et ce qui ne l’est pas. Cette référence m’est venue en tête face à ces Ukrainiens. L’un des leaders d’une milice pro-ukrainienne montre bien qu’il n’a aucun remord. Il estime qu’ils ont eu ce qu’ils méritaient.

Ils vous accueillent, aussi, volontiers dans leurs camps d’entraînement. D’après vous, qui sont-ils ?

Paul Moreira. Quand je pars à leur rencontre, j’ai évidemment pleins d’éléments qui me montrent qu’ils sont fortement noyautés par des néonazis et des membres de l’extrême-droite. Il existe une partie des informations, au trait forcé, qui relèvent de la propagande des Russes. Je voulais donc prouver par l’image, et à travers leurs paroles, qui ils étaient réellement. Je le mets en scène comme une révélation car ils mettent énormément d’énergie à dissimuler leur affiliation au néonazisme. Ils savent que ce n’est pas gérable en Europe occidentale d’appartenir à ce courant historique. Je souhaitais aussi montrer cette intention. Par exemple, dans une scène, un jeune Français s’entraîne avec eux. Et pendant que je tourne, il réalise qu’il a oublié de retirer son nom de code, collé à son uniforme. On y lit «Mussolini»...

Entre les conclusions sur ces troupes et l’attitude des Etats-Unis dans cette région de l’Europe, vouliez-vous rendre compte de son jeu dangereux ? 

Paul Moreira. L’ex-patron de la CIA, le général Petraeus, est passé au privé mais reste très proche du pouvoir américain. Il dit quelque chose que le gouvernement n’oserait pas dire : il faut des armes offensives. Jouer dans le jardin de la maison Russie comporte un risque énorme. La révolution ukrainienne avait des motifs totalement louables. Mais la réalité est que le degré d’investissement des Américains dans ce changement de régime peut être interprété par Poutine comme un acte guerrier. Ce qui pourrait le mobiliser d’autant plus contre les Ukrainiens. La stratégie anti-Poutine des Etats-Unis, pour empêcher comme le dit Petraeus la Russie de devenir un empire, est très claire. Elle peut déboucher sur un conflit massif.



Article paru le 1er FEV 2016 sur L'Humanité.fr 

http://www.humanite.fr/tv-derriere-les-masques-de-la-revolution-ukrainienne-597568

Alexis Delaroff : « En Russie, la crise fait partie du paysage »

Le groupe hôtelier français AccorHotels est présent en Russie depuis 1989. Rencontre avec Alexis Delaroff, directeur général de la filiale russe, qui gère 33 hôtels des chaînes Pullman, Novotel, Mercure, Ibis et Ibis Styles en Russie, Ukraine, Kazakhstan et Géorgie.

Hotel Mercure dans le quartier de Baumanskaya à Moscou. Crédits : accor-photos.com

Hotel Mercure dans le quartier Baumanskaya à Moscou. Crédits : accor-photos.com

Le Courrier de Russie : Qu’est-ce qui vous semble le plus problématique, dans votre activité ?

Alexis Delaroff : La crise économique qui a commencé en 2014 a essentiellement touché la Russie. J’ai tendance à croire que l’une des conditions de sortie de cette situation, c’est de résoudre la crise politique entre la Russie et « l’Ouest » : l’Europe, la Turquie et les États-Unis. Il est urgent de rebâtir la relation de confiance avec les partenaires européens, pour que les sanctions tombent et que les flux économiques normaux soient rétablis.

LCDR : Pensez-vous que la crise actuelle soit plus importante que les précédentes ?

A.D. : Lorsque nous avons ouvert notre bureau à Moscou en 1999, il n’y avait qu’un employé. En 2006, nous étions cinq, et aujourd’hui, nous sommes plus de quarante. La société russe a profondément et largement évolué, malgré les crises. En Russie, les crises se succèdent : la chute de l’Union soviétique, puis 1998, 2008-2009, 2014… C’est à se demander si la crise n’est pas un état latent dans cette partie du monde.

J’entame ma dix-neuvième année dans ce pays, et je peux en tout cas vous dire qu’ici, la crise fait partie du paysage. Les années 2002-2008 ont été des « années folles », avec une croissance de 7 à 10 % qui a permis à la Russie d’arriver très rapidement à un niveau économique extrêmement élevé. En Europe, nous sommes contents avec une croissance de 1 %, alors qu’en Russie, avec le même chiffre, ils parlent plutôt de récession.

« Le nombre d’ouvertures en 2017-2018 va diminuer »

LCDR : Le PIB russe a chuté de près de 4 % en 2015. Le groupe Accor ressent-il les effets de ce ralentissement économique ?

A.D. : En 2015, nous avons ouvert neuf hôtels – un record depuis notre arrivée en Russie. L’année 2016 s’annonce également bonne en la matière, avec dix nouveaux hôtels prévus, dont cinq à Moscou, mais je dois préciser que toutes ces ouvertures ont été projetées en 2010-2012. Les années suivantes, en revanche, sont effectivement plus difficiles à prévoir : le nombre d’ouvertures en 2017-2018 va diminuer, parce que la crise des liquidités et le coût du crédit rendent la construction des nouveaux hôtels moins rentable.

LCDR : Que faites-vous pour baisser les coûts ?

A.D. : Nos opérations financières en Russie se font en roubles, et nous tâchons de russifier à 100 % le personnel des hôtels, y compris au sein de la direction. Nous avons encore quelques expatriés au siège, mais la tendance est à une russification complète – ce qui réduit les coûts mais aussi, bien souvent, améliore l’efficacité.

LCDR : Quelles sont les particularités du secteur hôtelier en Russie ?

A.D. : La construction d’un hôtel est une affaire complexe, bien plus que du résidentiel simple, et les investisseurs immobiliers n’aiment pas beaucoup la complexité – les Russes pas plus que les autres. De fait, ils ont été plus lents à investir dans le secteur. Mais aujourd’hui, les bureaux devenant moins rentables et les logements se vendant plus mal, on observe un regain d’intérêt pour l’hôtellerie.

Toutefois, la crise du crédit y met malheureusement un frein. Sinon, construire un Novotel en Russie ou en Allemagne n’est pas très différent. Excepté, peut-être, les normes de construction locales. En Russie, certaines normes datent des années 1970. Par exemple, les cuisines doivent atteindre au minimum 150 m2, alors qu’en Europe, la même pièce ferait 50 m2, sans perdre en efficacité ni en fonctionnalité. Pour la Sibérie, nous devons adapter certains de nos standards de construction : avec les grands froids six mois par an, vous imaginez bien qu’il faut des portes doubles et une isolation thermique renforcée…

Ibis Sibir de Omsk. Crédits : accor-photos.com

Ibis Sibir d’Omsk. Crédits : accor-photos.com

Un des premiers Ibis Russie a ouvert en Sibérie, à Omsk, en 2009. C’est un bâtiment historique de la fin des années 1930, qui a toujours été un hôtel. Certains des éléments architecturaux figurant au patrimoine de la ville, nous devions donc garder la façade et adapter tout notre design aux spécificités du bâtiment. Mais au final, c’est un très bel Ibis. Certainement le plus intéressant de nos projets Ibis dans cette partie du monde.

« Le tourisme intérieur en Russie, c’est une affaire qui marche »

LCDR : Avec la chute du cours du rouble et la suspension des vols vers la Turquie et l’Égypte, les Russes préfèrent passer leurs vacances dans leur pays. Ressentez-vous cette tendance ?

A.D. : Oui, nous en avons senti les effets positifs. Sur les trois premiers mois de 2015, par exemple, le Mercure que nous possédons dans la station de ski Roza Khoutor, à Sotchi, a généré un chiffre supérieur à la même période en 2014, alors qu’il y avait les Jeux olympiques.

La chute du rouble rend les voyages à l’étranger plus chers, et plusieurs citoyens russes sont interdits de séjour à l’étranger du fait de leur fonction (policiers, procureurs, etc.). Nous le constatons également dans nos deux hôtels du centre-ville de Sotchi, ceux de Iaroslavl, Kaliningrad et Saint-Pétersbourg. Le tourisme intérieur en Russie, c’est une affaire qui marche. Peut-être le phénomène est-il forcé mais, en tout cas, nous y gagnons…

Toutefois, pour développer le tourisme en Russie, il faut avant tout développer l’infrastructure routière, aéroportuaire et ferroviaire. Iaroslavl ou Souzdal, par exemple, sont à 200 kilomètres de Moscou, mais il faut quatre heures pour y aller. En Europe, deux heures suffiraient.

