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Entreprise française: la Russie est un marché fantastique pour nous

Tim Gollin, PDG de la société française Arc International, le plus grand fabricant de verrerie du monde, qui a signé un contrat de construction d'une usine en Russie, explique à Sputnik pourquoi la Russie est si attrayante.

Lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg, Arc International a signé, en présence de l'Ambassadeur français en Russie, un accord avec le gouverneur de la région de Kaliningrad (ouest de la Russie) sur la construction d'une usine de production de verrerie dans la région. Selon l'accord, la société va investir plus de 6,2 milliards de roubles (environ 85 millions d'euros) dans la construction de l'usine.

"Nous sommes arrivés sur le marché russe il y a 25 ans. Depuis de nombreuses années, la Russie a été un marché fantastique pour nous. Nos clients ont besoin de nos produits de haute qualité", a indiqué M.Gollin.

Selon lui, au cours des trois dernières années, il y a eu un problème de compétitivité sur le marché russe.

"Maintenant, il y a beaucoup de possibilités pour nous. Il y a une demande. Et dans la situation économique instable en Russie, nous avons plus de possibilités d'expansion. En outre, nous comptons sur les producteurs locaux", a souligné l'entrepreneur français.

L'usine de Kaliningrad sera la seule entreprise produisant des plats de verre opale dans la CEI et en Europe de l'Est. La mise en œuvre d'un projet industriel aussi important permettra de créer 1.080 nouveaux emplois dans la région.

Le programme du SPIEF comprend plus de 100 événements, y compris des forums d'affaires de l'OCS et du BRICS, le forum du G20 et le sommet des compagnies énergétiques, qui réunit les chefs des plus grandes entreprises du secteur. La 20e édition du Forum de Saint-Pétersbourg se tient du 16 au 18 juin. Washington a déjà fait savoir que "le gouvernement américain n'y participerait à aucun niveau".

 

Article paru le 17 Juin 2016 dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/russie/201606171025939772-tim-gollin-arc-international-russie-spief/

 

David Lasfargue ouvre le bureau Jeantet à Moscou

A quarante-cinq ans, David Lasfargue s'est lancé dans un nouveau projet : après avoir dirigé pendant quinze ans la filiale russe de Gide, cet avocat d'affaires vient d'ouvrir le bureau Jeantet à Moscou. Un choix personnel. « C'est le bon âge et le bon moment pour changer et rebondir ! » Mais avant tout une décision professionnelle. « Il n'y a pas beaucoup de cabinets internationaux qui, en ces temps de crise économique en Russie et de sanctions occidentales contre elle, osent une nouvelle implantation ici », rappelle-t-il, attablé à un restaurant branché au coeur de la capitale russe. « J'ai été attiré par l'ambition de Jeantet. Crises et sanctions ne sont pas éternelles. Il faut être prêt quand cela va repartir ! Nous allons beaucoup prospecter », s'enthousiasme David Lasfargue, devenu associé de Jeantet. Avec un créneau pour son équipe d'une dizaine d'avocats et juristes, pour les deux tiers francophones : accompagner les projets russes des entreprises et investisseurs français.

Après avoir ouvert l'an passé des bureaux à Kiev et à Budapest, Jeantet capitalise sur les connaissances de David Lasfargue dans le droit des affaires russe, mais aussi sur son expérience dans la complexité des milieux d'affaires sur place, pour y poursuivre son expansion en Europe de l'Est. « Si je crée un bureau, ce n'est pas pour partir ! », prévient cet avocat du barreau de Paris qui a prêté serment en 1994 et que rien ne prédestinait à une carrière en terres russes.


Louis XVI et Kundera

Originaire de Moulins, dans l'Allier, il a mené ses études de droit à l'université Lyon-III et enchaîné les diplômes : DJCE (diplôme de juriste conseil d'entreprise), DESS de droit des affaires et fiscalité, Magistère de juriste d'affaires et DEA d'histoire du droit et des institutions. Avec aussi un mémoire qu'il défend encore aujourd'hui avec passion : la naissance de l'opinion publique en France sous Louis XVI. « Dès le lycée, j'ai toujours voulu être avocat. Ce côté indépendant, acteur, défenseur... », confie-t-il.

Repéré par Gide, David Lasfargue est resté fidèle à ce cabinet plus de vingt ans, gravissant les échelons jusqu'à en devenir associé en 2006 et membre du comité exécutif en 2012. Il a commencé en 1995 par y faire son service - militaire - civil dans le bureau de... Prague. C'est le début d'une carrière qui, depuis, n'a cessé de virer à l'Est. « J'adorais Kundera, mais je n'étais jamais allé avant à Prague », se rappelle-t-il.

Après avoir prolongé d'un an son contrat tchèque puis occupé un poste à Paris pendant trois ans (dans le département de droit économique), il se voit proposer par Gide en 2001 de prendre la direction du bureau à Moscou. « Je n'ai pas hésité un instant », se souvient David Lasfargue, qui, dans les années 1990, était venu en touriste dans la capitale et à Saint-Pétersbourg. « On s'était bien amusés. J'avais déjà bien compris que c'est un pays compliqué et dynamique ! » Aujourd'hui, il assure « mieux percevoir la complexité russe car l'environnement [lui] est devenu familier ». En revanche, dit-il, il a renoncé « à comprendre l'énigme de la Russie, entre sa douceur et sa brutalité, avec ces gens si sensibles et humains mais capables d'incroyables violences ».

Chez Jeantet comme chez Gide, où le bureau a compté avant la crise actuelle jusqu'à une quarantaine d'avocats, tout se fait en anglais et en français. Mais David Lasfargue, qui vit en couple, a appris le russe pour sa vie quotidienne. Et, depuis les îles Solovki jusqu'à la Volga, il sillonne le pays pour le plaisir. Concentré et souriant, costume impeccable et boutons de manchette aux poignets, l'avocat a passé beaucoup de temps à Moscou dans les milieux d'affaires. Accumulant, au fil des ans, des postes divers : président de la section russe des conseillers du commerce extérieur français, secrétaire du conseil d'administration de la Chambre de commerce franco-russe et représentant de la communauté d'affaires française à l'Association of European Business. Autant d'organisations qui, aujourd'hui, militent pour la levée des sanctions européennes contre la Russie. « Un long travail... », souffle David Lasfargue, qui, entre deux rendez-vous pour Jeantet, a récemment interpellé Matthias Fekl, le secrétaire d'Etat chargé du Commerce extérieur français, de passage à Moscou. Et de répéter son credo : « J'ai envie d'être là quand, en Russie, ça va repartir ! »


Article paru le 6 juin 2016 dans Les Echos

http://www.lesechos.fr/journal20160606/lec2_carnet/021994747857-david-lasfargue-ouvre-le-bureau-de-jeantet-a-moscou-2003917.php?0TpzVCyPtbf6zUo0.99#

La Russie devance l'Arabie saoudite pour les livraisons de pétrole

En 2015, la Russie est devenue le premier fournisseur de pétrole sur le marché mondial de l'or noir, devançant ainsi l'Arabie saoudite.

La Russie est devenue le principal exportateur de brut, comme en témoignent les statistiques rédigées par l'entreprise anglaise BP. L'année dernière, le pays a exporté 74,9% de son pétrole extrait et 33,7% de gaz, devenant ainsi le principal fournisseur d'hydrocarbures en direction des pays européens.

Parallèlement, la consommation de pétrole et de gaz à l'intérieur du pays a chuté de 5,2% et de 5% respectivement. De manière générale, sa consommation d'énergie a baissé de 3,3%, soit 23 millions de tonnes de pétrole.

Néanmoins, la Russie conserve toujours la quatrième place du classement mondial des consommateurs d'énergie, derrière la Chine, les Etats-Unis et l'Inde. De même, elle est arrivée la troisième pour ce qui est de l'extraction de combustibles fossiles, précédée en cela par la Chine et par les Etats-Unis. Sa production de pétrole est montée de 1,2% atteignant ainsi son maximum sur la période post-soviétique.

Concernant l'extraction gazière, elle poursuit sa descente ayant baissé de 1,5%, alors que la production d'énergie hydraulique a diminué de 3%.

L'extraction de charbon a grimpé de 4,5%, la production d'énergie atomique et de carburants renouvelables de 8% et de 6,8% respectivement, dépassant considérablement les taux de croissance moyens depuis les dix dernières années (2,8% et 2,1% respectivement).

La part de la Russie dans la consommation mondiale d'énergie est estimée à 5,1%.


Article paru le 8 Juin 2016 dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/economie/201606081025684244-russie-arabie-petrole/


Sanctions anti-russes: le Sénat français adopte la résolution européenne

La Sénat français a adopté la résolution européenne présentée par Yves Pozzo di Borgo et Simon Sutour sur le régime de sanctions de l’UE à l’encontre de la Russie. 302 sénateurs ont voté pour la résolution, tandis que 16 sénateurs ont voté contre.