LCDR : Dans quelle(s) région(s) rencontrez-vous le plus de difficultés ?

A.D. : Au Kamtchatka. La région a un potentiel touristique extraordinaire, mais il faut plus de dix heures pour s’y rendre, les billets d’avion sont chers et l’infrastructure touristique sur place est très insuffisante. Pour aller voir les volcans, il faut un hélicoptère, parce qu’il n’y a pas de routes. En fait, il faudrait dans un premier temps développer le tourisme autour de Moscou et créer de grands axes pour que les destinations de proximité, telles Iaroslavl, Nijni Novgorod, Kolomna ou l’Anneau d’or, soient plus accessibles.

LCDR : La Crimée figure également parmi les destinations très prisées des Russes. Avez-vous des projets d’implantation sur la péninsule ?

A.D. : En tant qu’opérateur, nous avons des responsabilités vis-à-vis des investisseurs. Nous devons garantir que les projets que nous prenons en gestion sont rentables. Et le problème, avec la Crimée, c’est que c’est une destination qui ne fonctionne bien que trois mois dans l’année.

« Toutes les cuisines industrielles en Russie doivent posséder un ovoscope »

LCDR : Constatez-vous des particularités, des variations selon les régions ?

A.D. : En 2015, nos hôtels situés en dehors de Moscou, Saint-Pétersbourg et Sotchi ont connu beaucoup plus de difficultés que les années précédentes. Les Ibis et Novotel de Krasnoïarsk, en Sibérie, ouverts en novembre dernier, peinent encore sur le remplissage, mais c’est assez normal pour des hôtels neufs. En revanche, la ville de Samara, par exemple, a été durement touchée par le report des investissements étrangers.

LCDR : Rencontrez-vous des difficultés dans vos rapports avec les autorités ?

A.D. : N’étant pas investisseurs, nous ne sommes pas en interaction directe avec les autorités. Le seul problème que nous pourrions avoir avec l’État russe serait lié à l’agence Roskomnadzor, qui contrôle les procédures dans nos hôtels et leur conformité aux normes – des normes qui datent souvent d’une époque révolue, d’ailleurs.

Ibis Moscou Dynamo. Crédits : accor-photos.com

Ibis Moscou Dinamo. Crédits : accor-photos.com

Dans les cuisines où il y a de la farine, par exemple, il faut avoir un tamis pour la passer et s’assurer qu’elle ne contient ni cafards, ni crottes de souris. Concernant les œufs, toutes les cuisines industrielles et commerciales de Russie doivent posséder une machine spéciale pour les laver, ainsi qu’un ovoscope, cet appareil qui permet d’en contrôler la fraîcheur… Aujourd’hui, ces restrictions nous semblent inutiles pour les grands groupes internationaux, qui ont des règlements internes et des normes d’hygiène suffisamment stricts. Mais c’est vrai que la plupart des restaurants de province ne respectent pas ces normes…

LCDR : Le ministère russe du tourisme constate une croissance rapide et importante des touristes en provenance des pays asiatiques… Quel est l’impact de cette tendance sur Accor ?

A.D. : En Europe, nous avons l’habitude de recevoir ces touristes, et certains de nos hôtels sont certifiés pour leur accueil. En Russie, ce tourisme n’a effectivement commencé réellement qu’en 2015 : le simple fait d’avoir levé les visas pour les Chinois a créé un boom sur les visites de Moscou et Saint-Pétersbourg.

Pourtant, globalement, près de 65 % de nos clients en Russie restent des Russes. Et nous nous concentrons donc sur la clientèle locale : les hommes d’affaires, notamment, ont toujours besoin de se déplacer entre la capitale et les régions.

Et le business se développe ici de façon très dynamique, ce qui nous assure une certaine stabilité. En revanche, les hôtels ayant une large clientèle internationale prennent des risques : en cas de crise économique, on en ressent l’impact. Nous connaissons ces difficultés avec les hôtels de Saint-Pétersbourg, notamment.

LCDR : Les tensions politiques se répercutent parfois sur le climat des affaires franco-russe… Vous sentez-vous concerné ?

Alexis Delaroff. Crédits : D. R.

Alexis Delaroff. Crédits : D. R.

A.D. : Les Russes et les Français peuvent ne pas être d’accord sur tels ou tels décision politique ou point de vue, du mariage pour tous à Charlie Hebdo. Mais j’ai vu l’importance de la répercussion en Russie des attentats parisiens du 13 novembre. J’étais à l’ambassade le lendemain, j’ai vu la quantité de monde devant le bâtiment, les fleurs, toute cette émotion que les Russes ont manifestée.

Les liens entre la France et la Russie sont anciens et forts, j’en reste persuadé. Pendant des années, nous avons été séparés par un rideau de fer, mais notre culture commune vit malgré tout et nous permet de garder nos liens. Avec mes partenaires, mes amis, dans ma vie de tous les jours, je n’ai jamais ressenti une quelconque animosité. Pour moi, l’Europe de Brest à Vladivostok reste une réalité.

Article paru le 1er FEV 2016 dans LE COURRIER DE RUSSIE

http://www.lecourrierderussie.com/2016/02/alexis-delaroff-russie-crise/

La France et l'Iran ont ouvert "un nouveau chapitre" dans leurs relations

Le président français François Hollande a proclamé l’avènement "d’une relation nouvelle" entre Paris et Téhéran lors de la visite du président iranien Hassan Rohani en France.

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La Russie en 2016 : au croisement

La Russie entre en 2016 inquiète, mais espère le meilleur. Selon le centre de sondage Levada, les Russes sont 55 % à juger l’année écoulée plus difficile pour eux et leurs familles que la précédente (contre 39 % en 2014). Et ils sont 46 % à espérer que 2016 sera meilleure que 2015.

La France veut intensifier ses relations avec Moscou malgré les sanctions

La France souhaite intensifier ses relations diplomatiques avec la Russie malgré les sanctions occidentales imposées à son encontre en raison de la crise ukrainienne, a déclaré lundi à Moscou le ministre français de l'Economie, Emmanuel Macron.

"Il est très important pour nos deux économies que nous puissions (…) intensifier nos relations et avancer de manière pragmatique", a déclaré M.Macron, en présence de son homologue russe Alexeï Oulioukaïev.

"Indéniablement, les relations (diplomatiques) se sont intensifiées" malgré les sanctions, a-t-il ajouté. "Ma visite est le témoignage dans le contexte difficile qui est le nôtre (qu'il faut) maintenir la force de nos relations économiques", souligne M.Macron cité par l'AFP.

Emmanuel Macron. Archive photo
© AFP 2016 FABRICE COFFRINI
 

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De l’importation à la production de porc : la Russie inverse la tendance

En quatre ans, la Russie est passée de plus grand importateur à sixième plus grand producteur de viande porcine au monde, a fait savoir, début 2016, le président de l’Association russe des producteurs de viande, Sergueï Iouchine. D’ici à la fin 2018, le pays pourrait même commencer à exporter.

Crédits : Pixabay

Ferme d’élevage de porcs. Crédits : Pixabay

 

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Macron à Moscou lundi pour stimuler la coopération

Les échanges économiques et commerciaux entre la Russie et la France seront au cœur de la visite d'Emmanuel Macron à Moscou prévue le 25 janvier.

Le ministre français de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron, se rendra lundi à Moscou pour évoquer avec les autorités russes la mise en œuvre de projets conjoints portant sur l'énergie et la construction aéronautique, ainsi que les perspectives de la coopération bilatérale dans le domaine des innovations, a annoncé à l'agence Sputnik un porte-parole de l'ambassade de France en Russie.

"Afin de donner une nouvelle impulsion aux relations économiques et financières franco-russes", Emmanuel Macron conduira une délégation représentative française à la XXIe session du Conseil russo-français aux problèmes économiques, financiers, industriels et commerciaux (CEFIC).