Dans une interview exclusive accordée à Sputnik, l'initiateur de la résolution, Yves Pozzo di Borgo, a déjà qualifié le vote de la Commission des affaires européennes du Sénat de "signe très fort" dont le gouvernement devra tenir compte.

"L'indépendance de la diplomatie française sur la question des sanctions contre la Russie doit être restaurée", a souligné l'ex-premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin.

L'ambassade ukrainienne en France ne cache pas son mécontentement.

​Commentant l'influence de la France sur la politique étrangère concernant les sanctions  et les effets possibles au sein de l'Union Européenne d'une levée des sanctions contre la Russie, Gérard Bapt, député socialiste, a déclaré à Sputnik que "ce serait une discussion en ce qui concerne le semblant d'attitude diplomatique commune que l'UE et la commission essaient de maintenir entre leurs membres, sauf s'il y avait à l'heure actuelle au sein des pays membres une tendance à lever les sanctions; et à cet égard, la position de l'Allemagne doit être déterminante, et en l'état actuel des choses, elle doit être opposée à la levée des sanctions."

En avril dernier, l'Assemblée nationale a soutenu le projet de résolution du parlementaire Thierry Mariani appelant à lever les sanctions économiques imposées par l'Union européenne contre Moscou.

La prolongation des sanctions antirusses devra être évoquée dans le cadre du sommet européen programmé pour les 28 et 29 juin prochain. Plusieurs Etats membres de l'UE, dont l'Italie, la Grèce et la Hongrie, se sont auparavant déclarés prêts à plaider pour un adoucissement des sanctions.


Article paru le 9 Juin dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/international/201606081025679428-sanctions-resolution-senat/


Le prix du pétrole franchit à nouveau la barre des 50 USD

Bien que les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) n'aient pas trouvé de terrain d'entente sur un plafonnement de la production de pétrole à l'issue de leur réunion de jeudi, à Vienne, les cours du brut sont remontés aux alentours de 50 dollars le baril.

Jeudi 2 juin, le prix du pétrole a dépassé la barre des 50 dollars et ce, malgré la décision de l'OPEP de maintenir le volume actuel de la production, les membres du cartel justifiant cette décision par la remontée continue du prix du baril, proche des 50 dollars, bien loin des 27 dollars de mi-janvier. 

En effet, le brut ne valait que 26 dollars le baril au début de l’année, et il est aujourd'hui facturé autour de 50 dollars en raison sans doute des perturbations de la production au Canada (incendies) et au Nigeria (grèves). Les cours du pétrole ont également profité de la baisse de la production américaine qui est tombée à 8,77 millions de barils par jour, après avoir culminé à 9,6 Mb/j en juin 2015.  


Ainsi, l'OPEP maintient son niveau de production actuel, en observant que, depuis (…) décembre 2015, les prix du pétrole brut ont grimpé de plus de 80%, et que l'offre et la demande convergent, ce qui prouve que "le marché est engagé dans un processus de rééquilibrage".

Selon les observateurs, le marché évolue dans la bonne direction. Le 16 mai, la banque Goldman Sachs a publié un pronostic, selon lequel les prix du pétrole seraient de 45 dollars le baril en glissement annuel, en raison d'une réduction de la production. De son côté, Citigroup prédit que le pétrole coûtera jusqu'à 50 dollars au troisième trimestre et jusqu'à 65 dollars au quatrième trimestre de l'année en cours. 

L'OPEP, qui produit environ un tiers du pétrole mondial, répond généralement à une baisse des prix en réduisant la production, mais cette fois le cartel a décidé de la maintenir au niveau actuel pour contrer la concurrence des producteurs de gaz de schiste aux Etats-Unis. Par ailleurs, les prix du brut qui ont repassé la barre des 50 dollars le baril allègent la pression sur le cartel.

 

Article paru le 2 Juin 2016 dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/economie/201606021025526781-prix-petrole-opep-marche/

Sanctions: pas d'impact sur les relations russo-françaises dans le nucléaire

Tchernobyl et Fukushima rappellent que le nucléaire est un secteur qui revêt une dimension universelle et doit être au-dessus de tout intérêt politique.

Le forum international Atomexpo 2016, qui se déroule actuellement à Moscou, montre que le  nucléaire est un secteur qui doit être à l'abri de l'impact d'une conjoncture politique donnant lieu à toutes sortes de sanctions ou discriminations.  

"Les projets dans le nucléaire sont à très long terme et ils ne peuvent pas dépendre de la conjoncture politique. Lorsqu’on parle d'un projet de construction d’une centrale nucléaire réalisé de façon intégrale, c’est-à-dire non seulement la construction de la centrale mais aussi son exploitation et la fin de celle-ci, dans un délai entre 80 et 100 ans, il est clair que tout cycle électoral, tout intérêt politique liés à des réchauffements ou à des refroidissements [des relations] ne n’inscrivent pas dans ce cadre temporel", a déclaré Sergueï Novikov, porte-parole de la corporation russe Rosatom qui a organisé le forum, dans un entretien à Sputnik. 

M.Novikov n'est pas le seul à partager ce point de vue. Didier Bienfait, vice-président du bureau Veritas, leader mondial dans l'évaluation de la conformité et la certification, confirme notamment que les sanctions n'ont rien à voir avec les relations dans le domaine nucléaire. 

"Les sanctions n’ont jamais impacté les relations dans le domaine du nucléaire entre la France et la Russie à ma connaissance",  confie-t-il à Sputnik.

M.Bienfait note que la Russie a une part du marché mondial de la construction de centrales nucléaires qui est unique et qui ira en se développant. 

"La Russie est aussi un des deux acteurs majeurs à l'horizon 2020-2050 en termes de construction de centrales nucléaires en dehors du territoire russe", ajoute-t-il. 

Le forum Atomexpo est organisé pour la huitième fois. Il a tendance à se développer d'année en année. Le nombre d'exposants et de délégués progresse. 

"Cette année, nous avons enregistré 4.500 délégués représentant 55 pays, mais c'est plutôt le contenu qui compte. Le thème de la huitième édition du forum est la mise en œuvre des solutions proposées par la COP21 et fixant une orientation vers une économie sans carbone. C'est un objectif très ambitieux. Cela annonce une sorte de révolution dans le secteur de l'énergie dans les années à venir", conclut  M.Novikov.

 

Article paru le 1er Juin 2016 dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/russie/201606011025471568-nucleaire-hors-conjoncture-atomexpo/

 

La Russie envisage de lancer son propre bitcoin

Le projet est discuté au sein du ministère des Finances et de la Banque centrale. La circulation de toutes les autres monnaies cryptographiques serait alors interdite.

Les autorités russes envisagent de créer une monnaie cryptographique nationale, annonce le quotidien russe Kommersant. Selon le projet, celle-ci aura de nombreuses particularités par rapports à ses analogues.

Ainsi, l'activité liée aux "bitcoins russes" sera strictement réglementée: leur émission pourrait être assurée par des organisations financières qui devront obtenir une licence. De ce fait, ces organismes assumeront pleinement leurs responsabilités.

En outre, l'échange de roubles ainsi que d'autres monnaies contre la monnaie cryptographique devra s'effectuer sur des plateformes électroniques, indique Kommersant. Dans ce cas de figure, chaque acheteur nécessitera une identification. Cette procédure permettra de minimiser les virements anonymes, qui pourraient être utilisés pour financer le terrorisme.

Dès que la monnaie cryptographique nationale sera mise en circulation, les autorités russes comptent interdire l'utilisation de ses analogues déjà existants, y compris le bitcoin. La première cause de cette initiative: le manque de clarté lors de l'émission et des transactions impliquant ces monnaies cryptographiques.

Article paru le 27 Mai 2016 dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/economie/201605271025338308-monnaie-criptographique-russie/

Le marché de l’emploi au premier quadrimestre 2016

Les statistiques du marché de l’emploi sur Moscou sont sorties et elles sont globalement encourageantes pour les candidats mais moins pour les employeurs.

Le premier indicateur est la baisse moyenne du nombre de CVs et donc de candidats disponibles sur le marché par poste vacant. Si entre février et mars 2016 la moyenne était de 11 candidats par poste vacant sur le marché cet indicateur est passé à 10 pour le moins d’avril, traduisant que le nombre de candidats disponible par poste diminue, tout comme la concurrence inter-candidats. Pour rappel ce ratio était de 5 à 6 candidats disponibles sur le marché par poste vacant en moyenne en 2012, 2013.

Le second indicateur est qu’à Moscou le nombre d’offre d’emplois ouvertes en avril 2016 est seulement de 13% inférieur au niveau d’avant crise contre une différence du simple au double en janvier 2016 par rapport à janvier 2015. Pour le troisième mois consécutif en effet, en avril le nombre d’offre d’emplois est supérieur de 14 à 16% au nombre d’offres d’emplois du mois similaire de l’année précédente.