Le 25 janvier, le ministre français rencontrera son homologue russe Alexeï Oulioukaïev pour discuter d'un "large éventail de questions relatives à la coopération économique et commerciale entre les deux pays", a annoncé le ministère russe du Développement économique.

Emmanuel Macron envisage également d'étudier avec ses collègues russes la réalisation de projets conjoints dans les domaines de l'énergie, de la recherche spatiale, de la construction aéronautique, des transports, de la construction routière et du nucléaire civil, ainsi que les perspectives de coopération en matière d'innovations.

Le ministre français s'entretiendra en outre avec des responsables de sociétés russes et françaises et lancera le site internet du projet La FrenchTech en cours de réalisation dans la "Silicon Valley russe", Skolkovo.




Article paru dans SPUTNIK FRANCE le 21 JAN 2016

http://fr.sputniknews.com/economie/20160121/1021119570/macron-a-moscou-lundi-pour-stimuler-la-cooperation.html#ixzz3xx859lQK

Alexeï Tchaly : l’homme qui a rendu la Crimée à la Russie

Le 23 février 2014, Alexeï Tchaly prenait la tête de l’insurrection des habitants de Sébastopol contre le pouvoir de Kiev. Un mois plus tard, il signait, au Kremlin, les accords rattachant la Crimée à la Russie. Qui est cet homme, aujourd’hui sous le coup des sanctions occidentales, et pourquoi s’est-il battu, sa vie durant, pour le retour de la Crimée en Russie ? Il répond à la chaîne de télévision d’Omsk, Prodvijenie.

Tchali. Crédits : TASS

Alexeï Tchaly. Crédits : TASS

 

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La Chine sera-t-elle une économie de marché pour l’UE?

L’octroi potentiel du statut d’économie de marché à la Chine a déjà fait émerger des désaccords au sein des structures de l’Union européenne à ce sujet. Pourtant, la décision finale aura des conséquences économiques importantes non seulement pour la Chine, mais également pour l’Europe.

Ali Laidi, chercheur associé à l'IRIS, et Pierre Picard, spécialiste de la Chine et du monde chinois, s'expriment au sujet de la politique chinoise de l'Union européenne dans des entretiens accordés à Sputnik.

Qui influence la position de l'UE?

M.Laidi souligne que le débat au sein des institutions européennes va toucher, d'une part, la Commission européenne qui semble être pour l'octroi du statut à la Chine et, d'autre part, le Parlement européen qui semble être beaucoup moins favorable à accorder ce statut.

"Le débat c'est qu'il va avoir l'Allemagne, les Néerlandais, et les pays du nord etc. qui vont pousser à accorder le statut de marché économique à la Chine, et puis les autres qui vont freiner par peur qu'une ouverture beaucoup trop grande du marché nuise à l'économie européenne", déclare l'interlocuteur de Sputnik.

L'analyste ajoute que le débat concerne également les hommes d'affaires qui sont, pour leur part, "radicalement opposés à l'ouverture de la Chine, donc au fait que l'Union européenne donne le statut d'économie de marché".

 

Selon M.Laidi, la peur de l'Union européenne est alimentée par certaines études sur les conséquences de l'octroi du statut, plutôt des études américaines. Les raisons de cette crainte européenne peuvent être expliquées par l'attention portée sur de telles études. Si l'UE accord le statut d'économie de marché à la Chine, cela pourrait menacer 3,5 millions d'emplois dans les 3 à 5 ans qui viennent, et c'est près de 2 points de PIB en moins, lit-on dans l'une des études citée par M.Laidi.

"Si l'Europe doit se décider d'accorder ou pas le statut d'économie de marché, elle doit le faire sur des bases statistiques qu'elle fait elle-même, et non pas sur une étude qui vient d'un think tank américain", souligne l'expert.

"Ce que je sens au niveau parlementaire, c'est une grosse méfiance vis-à-vis de la Chine, et ça va jusqu'à, j'entends des parlementaires parler d'assumer une guerre commerciale vis-à-vis de la Chine", poursuit M.Laidi.

L'essor de l'économie chinoise lance un défi à l'Europe

Selon M.Picard, le problème de l'octroi du statut d'économie de marché entraîne les discussions sur les critères correspondants, ainsi que des débats politiques.

 

"Il y a bien des pays qui ne réunissent pas tous les critères pour être une économie de marché et qui font partie, je dirai, du système", explique le spécialiste de la Chine.

"Si le statut n'est pas accordé, on retombe un petit peu sur des barrières, je dirai, plus ou moins protectionnistes, pour protéger ce qui est bien, l'industrie européenne, mais on peut quand même se poser la question si elle n'est pas plus politique ou géopolitique", poursuit l'interlocuteur de Sputnik.

M.Picard estime que la crainte nait dans la situation d'évolution de sociétés concurrentes, "quand un acteur devient dominant sur la scène internationale, ce qui est le cas de la Chine puisque elle est, sinon elle va devenir d'une façon certaine la première économie mondiale".

"Tant qu'on n'aura pas une politique communautaire très claire sur l'ensemble de ces sujets et bien finalement on se fera dépasser par des pays qui sont eux plus clairs", conclut l'analyste.



Article paru le 16 JAN 2016 dans SPUTNIK FRANCE

http://fr.sputniknews.com/international/20160116/1020991882/chine-economie-marche-debats-ue.html#ixzz3xg4ivlf9

Un vol direct entre Paris et Ekaterinbourg dès mars 2016

La compagnie aérienne Ural Airlines relancera, à compter du 24 mars 2016, ses vols réguliers Ekaterinbourg-Paris. Une liaison que la compagnie russe avait abandonnée il y a dix ans, et qui reste son seul vol vers la France.

Ural Airlines proposera ainsi un vol aller-retour tous les jeudis entre l’aéroport de Ekaterinbourg-Koltsovo et celui de Paris-Charles-de-Gaulle. Opéré par un Airbus A320, le vol pourra accueillir douze passagers en classe affaires et 144 en classe économique.

La compagnie russe n’a pas de concurrents sur cette ligne directe, qu’elle n’ouvrait depuis octobre 2006 que pour des courtes périodes, notamment au printemps 2014. « Cette décision est motivée par l’intérêt des habitants de la région d’Ekaterinbourg pour Paris », a précisé le service de presse de la compagnie dans un communiqué.

Plusieurs transporteurs aériens russes, dont Aeroflot et Rossia, assurent une liaison entre Paris et Ekaterinbourg, mais avec une ou plusieurs escales.

Les billets sont déjà en vente sur le site de la compagnie, au tarif promotionnel d’environ 30 000 roubles, soit près de 370 euros.

Le transporteur russe Ural Airlines dessert plus de 200 destinations à travers le monde. En 2014, l’entreprise a transporté plus de cinq millions de passagers, se positionnant comme la sixième plus grosse compagnie aérienne de Russie.


Article paru le 12 JAN 2016 dans LE COURRIER DE RUSSIE

http://www.lecourrierderussie.com/2016/01/vol-direct-paris-ekaterinbourg-2016/

Hervé Mariton : « Je ne souhaite pas que la France lève seule les sanctions contre la Russie »

À l’occasion de sa participation au forum économique Gaïdar, Hervé Mariton, député Les Républicains de la Drôme, s’est confié au Courrier de Russie en marge de sa rencontre avec la communauté d’affaires franco-russe de Moscou.

LCDR : Quel est le but de votre visite en Russie ?

Hervé Mariton : Depuis mes 13 ans, je viens souvent en Russie, parce que j’ai appris le russe à l’école et que j’aime beaucoup ce pays. Cette année, j’ai profité d’avoir été invité au forum Gaïdar [événement annuel réunissant des experts russes et étrangers, ndlr] pour planifier d’autres rencontres économiques et culturelles en Russie.

LCDR : Quelles sont vos impressions sur le climat économique du pays ?

H.M. : J’ai le sentiment que la Russie, aujourd’hui, ne sait pas très bien où elle va sur le plan économique. Je comprends que la situation est complexe, que le pouvoir d’achat des Russes a baissé, que la chute du cours du pétrole a eu un impact important sur l’économie et les budgets national et régionaux, mais il est nécessaire de tenir le cap.