Cette tendance s’inscrit dans un contexte où les indicateurs de disposition des candidats à entamer une nouvelle recherche d’emploi restent faibles, ces derniers considérant visiblement que le moment n’est pas approprié à un changement de poste de par la situation économique globale en Russie. Au cours des douze derniers mois le nombre de CVs disponibles sur le marché a augmenté de 10%, c’est la plus faible croissance au cours des trois dernières années.

Au final on constate donc une diminution du nombre de candidats disponibles pour un nombre d’offre d’emplois qui lui augmente sensiblement.

Si pour les candidats la chance de trouver un travail est plus importante (moins de concurrence et plus d’offres d’emplois disponibles), pour les employeurs la situation est inverse : le besoin en capital humain augment mais il y a moins de candidats disponibles.

Ces dynamiques traduisent bien l’évolution de la situation économique actuelle en Russie.

Alors que le PIB a diminué de « seulement » 1,2% sur le premier trimestre 2016, contre une baisse attendue de 1,4% à 2%, le second trimestre semble confirmer que l’économie russe cesse son effondrement pour entrer dans une phase de stabilisation. Le retour de la croissance pourrait être plus rapide que prévu alors les prévisions économiques envisagent désormais une baisse du PIB de seulement 0,6 % au deuxième trimestre, une stagnation au troisième et une croissance de 1,2 % au quatrième.

La résilience plus forte que prévue de l’économie russe a la baisse du prix des hydrocarbures et la hausse des prix du pétrole qui frôle les 50 dollars ont sans doute contribué à cette nouvelle dynamique.

L’économie russe entame-t-elle une timide mais réelle sortie de crise ?


Alexandre Stefanesco,

Directeur @ Atsal RH.

Vladimir Poutine a rencontré la communauté d’affaires franco-russe

Mercredi 25 mai, les entreprises françaises membres du Conseil économique de la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe (CCI France Russie) ont rencontré le président russe Vladimir Poutine, au Kremlin, à Moscou. Cette entrevue, une première dans l’histoire de la communauté d’affaires franco-russe, a été rendue possible grâce à la participation personnelle des co-présidents du Conseil économique, Guennadi Timtchenko, actionnaire majoritaire de Volga Group, et Patrick Pouyanné, président directeur général de Total.

Rencontre entre le président Vladimir Poutine et le Conseil économique de la CCI France Russie. Crédits : kremlin.ru

Rencontre entre le président Vladimir Poutine et le Conseil économique de la CCI France Russie, le 25 mai. Crédits : kremlin.ru

« Cette rencontre entre le président Poutine et les membres français du Conseil économique de la CCI France Russie est une première extrêmement positive : les échanges ont été directs, francs et très prometteurs quant au développement des investissements français en Russie. Elle traduit l’engagement des entreprises françaises au service de la Russie », a assuré Patrick Pouyanné.

Les discussions ont porté sur les projets actuels des entreprises françaises en Russie, les conséquences de la politique extérieure et de la récession économique russes sur leurs affaires, ainsi que sur les futures décisions des autorités de Russie pouvant influer de manière positive sur le flux des investissements français en Russie et sur le développement des projets franco-russes.

La communauté d’affaires française était représentée par Patrick Pouyanné, Emmanuel Babeau, directeur général délégué en charge des finances et des affaires juridiques de Schneider Electric, Patrice Caine, président directeur général de Thales, Claude Imauven, directeur général exécutif de Saint-Gobain, Véronique Laury, directrice générale de Castorama-Kingfisher, Vianney Mulliez, président du conseil d’administration d’Auchan, Franck Riboud, président du conseil d’administration de Danone, Alexandre Ricard, président directeur général de Pernod Ricard, Yves-Thibault de Silguy, vice-président administrateur référent du conseil d’administration de Vinci et vice-président du MEDEF, Emmanuel Quidet, président de la CCI France Russie, et Pavel Chinsky, directeur général de la CCI France Russie.

Pour ce dernier, ce format de rencontre « direct avec le chef de l’État » est très utile aux investisseurs français. « L’échange de vive voix est extrêmement important, en cela les Français et les Russes sont semblables. Toutes les sociétés présentes ont profité de cette opportunité unique pour poser leurs questions et, chose importante, elles ont toutes obtenu des réponses. La façon dont s’est déroulé l’événement nous permet d’affirmer que ce fut un succès et nous espérons vivement que ces rencontres se poursuivront de manière régulière », a indiqué Pavel Chinsky.

Emmanuel Quidet, président de la CCI France Russie, a pour sa part relevé un signal fort envoyé à l’adresse de Moscou. « Cela montre la volonté de la France, premier investisseur en 2014 et 2015 en Russie, de continuer à investir dans ce pays », a-t-il déclaré au Courrier de Russie.

Côté russe, Vladimir Poutine a tenu à saluer la loyauté des compagnies françaises qui n’ont pas quitté le marché russe malgré les difficultés économiques actuelles, qui ont engendré une diminution de 36 % du commerce entre la France et la Russie en 2015. « Aucune des quelque 500 entreprises françaises présentes en Russie n’a quitté le pays. Les investissements français en Russie ont même continué à croître à un rythme soutenu pour atteindre plus d’un milliard d’euros l’année passée. Cela s’explique en partie par leur volonté de conserver leurs places sur notre marché, notamment dans l’agriculture avec plusieurs centaines de millions d’euros investis dans la production de fromages », a souligné le président.

Le chef d’Etat russe a d’ailleurs ajouté que Moscou ferait tout « pour créer les conditions nécessaires aux investissements mutuels ».

Guennadi Timtchenko, co-président du Conseil économique de la CCI France Russie, a lui rappelé l’importance des relations franco-russes dans l’histoire des deux pays. « La France reste notre partenaire stratégique le plus important. Depuis toujours, les relations entre nos deux pays sont fondées sur la confiance et le respect mutuel, notre partenariat repose sur une base solide et s’inscrit sur le long terme », a-t-il précisé.

Créé en 2010 lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, le Conseil économique de la CCI France Russie rassemble 20 dirigeants de grandes entreprises françaises et russes ainsi que les représentants des principales organisations patronales des deux pays.


Article paru le 25 mai 2016 dans LE COURRIER DE RUSSIE

http://www.lecourrierderussie.com/economie/2016/05/poutine-communaute-affaires-franco-russe/

Bank of America prédit une nette amélioration du bien-être des Russes

D'ici 2020, le nombre de Russes ayant un revenu disponible supérieur à 1.000 dollars (environ 887 euros) augmentera de 70%, prédit un rapport publié par Bank of America Merrill Lynch.

La récession économique survenue ces deux dernières années en Russie n'a pas entravé la formation d'une classe de personnes relativement aisées, constate Vladimir Osakovsky, économiste chef de Bank of America Merrill Lynch chargé de la Russie et de la Communauté des Etats indépendants (CEI).

"En 2014, le nombre de Russes gagnant plus de 60.000 roubles (environ 814 euros) par mois a augmenté de 24%, et nous nous attendons à une nouvelle augmentation  de 19% en 2016", lit-on dans le rapport intitulé Passing through the trough (En traversant l'abîme).

Selon le document, en 2015, le nombre de Russes relativement aisés s'est accru de 45% par rapport à 2013, année d'avant la crise, et il pourrait doubler d'ici 2020, atteignant 30 millions de personnes.

L'agence Bloomberg estime pour sa part que la Russie subit une grande mutation économique qui se traduit par le ralentissement de l'inflation annuelle et la croissance du secteur agricole. En 2015, ce dernier s'est développé au rythme de 4,4% conséquemment à l'embargo sur des exportations alimentaires américaines et européennes. Le climat d'investissement s'est également amélioré.

 

Le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, estime que l'économie s'est adaptée à la conjoncture mondiale. Selon lui, cette adaptation tient, entre autres, au taux de change flottant du rouble et au soutien apporté par l'Etat aux secteurs clés de l'économie.

Article paru le 19 Mai 2016 dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/russie/201605191025143030-amelioration-bien-etre-russie-economie/


10.000 feux d'artifice dans le ciel de Moscou

10.000 projectiles ont été lancés le soir du 9 mai à Moscou à l’occasion du feu d'artifice de dix minutes consacré au 71e anniversaire de la Victoire sur l'Allemagne nazie.

Les bombes spéciales ont généré des boules de feu de 300 m de diamètre.

72 rampes de lancement et 18 canons d'artillerie ont tiré 30 salves depuis 16 points de tir aménagés dans tous les arrondissements de la capitale russe en stricte conformité aux normes de sécurité.

Chaque rampe de lancement comprenait six modules dont le calibre variait entre 105 et 310 mm.