LCDR : Selon vous, jusqu’où doit s’étendre la coopération entre la France et la Russie sur le dossier syrien ?

H.M. : Notre coopération est une coopération d’objectifs. Nous coordonnons nos actions et partageons certains intérêts. Mais il ne s’agit pas d’une coalition, ce n’est pas la même chose. Il faut faire davantage attention aux termes que l’on utilise.

LCDR : Que faites-vous pour rétablir les contacts officiels entre députés français et russes à l’Assemblée nationale, interrompus en 2013 à cause des sanctions ?

H.M. : Je regrette cette interruption. Je suis vice-président du groupe d’amitié franco-russe de l’Assemblée, et je souhaite que ces contacts reprennent le plus rapidement possible. J’en ai parlé avec M. Narychkine, le président de la Douma, et nous essayons d’accélérer les négociations afin de tenir une réunion parlementaire prochainement.

LCDR : La France peut-elle coopérer avec la Russie tout en maintenant ses sanctions contre Moscou ?

H.M. : Je pense qu’il faut garder en tête qu’un dispositif de ce type ne peut pas et ne doit pas être éternel.

LCDR : La France pourrait-elle solliciter la levée de ces sanctions ?

H.M. : Nous sommes solidaires au sein de l’Union européenne et de l’Alliance atlantique, et je ne souhaite pas que la France lève les sanctions seule : cela irait à l’encontre de ses intérêts, de ceux de nos alliés et, globalement, du dialogue avec la Russie. Mais elle peut en revanche être l’initiatrice d’un débat autour du dispositif des sanctions et pousser à leur annulation.

LCDR : Vous vous êtes prononcé contre le mariage pour tous en France. Que pensez-vous du projet de loi russe, en cours d’examen, qui vise à pénaliser les comportements homosexuels sur la voie publique ?

H.M. : Mon message est très simple : le mot mariage signifie l’union entre un homme et une femme. De ce point de vue, on peut être très ferme sur la défense des valeurs sans être réactionnaire ni homophobe. Comme le disait le philosophe russe Nicolas Berdiaev : « Il ne faut pas empêcher le mouvement vers l’avant et le haut, mais vers l’arrière et le bas, vers l’obscurité du chaos. »

Article LE COURRIER DE RUSSIE du 15 JAN 2016 - http://www.lecourrierderussie.com/2016/01/herve-mariton-france-russie-sanctions/


Mise en oeuvre de l'accord nucléaire: l'UE a levé les sanctions contre l'Iran

L'Union européenne a adopté samedi soir la décision levant ses sanctions économiques et financières contre l'Iran, juste après le feu vert de l'AIEA à la mise en oeuvre de l'accord nucléaire signé avec les grandes puissances en juillet, a annoncé une source européenne à l'AFP.

La décision adoptée par les 28 Etats membres doit encore être publiée au Journal officiel de l'UE pour entrer en vigueur, ce qui devrait être fait dans la foulée.

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, qui a présidé les négociations avec l'Iran au nom des grandes puissances (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) doit faire une déclaration avec le ministre iranien des Affairs étrangères, Mohammed Javad Zarif, à Vienne dans la soirée.

L'accord garantit le caractère civil du nucléaire iranien et rend quasi impossible la construction d'une bombe atomique. Sa signature en juillet 2015 a mis fin à plus d'une décennie d'isolement diplomatique de l'Iran, dont l'économie a été lourdement pénalisée par les sanctions occidentales.

Les sanctions européennes, concentrées sur des secteurs-clés (défense, pétrole, finance), ont entraîné le placement sur une liste noire de 92 Iraniens et 466 sociétés ou groupements, dont les avoirs sont gelés et qui sont interdits de visas pour l'UE.

Toutes les personnes et entités ne seront toutefois pas retirées de la liste, et les sanctions européennes liées à l'interdiction d'importer ou de fabriquer des armes et missiles balistiques restent en vigueur, puisque leur levée est prévue ultérieurement par l'accord.




Article SPUTNIK FRANCE 16 JAN 2016 : http://fr.sputniknews.com/international/20160116/1020993447/levee-sanctions-iran.html#ixzz3xUxQmgKB

Illuminations de Noël à Moscou : la décoration française à l’honneur

En décembre 2015, le centre de la capitale russe a pris des airs de forêt magique : pour les décorations de Noël et du Nouvel An, la mairie a fait appel à des spécialistes étrangers. Entretien avec Johan Hugues, directeur général de Blachère Illumination, une société française spécialisée dans l’illumination festive qui a fait partie de l’équipe internationale des décorateurs de Moscou.

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La rue piétonne Kouznetski Most à Moscou. Crédits : LCDR

LCDR : Quelles sont vos impressions sur Moscou ?

Johan HUGUES

Johan Hugues

Johan Hugues : J’ai adoré y travailler ! Il reste peu de villes, dans le monde, offrant un terreau si propice, si dynamique, au travail d’illumination. Moscou est à la fois une ville moderne, qui bouge, et une cité très ancienne. On observe au quotidien, dans la ville, ce va-et-vient permanent entre modernité et histoire. Les vieux bâtiments côtoient les édifices les plus contemporains, et tous trouvent leur place.

Notre challenge, pour ce festival des lumières de Noël, était de créer quelque chose correspondant au caractère propre de la ville. Nous avons donc décidé de partir d’une page blanche, sur plusieurs sites à la fois : les rues piétonnes Kouznetski most, Stolechnikov et Kamergerski pereoulok. J’aimerais décorer aussi la place Rouge : c’est un grand espace vide où l’on pourrait imaginer un parc lumineux, un jardin à la française en hiver.

LCDR : Vous avez travaillé étroitement avec la mairie de Moscou. Que pensez-vous de cette coopération ?

J.H. : C’était cordial, en dépit des tensions internationales qui opposent en ce moment la Russie et la France. J’ai travaillé dans plusieurs pays, et c’est à chaque fois différent, de l’Europe à l’Amérique du Sud. En France, nous sommes assez écrasés par les formalités administratives. En Russie, la prise de décisions est plus rapide, tout peut aller plus vite.

Avant de présenter ce projet, j’ai participé à l’appel d’offres, qui a été une expérience très fédératrice et l’occasion de mettre en place des échanges extrêmement enrichissants. Mais pour que ce festival des lumières devienne un véritable événement, il faut qu’il se répète, qu’il s’inscrive dans la durée – et j’espère fortement que ce sera le cas.

LCDR : Les représentants de la mairie de Moscou ont-ils formulé des souhaits de départ ou des indications particulières ?

J.H. : Non, nous étions totalement libres dans nos choix. En nous réunissant si nombreux, avec des équipes si diverses – il y avait des Russes, des Italiens et des Canadiens –, les autorités de la capitale comptaient évidemment sur l’émergence d’une multitude d’idées, extrêmement variées. Et ça a effectivement été le cas. Personnellement, j’ai choisi une approche en « tableaux » différant d’une rue à l’autre : d’abord, vous arrivez sur Stolechnikov pereoulok, dans une rue classique avec des lustres, puis vous tournez dans la rue Petrovka, et vous avez un tableau beaucoup plus moderne, plus animé… Enfin, à l’angle, c’est la rue Kouznetski most, où vous vous retrouvez dans une forêt d’arbres lumineux.

LCDR : Comment avez-vous été amené à travailler en Russie ?

J.H. : Le premier projet russe de Blachère Illumination remonte au début des années 2000 : il s’agissait d’une décoration lumineuse pour la façade du centre commercial GOUM [sur la place Rouge, ndlr]. Depuis 2010, je travaille régulièrement en Russie, notamment pour les centres commerciaux, comme MEGA. Pour le moment, nous n’avons pas de projet en cours ici, mais j’espère que le succès de ce festival des lumières de Noël inspirera d’autres villes et que nous pourrons leur proposer des solutions d’illuminations innovantes correspondant à leur budget. La Russie est un marché important pour nous, même s’il a été fortement secoué en 2013 par les événements politiques.


Le premier Festival des lumières de Noël de Moscou s’est tenu du 18 décembre 2015 au 10 janvier 2016. Il a été l’occasion pour des spécialistes en décoration lumineuse du monde entier de présenter leurs créations dans vingt sites du centre-ville, ornés de plus de 1 700 éléments décoratifs. La rue Tverskaïa a notamment été parée de 32 kilomètres de câbles lumineux.


Article paru le 12 janvier 2016 dans Le Courrier de Russie

http://www.lecourrierderussie.com/2016/01/illuminations-noel-moscou-francaise/


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Pétrole en chute libre: l'OPEP se réunit d'urgence

Article SPUTNIK NEWS12/01/2016

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) envisage de tenir en mars prochain une réunion extraordinaire portant sur la stratégie à adopter dans le contexte de la chute du prix des hydrocarbures.

Selon le président de l'Organisation, le ministre nigérian du Pétrole Emmanuel Ibe Kachikwu, les prix des hydrocarbures ont atteint un niveau qui nécessite une rencontre. La dernière réunion de l'OPEP a eu lieu le 4 décembre 2015 et s'est soldée par la décision de maintenir la production pétrolière au niveau actuel de 30 millions de barils par jour.

"Nous avons déclaré que si le prix baissait au-dessous de 35 dollars le baril, nous étudierions la possibilité de convoquer une réunion extraordinaire", a indiqué M.Kachikwu à l'agence Sputnik.

Aujourd'hui, pour la première fois depuis février 2004, le baril de Brent de la mer du Nord a dégringolé sous la barre psychologique des 31 dollars. Les Etats-Unis envisagent pour leur part de lancer prochainement les exportations de leur pétrole brut vers l'Europe du nord, ce qui risque de réduire davantage le prix de cet hydrocarbure.

Aujourd'hui, pour la première fois depuis février 2004, le baril de Brent de la mer du Nord a dégringolé sous la barre psychologique des 31 dollars. Les Etats-Unis envisagent pour leur part de lancer prochainement les exportations de leur pétrole brut vers l'Europe du nord, ce qui risque de réduire davantage le prix de cet hydrocarbure.

Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/economie/20160112/1020875117/petrole-en-chute-libre-opep-se-reunit-en-urgence.html#ixzz3x7XTobJt



LA MEF NOUVEAU PARTENAIRE UFE RUSSIE 2016 !

La MEF (Maison des Entrepreneurs Français) est le premier incubateur en Russie pour PME françaises. Créé en 2013, l'incubateur compte aujourd'hui 25 résidents dans 700m2 qui bénéficient d'un éventail complet de services pour l'implantation et le développement d'une entreprise française en Russie : hébergement, comptabilité, recrutement, financement, communication, partenariat, ...
La MEF, c'est aussi une communauté réunie mensuellement pour des événements networking mettant à l'honneur des entrepreneurs français.

La Russie adopte une nouvelle stratégie de sécurité nationale

En répondant aux défis des crises globales, jeudi, le président russe Vladimir Poutine a adopté une nouvelle Stratégie de sécurité nationale. Le décret correspondant a été publié sur le portail d'information juridique officiel.

La Fédération de Russie considère ce qu'il existe un risque élevé de récurrence des crises globales à grande échelle, notamment financières et économiques. Pour se préparer à des menaces et à des risques possibles, le gouvernement russe a pris la décision de mettre à jour sa stratégie de sécurité nationale.

Ce document décrit la doctrine de la sécurité nationale et, par conséquent, énonce la politique et décrit la manière dont seront conduites les affaires étrangères du pays en déterminant les priorités et les menaces.

Dans la nouvelle stratégie, il est indiqué que la Russie intensifiera la coopération, en particulier, avec les pays des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), avec l'Organisation de coopération de Shanghai, l'APEC et le Groupe des vingt.

Une autre priorité est le renforcement des relations avec les pays de la Communauté des Etats indépendants, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, y compris l'Union économique eurasienne et l'OTSC.

La Russie entend également développer un partenariat global et une coopération stratégique avec la Chine, ce qui est considéré comme un facteur clé en vue de maintenir la stabilité dans la région et dans le monde, ainsi qu'un partenariat stratégique privilégié avec l'Inde. La Russie soutient également la mise en place d'un ordre mondial sans "blocs" politiques afin d'assurer la stabilité dans la région Asie-Pacifique.

Et en ce qui concerne la politique des blocs, d'après le document, la Russie adopte une position négative.

"L'approche actuelle des blocs ne facilite pas la résolution des problèmes internationaux et ne peut pas aider à faire face aux défis mondiaux", rapporte le document.

Evoquant le sujet des blocs, la stratégie indique que la Russie s'inquiète de l'élargissement de l'Otan et du rapprochement du bloc de l'Otan des frontières russes, ce qui constitue une menace à la sécurité nationale russe.

Tout de même, "la Fédération de Russie est prête à développer ses relations avec l'Otan sur la base de l'égalité afin d'améliorer la sécurité globale dans la région euro-atlantique."

La Russie conserve la même position à l'égard des Etats-Unis, pays à la tête l'Otan. Dans le document il est noté que la Russie est intéressée à établir un partenariat fiable avec les Etats-Unis sur la base d'intérêts communs, y compris dans la sphère économique, et en tenant compte de l'influence importante des relations russo-américaines sur la situation internationale en général.

Parallèlement, le document relève le problème de l'affrontement avec les Etats-Unis. Il y est déclaré, notamment, que "la Fédération de Russie, en conduisant sa politique intérieure et étrangère de manière indépendante, fait face entre en conflit avec les Etats-Unis et ses alliés, qui cherchent à maintenir leur domination dans les affaires internationales."

A cet égard, le document soulève la question du terrorisme international, en particulier l'origine de ce phénomène menaçant. Il est ouvertement déclaré que c'est la pratique du renversement des régimes légitimes, par le biais de la méthode des "révolutions de couleur" et de la "guerre hybride" qui est responsable de la diffusion du terrorisme, de l'extrémisme et des conflits sectaires et ethniques dans le monde.

En conclusion, le document indique que, malgré toutes les menaces et les dangers, la Russie, en tant que puissance mondiale, est prête à défendre son statut et qu'elle cherche à renforcer la sécurité internationale, y compris par la force. Il s'agit ici notamment du potentiel nucléaire du pays. Cependant, son application est envisagée seulement si d'autres mesures non violentes s'avèrent inefficaces.

Article lu sur Sputnik news: http://fr.sputniknews.com/russie/20151231/1020693296/Russie-adopte-strategie-de-securite.html#ixzz3wRuD9mP9



L'APCE en 2016, avec ou sans la Russie ?

Dans la bataille des opinions sur la participation de la Russie à l'APCE, les arguments ne manquent pas pour les deux issus. Le vice-président de la délégation russe auprès de l'APCE Leonid Sloutski a expliqué à Sputnik qu'il ne fallait pas se précipiter à quitter l'APCE, certains participants nous y poussant et être prudents quant aux cotisations.

"Il existe une opinion comme quoi si l'ambiance à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) reste la même; il faudra quitter le Conseil de l'Europe. Il existe une opinion que nous devons nous retirer des rangs des cinq payeurs principaux. Peut-être, mais il ne faut pas se précipiter. Nous sommes poussés à lui en vouloir et claquer la porte. Mais c'est le plus facile", a déclaré le vice-président de la délégation russe auprès de l'APCE Leonid Sloutski à Sputnik, lors d’une conférence de presse.

"Et c'est comme ça qu'on aura une enceinte de plus où au lieu de vrais propos des parlementaires russes, ce sont des déclarations mensongères n'ayant rien de commun avec ce qui se passe en Russie qui règneront et seront induits par les médias occidentaux", a expliqué M. Sloutski, faisant appel à revenir au Conseil de l'Europe, mais "très prudemment".

Le chef de la délégation russe Alexeï Pouchkov a mis en question la participation de la Russie à la session de 2016. Pourtant, selon Leonid Sloutski, la délégation ne doit pas quitter l'Assemblée pour que personne ne puisse dire que la Russie s'est évadé et n'a rien à répondre aux accusations "assez minables", mais rester avec une délégation restreinte. Cela donnerait la possibilité de se faire entendre dans une enceinte européenne qui réunit 47 pays.