Les Monts des Moineaux et le Mont Poklonnaïa, où se trouve le Musée de la Grande guerre patriotique de 1941-1945, ont hébergé les points de tir principaux. Des canons de 76 mm ZIS-3 de 1942 installés sur les Monts des Moineaux ont effectué une salve pendant le feu d'artifice.

Un spectacle aux couleurs de l'arc-en-ciel a été préparé par la 449e division autonome des artificiers chargée des feux d'artifice à Moscou depuis 40 ans. 

La tradition de célébrer les victoires importantes de l'Armée rouge par des feux d'artifice remonte à 1943. Le premier feu d'artifice soviétique de la Seconde guerre mondiale a eu lieu le 5 août 1943 à l'occasion de la libération des villes d'Orel et de Belgorod. Tous les feux d'artifice de l'époque ont eu lieu à Moscou sauf celui du 27 janvier 1944, qui s'est déroulé à Leningrad à l'occasion de la levée totale du blocus de la ville. 

Au total, 355 feux d'artifice ont eu lieu pendant la Grande guerre patriotique de 1941-1945 en URSS.


Voir l'image sur Twitter
 

​Le 9 mai 1945, 1.000 canons ont effectué 30 salves à Moscou à l'occasion de la Victoire sur l'Allemagne nazie. Eclairés par 160 projecteurs, de nombreux aérostats ont lancé 20.000 fusées de couleurs différentes.  


Article paru le 10 Mai 2016 dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/russie/201605091024851044-feu-artifice-moscou-jour-de-la-victoire/

Parcs industriels en Russie : l’expérience mondiale dans le contexte des réalités russes

D’ici 2020, au moins 49 nouveaux parcs industriels devraient être créés en Russie.

Les parcs industriels sont un phénomène nouveau pour la Russie. Ils y sont arrivés au cours de la première décennie du XXIe siècle. Si le processus ne concernait encore que huit régions du pays en 2006, des parcs industriels sont aujourd’hui installés dans plus de 40 sujets de la Fédération. Tour d’horizon de L’économika.

Projet du parc industriel Ozery dans la région de Moscou. Crédits : ozpark.ru

Projet du parc industriel Ozery dans la région de Moscou. Crédits : ozpark.ru


Un long départ

Le parc industriel est un mécanisme de soutien au business par deux régulateurs : l’entreprise gestionnaire et l’État. La première se charge de résoudre les difficultés techniques et juridiques liées à l’installation des entreprises, et le deuxième, de leur proposer des subventions et des avantages fiscaux. Si le phénomène des parcs industriels est nouveau pour la Russie, le premier parc de ce type est apparu en Grande-Bretagne dès le XIXe siècle et continue de fonctionner. Les parcs industriels ont atteint le pic de leur développement dans les années 1960. C’est à cette époque que le terme s’est installé durablement dans la conscience collective. La Russie, et avant elle l’URSS, est restée à l’écart de ce phénomène. À l’époque des tsars, les industriels construisaient leurs sites de façon indépendante, sur des terres leur appartenant. Même si la Russie du XIXe siècle possédait tout de même des zones industrielles, rassemblant plusieurs entreprises industrielles en un même lieu. Mais entre 1917 et 1991, l’abolition de la propriété privée et le caractère administratif de la gestion ont rendu le système des parcs industriels superflu.

L’entreprise gestionnaire comme médiateur

Après l’effondrement de l’URSS, on a vu apparaître sur le marché, notamment celui de la production, des acteurs indépendants qui n’étaient pas soutenus par les ministères ; et des gens qui n’en avaient jamais entendu parler par le passé ont dû faire face à toutes les difficultés techniques et juridiques liées au lancement de nouvelles capacités de production. C’est ainsi que s’est imposée la nécessité de la présence d’une entreprise gestionnaire capable, sur une zone industrielle, de se positionner en médiateur, et de la création même de parcs industriels, phénomène que l’État inclut, depuis 2014, dans le processus de régulation.

Aujourd’hui, le fonctionnement des parcs industriels en Russie suppose l’interaction d’au moins deux parties : l’entreprise gestionnaire et le (ou les) résident(s). Généralement, on trouve aussi un troisième participant : l’investisseur. Sachant que ce rôle est souvent assumé par l’un ou l’autre des deux premiers acteurs. Si la nécessité d’un investisseur est indubitable, le rôle de l’entreprise gestionnaire peut ne pas sembler évident à première vue.