Leonid Sloutski a souligné que la décision définitive serait prise par les présidents de la Douma Sergueï Narychkine et du Conseil de la fédération Valentina Matvienko.

M. Sloutski a également rappelé que la Russie avait déjà payé des cotisations pour quelques années d'avance. Il existe alors "des compromis qui seront discutée lors de la prochaine réunion de la commission interministérielle pour le Conseil de l'Europe menée par (le ministre russe des Affaires étrangères) Sergueï Lavrov".

En avril 2014, la Russie avait été privée de son droit de vote à l'APCE, d'entrer à sa direction et de participer à ses missions de surveillance jusqu'en janvier 2015, suite à l'épisode du rattachement de la Crimée et en raison de son soutien présumé aux insurgés dans l'est de l'Ukraine. La délégation russe avait alors quitté la salle de réunion.

Les cotisations russes représentent 10% du budget du Conseil de l'Europe.



Lire l'article sur Sputnik news : http://fr.sputniknews.com/international/20151224/1020539927/apce-russie-cotisations.html#ixzz3vb25ybBE


Marché du travail Russe : où en est-on et où va-t-on ?

Article écrit par Alexandre Stéfanesco, Directeur du cabinet RH ATSAL

 

2015 : année de crise.

 

Alors que la Russie était sortie avec rapidité de la crise financière mondiale de 2008 en renouant avec la croissance dès 2010, le pays en 2015 aura connu une nouvelle année de récession, tout comme en 2009. L’économie russe devrait en effet se contracter d'environ 3,8%, une contraction majoritairement due à la baisse des revenus liés aux matières premières, le prix du baril de pétrole dégringolant à 37 dollars en décembre 2015.

 

Cette contraction de l’économie russe s’est accompagnée d’une forte baisse du Rouble dès le mois de novembre 2014, baisse ayant eu des répercussions directes et très importantes sur le marché de l’emploi. Au cours de l’année 2015 ce sont 45% des entreprises qui envisageaient de procéder à des optimisations dans leurs effectifs salariés. Dans le même temps les salaires réels ont au cours de l’année 2015 diminué de 8 à 9% selon des estimations du ministre du travail Maxime Topilini tandis que les revenus réels de la population ont eux baissé, sur la période de novembre 2014 à novembre 2015,de 5,4%.

 

Malgré ces indicateurs économiques négatifs, la situation semble se détendre lentement en cette fin d'année 2015. Alors qu’en mars 2015 on comptait 20% d’offres d’emplois de moins qu’un an auparavant à Moscou sur le site Head Hunter, la diminution n'était plus que de 6% pour la période de novembre 2014 à novembre 2015ii. En observant la période de décembre 2014 à décembre 2015 on discerne même une inversion de tendance : le nombre d'offre d'emplois a augmenté de 2% pendant cette période.

 

On constate aussi qu'au mois de novembre 2015, le nombre de personnes en recherche d'emploi à Moscou était sensiblement le même qu’au mois de novembre de l’année précédente. Moscou n’est pas la seule concernée par cette faible reprise puisqu’au cours de l’automne 2015, ce sont 23% des citoyens actifs de la fédération de Russie qui ont changé de travailiii et 90% d’entre eux affirment l’avoir fait volontairement.

 

L'explication de cette évolution, alors que l'économie est encore en récession, est sans doute à chercher dans les rigidités causées par un taux de chômage qui reste très faible malgré les difficultés actuelles que ne connait l'économie russe. Il devrait atteindre 5,9% en décembre 2015, contre 5,3% il y a un an en décembre 2014. Noter que le taux de chômage reste inférieur à 4% en Russie occidentale (il ne dépasse pas 1% à Moscou) alors qu'il frôle les 20% dans le Caucase.

 

En 2015 les secteurs ayant vu la plus forte diminution du nombre de positions disponibles sont les secteurs de l'automobile, de la construction, de l’assurance et aussi le secteur des entreprises publiques. Les positions qui ont le plus souffert de la crise et qui sont moins demandées par rapport à l’année précédente sont les comptables, les auditeurs financiers et les managers marketings.

 

A l’inverse, en plus des postes en ventes qui ont été les plus recherchés par les employeurs, la demande de cadres destinés à la production industrielle a augmenté de 7%, la demande de spécialistes dans le domaine médical et pharmaceutique de 6% et la demande d’ouvriers qualifiés et non qualifiés de 4%iv.

 

Le nombre d’étrangers qui travaillent en Russie (toutes catégories confondues) aurait diminué de près de 44% en un an selon les analyses de l’institut des prévisions sociales et politiques (Институт социально-политического прогнозирования). Cette baisse a concerné principalement les travailleurs d’Asie centrale et les ressortissants de la CEI ainsi qu’une partie des expatriés issus de pays de l’OCDE. Cette tendance lourde devrait s’accentuer en 2016 surtout si le rouble reste faible et aussi à cause de nouvelles règlementations qui imposent désormais l’obtention de Patents (autorisations d’exercer une activité) dont le coût est assez élevé, ce qui devrait décourager nombre de migrants économiques potentiels. Autre changement qui va dans le même sens : les autorités régionales vont désormais avoir la maitrise des quotas d’étrangers admissibles, ceci afin de protéger les travailleurs russes des régionsv.

 

Aux tendances politiques protectionnistes fortes se superpose une complexe problématique démographique. A compter de 2016 entrent sur le marché du travail les jeunes issus de la génération d’après la chute de l’Union Soviétique, c’est-à-dire ceux qui sont nés au cours des années 90, lorsque le nombre de naissances s’est effondré. Conséquence directe entre 2016 et 2019 la population russe perdra autour de 900.000 actifs par anvi.

 

Bien sur la situation démographique s’est améliorée au cours des années 2000 et la Russie devrait connaitre en 2015 sa troisième année consécutive de hausse naturelle de population : le nombre de naissance surpassant le nombre de décès. Cette tendance lourde des femmes russes à refaire des enfants éloigne néanmoins un nombre croissant de jeunes femmes souvent qualifiées d’un marché de l’emploi en manque crucial de main d’œuvre.

 

Le résultat de cette évolution sera très probablement un manque de main d'œuvre généralisé et des pénuries de spécialistes dans de nombreux secteurs professionnels ou géographiques au cours des prochaines années, rendant encore plus complexe les problématiques de recrutement et encore plus nécessaires les besoin en « sourcing » de main d'œuvre toujours plus en amont.

 

Face à cette situation, les autorités russes réfléchissent déjà à de nouvelles mesures destinées à permettre aux jeunes (18-24 ans), aux femmes enceintes mais aussi aux Senior de travaillervii. De la même façon, l’état pourrait être amené à « inciter »viii d’une façon ou d’une autre certaines tranches de la population active qui ne travaillent actuellement pas à devoir le faire.

 

2016 : vers une timide reprise ?

 

En 2016 quels secteurs devraient recruter quels types de profils ?

 

  • Le secteur de la vente et principalement les postes de Sales Manager ainsi que les Managers de comptes …

  • Le secteur IT (programmeurs, développeurs, analystes…)

  • Le secteur pharmaceutique et médical Hi-Tech …

  • Le secteur industriel et notamment l’industrie légère, chimique, militaire ou bien encore spatiale …

  • L’agriculture et notamment l’horticulture…

 

Dans le meme temps les secteurs à risque devraient être les mêmes qu’en 2015 en ajoutant à la liste les secteurs touristiques ou les départements In-House des ressources humaines. Enfin tous les regards sont braqués sur le Retail sachant que la consommation au détail a baissé de 13%ix sur la période allant de novembre 2014 à novembre 2015.

 

Dans le même temps les secteurs à risque devraient être les mêmes qu’en 2015 en ajoutant à la liste les secteurs touristiques, les ressources humaines ou encore la banque de retail. Un retail sur lequel tous les regards sont braqués yeux sont posés sachant que la consommation au détail a baissé de 13%x sur la période allant de novembre 2014 à novembre 2015.

 

Enfin en 2016 ce sont 77% des sociétés qui prévoient que leur budget RH va être réduit ou équivalent à 2015. Les hausses de salaires ne devant vraisemblablement concerner que 15 à 18% des salariés selon Superjob, soit les plus essentiels et/ou les plus performants.

Cela surtout bien sur si l’économie pour 2016 reste en contraction de 1,8% ou 2% (scénario prévu si le baril reste à 35 / 37 dollars), tandis que le gouvernement russe envisage un retour à la croissance de 0,7% si le baril remonte à 50 dollars.

 

 

 i http://tass.ru/obschestvo/2409126

 ii http://hh.ru/article/307200

iii http://www.rg.ru/2015/11/28/rabota-site.html

iv http://www.superjob.ru/research/articles/111936/itogi-goda-na-rynke-truda-ot-superjob-aktivnye-pobedyat-trevozhnyh/#indeks

http://m.rg.ru/2015/12/10/rabotniki-site.html

vi http://www.kommersant.ru/doc/2749590

vii http://www.finmarket.ru/main/article/4052082

viii http://www.rg.ru/2015/12/08/rabota.html

ix http://www.gks.ru/bgd/free/B15_00/Main.htm

http://www.gks.ru/bgd/free/B15_00/Main.htm

 

 

 

 

 


 

Le ministre français de la Défense à Moscou pour coordonner la lutte contre Daech

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian va demander lundi à son homologue russe Sergueï Choïgou de frapper plus Daech en Syrie et discuter d'un partage de renseignements sur cette organisation.

"On va avoir un échange sur ce que nous considérons comme groupes terroristes, et comment on peut souhaiter que la Russie renforce son action contre Daech (acronyme de l'EI en arabe, ndlr) qui est notre seul ennemi", a déclaré M. Le Drian à quelques journalistes avant son départ pour Moscou.

M.Le Drian et son homologue russe vont aussi discuter des modalités d'un éventuel partage de renseignements sur Daech, notamment sur les russophones et les francophones actifs dans l'organisation jihadiste. 

Les deux ministres évoqueront également les questions de "deconfliction", c'est-à-dire l'échange d'informations pour éviter les collisions entre avions militaires russes et français dans le ciel syrien.

La France a décidé en septembre dernier de mener des raids aériens sur les positions tenues par Daech en Syrie.

La visite de M.Le Drian à Moscou s'inscrit dans le prolongement de celle du président français François Hollande, qui a rencontré son homologue Vladimir Poutine le 26 novembre pour tenter de bâtir une coalition élargie anti-Daech au lendemain des attentats de Paris.

Les deux dirigeants avaient alors convenu "d'intensifier" et "coordonner" les frappes aériennes de leurs deux pays contre Daech, notamment contre le transport de produits pétroliers finançant le groupe, et d'échanger du renseignement.

Le conflit syrien a fait plus de 250.000 morts et des millions de réfugiés en quatre ans et demi, souligne l'AFP.



Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/russie/20151221/1020430898/syrie-france-russie.html#ixzz3uwiI7Wus

17 parlementaires français se rendent à Moscou

Article paru dans Sputnik le 16/12/2015

Dix-sept parlementaires français des partis Les Républicains et UDI se rendront à Moscou jeudi et vendredi, à l'invitation de la "Fondation russe pour la paix", pour maintenir le "dialogue politique" entre la France et la Russie, a annoncé mercredi Thierry Mariani (LR). 

Coprésident de l'association Dialogue Franco-Russe (avec le président des chemins de fer russe Vladimir Iakounine) et député des Français de l'étranger de cette zone, M. Mariani a affirmé dans un communiqué que ce voyage s'inscrit dans les activités de cette association pour "réactiver" les échanges entre parlementaires "afin de promouvoir le dialogue politique entre la France et la Russie".

Outre un "séminaire" consacré aux points de l'actualité internationale et aux relations bilatérales, les 14 députés (13 LR, 1 UDI) et 3 sénateurs (2 LR, 1 UDI) auront plusieurs rendez-vous, notamment avec Sergueï Lavrov, ministre des Affaires Etrangères, Sergueï Narychkine, président de la Douma et Leonid Sloutsky, président du groupe d'amitié Russie-France. MM. Narychkine et Sloutsky ne peuvent entrer dans l'Union européenne en raison de sanctions européennes, est-il rappelé dans le communiqué. 

En juillet, dix parlementaires, pour la plupart membres des Républicains, s'étaient rendus, malgré les protestations de Kiev et Paris, dans la péninsule ukrainienne de Crimée annexée en 2014 par la Russie, rapporte l`AFP.

Dix-sept parlementaires, soutiens réguliers de la Russie en France, s'étaient aussi rendu à Moscou en avril, à l'initiative de Thierry Mariani. Il y avait alors deux députés de gauche parmi eux.

Et quatorze d'entre eux avaient fait un déplacement controversé à Moscou en septembre 2014 pour apporter leur soutien dans le bras de fer engagé avec les Occidentaux sur fond de crise en Ukraine. Ils avaient déjà eu des entretiens avec le président de la Douma notamment.



Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/international/20151216/1020327053/mariani-dialogue-france-russie.html#ixzz3uedsQc5M

Relecture : La croissance démographique russe

DÉCLIN DÉMOGRAPHIQUE RUSSE : LA SOLUTION SERA DANS LA CROISSANCE ... A relire la très intéressante analyse par Alexandre Latsa, Chroniqueur pour l’agence fédérale Ria Novosti, animateur du site Dissonance, consacré à la Russie d’aujourd’hui (politique, géopolitique et démographie) et publié par IRIS (l'Institut de relations Internationales et Stratégiques)

http://www.iris-france.org/…/…/2011-09-demographie-russe.pdf




La France, dans le subconscient de Saint-Pétersbourg

À Saint-Pétersbourg, Falconet et Ricard de Montferrand ont créé les véritables chefs-d’œuvre de leur vie. Quelle magie la capitale impériale russe exerce-t-elle sur les artistes français ? Sergueï Nossov, un des plus remarquables écrivains russes contemporains, y réfléchit dans un billet.

A lire dans : article Le Courrier de Russie — publié mardi 1 décembre 2015

La cathédrale Saint-Isaac de Saint-Pétersbourg, chef d'oeuvre d'Auguste de Montferrand. Tatiana Temirkhanova/TASS

La cathédrale Saint-Isaac de Saint-Pétersbourg, chef-d’oeuvre d’Auguste Ricard de Montferrand. Crédits : Tatiana Temirkhanova/TASS

L’espion russe de ce vieux film qui oblige son cerveau à mémoriser en une seconde la page d’un document secret, me fait penser – sans rire ! – au sculpteur Falconet. Imaginez : un cavalier habile talonne sa monture et s’élance sur un promontoire rocheux ; là – pour aider l’artiste –, il retient son cheval au bord du vide. L’instant est impossible à arrêter avec des rênes – il ne peut être figé que par la pensée, qu’au prix d’un effort mental. L’image se répète encore et encore, et, à chaque fois, le cerveau de Falconet joue le rôle d’un appareil photo. Le cueilleur de baies, lorsqu’il ferme les yeux, voit des baies, le pêcheur – des flotteurs, l’espion Johann Weiss – des tableaux et des plans secrets. Nul besoin de se demander ce que voyait le vieux Français, la nuit, lorsqu’après avoir éteint les bougies de sa chambre, il ne perdait pas espoir de s’endormir. Le Cavalier de bronze est la matérialisation du demi-sommeil de Falconet. Jamais un tel monument n’avait été érigé nulle part. D’où ce maître, connu chez lui uniquement pour ses petites sculptures gracieuses, a-t-il tiré, dans cette Saint-Pétersbourg qui lui était étrangère, une telle volonté et une telle opiniâtreté ? Pourquoi le cheval se cabre-t-il ? Un Falconet plus accommodant aurait pu se laisser imposer l’idée d’une composition statique, avec des personnages divers et des allégories multiples. On aurait aussi pu, au même endroit, bâtir une fontaine, qu’aurait rêvée Diderot (qui a recommandé Falconet à Catherine la Grande). Le socle aurait pu ne pas être monolithique – pourquoi pas plusieurs blocs, après tout ? Mais non – Falconet, obsédé par une idée presque folle, presque irréalisable, permit à Saint-Pétersbourg de réaliser l’une des constructions les plus grandioses de son histoire, de manier et déployer un rocher de mille tonnes depuis ses forêts lointaines jusqu’à ce que l’on appelait alors la place Petrovskaïa – en l’honneur de la future statue.

Depuis lors, la France est dans le subconscient de Saint-Pétersbourg. Quelles que soient ses pensées, quelles que soient ses souffrances, la France est toujours là, quelque part sous son cortex. Ainsi le mot « Parisien » se cache-t-il dans un pli du manteau du Cavalier de bronze et y restera-t-il à jamais. L’autographe latin secret se traduit habituellement par : « Sculpté et moulé par le Parisien Étienne Falconet, 1778 ». Et l’on sait que Falconet mourut dans sa patrie, sans avoir pu admirer son œuvre dans toute sa splendeur.

Ricard de Montferrand, lui, mourut ici, à Saint-Pétersbourg, peu après la consécration de la cathédrale Saint-Isaac, dont la construction lui prit quarante ans de sa vie. Le souhait de ce catholique d’être enterré dans l’une des voûtes souterraines de la cathédrale resta inexaucé. La veuve d’Auguste Ricard de Montferrand fit rapatrier sa dépouille à Paris, où, encore récemment, on croyait sa tombe perdue. Mais on a fini par la retrouver. Montferrand reste toutefois peu connu des Parisiens. Chez nous, la formule solennelle « Au bâtisseur A. Montferrand », visible à la jumelle, est gravée sur la dalle rectangulaire qui surmonte la colonne d’Alexandre, à la gauche de l’ange.

Le cavalier de bronze, statue de Pierre le Grand, chef d'oeuvre d'Etienne Falconet. Saint-Pétersbourg. Andreï Pronine/TASS

Le Cavalier de bronze, statue de Pierre le Grand, chef-d’oeuvre d’Etienne Falconet à Saint-Pétersbourg. Crédits : Andreï Pronine/TASS

Cet ancien soldat de la Garde impériale, blessé lors des campagnes napoléoniennes, devint l’architecte du principal monument commémorant la victoire des troupes russes lors de notre Guerre patriotique. Il en va parfois ainsi. La colonne d’Alexandre dépasse en hauteur celle de la place Vendôme, à Paris, érigée par Napoléon. Ainsi les principaux symboles de Saint-Pétersbourg – le Cavalier de bronze et la colonne d’Alexandre – sont-ils directement liés à la France.

Il y a enfin le pont de la Trinité – ce « frère » du pont Alexandre-III à Paris. Les deux œuvres datent de l’époque de l’alliance franco-russe. La commande du pont de la Trinité revint à la société française des Batignolles, qui l’emporta sur son concurrent – le créateur de la tour Eiffel. Il semble que la Russie et la France n’aient jamais été aussi proches qu’alors. Une escadre française stationnait à Kronstadt, etDieu, protège le tsar et la révolutionnaire Marseillaise résonnaient sans se gêner le moins du monde dans les rues de la capitale. Au jour dit, après avoir quitté leur luxueuse tente, l’autocrate russe et le président français se dirigèrent vers la première des pierres qui formeraient la base du pont.

La pose triomphale de la première pierre, comme le rappelle la plaque commémorative du pont, eut lieu « lors du troisième été du règne prospère de Son Altesse Impériale Nicolas II, le deuxième jour d’août ». La plaque fut renforcée avec du ciment et, lorsque les chefs d’État la frappèrent chacun à l’aide des marteaux qu’on leur avait apportés sur un plateau d’argent, il leur semblait que rien ne viendrait jamais troubler cette prospérité. Un an et demi plus tard, pourtant, la presse française s’interrogerait sur les circonstances extravagantes de la mort de Félix Faure. Et bien des années s’écouleraient encore avant les sinistres événements de la cave de la maison Ipatiev[4]. Si la révolution rouge finit par mettre un terme à l’alliance franco-russe, c’est toujours en l’honneur de la France – de son célèbre principe révolutionnaire cette fois-ci – que le pont de la Trinité reçut son nouveau nom de « pont de l’Égalité », trois mois après le meurtre collectif de la famille impériale.

Quant à nous, nous l’avons connu sous le nom de pont Kirov. Je me souviens que lorsque je l’empruntais, enfant, pour traverser la Neva, j’imaginais Tchkalov[5]volant entre l’eau et moi. Et qu’importe que ce ne soit qu’une légende : lors du tournage du film, le pilote Borissenko l’a réellement fait, lui. Comme nos parents des années plus tôt, nous sommes allés voir le film Valeri Tchkalov avec notre classe, et nous avons tous retenu notre souffle en attendant « le-moment-où-il-vole-sous-le-pont ». À l’adolescence, cet épisode me revint avec les images du film Les Aventuriers – lorsque le casse-cou joué par Alain Delon survole les Champs-Élysées en avion, persuadé que l’audace conquiert les villes et que son engin pourra passer sous l’Arc de Triomphe.

Amendement pour maintenir les crédits de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger

Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2016, le Sénateur Christophe Frassa a déposé avec ses collègues Robert Del Picchia, Jean-Pierre Cantegrit, Jacky Deromedi, Joëlle Garriaud-Maylam et plusieurs autres sénateurs, un amendement pour maintenir les crédits de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger au niveau de 2015, alors que le projet de loi de finances les faisait diminuer en 2016. Tous les sénateurs des Français de l'étranger se sont mobilisés dans le débat pour défendre un budget qui se fait rogner chaque année un peu plus.

Cet amendement a été adopté par le Sénat, contre l'avis du gouvernement.

Au cours du même débat, un autre amendement, des Sénateurs Doligé et Yung, au nom de la commission des finances, a été adopté. Les crédits des bourses scolaires prévus dans le projet de loi de finances étaient en diminution de 10 M€ par rapport à 2015, passant de 125 M€ à 115,5 M€. Grâce à cet amendement, le Sénat permet d'endiguer un peu (à 120,5 M€) la baisse de l’engagement que le gouvernement, ne cesse de faire subir aux familles françaises des classes moyennes à l’étranger.

Prochaine étape, l’Assemblée Nationale. Espérons que cette belle unité de nos Sénateurs des Français de l’étranger sera contagieuse…

http://www.senat.fr/seances/s201512/s20151202/s20151202002.html#int173

Nouvelle réglementation du portage salarial en Russie

À partir du 1er janvier 2016, la prestation de service d’outstaffing devient une activité réglementée nécessitant un montant suffisant de fonds propres (1 million de roubles), un personnel qualifié ainsi que l’inscription du prestataire auprès d’une autorité administrative.

Jusqu’aujourd’hui, le portage salarial (ou « l’outstaffing » – le terme employé en Russie pour ce type de relation – ou « le prêt de main-d’œuvre » – le terme employé par le législateur) n’avait pas été reconnu juridiquement, ce qui n’avait pas empêché sa large application sous forme de contrat de prestations de services.

L’outstaffing est souvent confondu avec l’externalisation, ou « outsourcing ». Quelle est la différence entre ces deux contrats et lequel entrera dans le champ d’application de la nouvelle loi ?

L’outsourcing est un contrat par lequel une entreprise peut transférer une ou plusieurs de ses fonctions de support internes (p.ex. comptabilité, service juridique, marketing, etc.) au prestataire externe (p.ex. cabinet d’avocats). En d’autres termes, il s’agit d’une prestation de services prolongée dans le temps. Par conséquent, ce type de contrat n’est pas concerné par la nouvelle réglementation.

Inversement, par un contrat d’outstaffing, une entreprise-client acquiert un salarié tandis que celui-ci reste juridiquement employé par le prestataire (c.-à-d. que le prestataire reste redevable de charges sociales, il demeure responsable pour le salarié, et, plus généralement, est considéré comme son employeur vis-à-vis de l’État).... lire la suite sur Le Courrier de Russie http://www.lecourrierderussie.com/2015/11/reglementation-portage-salarial-russie/

 


 
Créée en 1927, l’Union des Français de l’étranger (UFE) est la plus importante association de Français à l’étranger. Association reconnue d’utilité publique, a pour fonction de venir en aide aux Français installés à l’étranger.