L’entreprise gestionnaire prend la responsabilité des aspects juridiques et techniques du projet à l’étape de l’adaptation du territoire naturel pour une utilisation industrielle. Le rôle de l’entreprise gestionnaire, de l’avis de Leonid Limonov, professeur à l’université nationale de recherche de l’École des hautes études en sciences économiques de Moscou, est particulièrement important dans le contexte russe. « Il est essentiel, pour l’entreprise, d’avoir accès aux infrastructures et aux capacités énergétiques : électricité, eau, chauffage, etc. Et très souvent, pour avoir l’autorisation de s’y raccorder, il faut payer un argent fou ou construire tel ou tel équipement supplémentaire, parce que ces capacités énergétiques manquent », précise-t-il.

Quels privilèges pour qui ?

Le statut de résident de parc industriel suppose aussi, partiellement, des avantages fiscaux, proposés par l’État. Mais ces conditions varient en fonction des parcs. L’éventail de ces privilèges dépend majoritairement de la région d’installation du parc industriel. Elena Korotkova, analyste senior à l’école de gestion de Skolkovo, divise les subventions étatiques destinées à soutenir le développement des parcs industriels en deux types. Il y a les subventions aux organisations, destinées aux entreprises gestionnaires, et les subventions pour la création de l’infrastructure.

En outre, chaque région peut créer son propre système de promotion et de stimulation destiné à ces sites. La législation sur les parcs industriels de la région de Saint-Pétersbourg, par exemple, suppose un soutien sous forme d’une réduction de l’impôt sur la propriété des résidents et sur la location pour l’utilisation du terrain, ainsi qu’une baisse de l’impôt sur les bénéfices.

Les parcs dans toute leur diversité

Parc industriel à Naberejnye Tchelny

Parc industriel à Naberejnye Tchelny

Du fait de tous ces avantages, les parcs industriels sont parfois identifiés aux zones économiques spéciales ou aux territoires de développement socio-économique anticipé (TOSER). Pourtant, ces concepts sont un peu plus larges. La loi sur les TOSER suppose qu’un tel territoire peut accueillir un parc industriel. Ainsi, parcs industriels et TOSER sont des concepts différents, mais qui peuvent se croiser.

À l’heure actuelle, selon le rapport Revue des parcs industriels de Russie 2015, établi par l’Association des parcs industriels (API), le pays recense 120 parcs industriels actifs et en cours de création, installés dans 42 sujets de la Fédération. Parmi eux, 65 relèvent de la propriété privée, et 55 appartiennent à l’État. L’écrasante majorité des parcs se trouvent dans les districts fédéraux central (51 sites), du Primorié (28) et du nord-ouest (20).

Le principe de division des espaces d’investissements est le partage entre les territoires greenfield etbrownfield. Des premiers relèvent les parcs industriels créés ex nihilo (87 en Russie), alors que les seconds sont des zones industrielles réorganisées, majoritairement héritées de l’industrie soviétique. Les bilans de l’année 2015 faisaient état de 33 parcs de type brownfield en Russie.

Concernant les résidents des parcs industriels, l’API fixait leur nombre en 2015, malgré la crise économique, à 1 674 compagnies par rapport à 1 153 l’année précédente, soit une augmentation de près d’une fois et demie. Parmi elles, les entreprises industrielles sont deux fois plus nombreuses que les représentantes de la sphère des services. Sachant que les leaders incontestés de l’occupation des parcs industriels sont les entreprises de l’industrie pharmaceutique et les constructeurs automobiles.

L’influence de la crise

Pour autant, les changements économiques survenus en Russie se sont fait sentir aussi dans les parcs industriels. Selon les experts, la menace principale pour les parcs, dans les conditions actuelles, est liée à la raréfaction des investisseurs, notamment étrangers, qui craignent désormais de venir en Russie pour des raisons géopolitiques. En 2015, les parcs industriels étaient remplis à exactement 50 %, contre 53 % en 2014.

Sachant que la croissance de la superficie totale des parcs industriels, sur cette période, approchait les 20 %. Pour autant, les experts sont optimistes quant à l’avenir du développement des parcs industriels en Russie. « Au moins, le processus de formation des parcs industriels suit son cours, ce dont témoigne jusqu’au nombre d’espaces publicitaires officiellement occupés sur les sites des corporations de développement des régions », estime Elena Korotkova.

En février de cette année, le ministre de l’industrie et du commerce, Denis Mantourov, a lui aussi annoncé la création de nouveaux parcs industriels. Il a déclaré que d’ici 2020, au moins 49 nouveaux parcs industriels devraient être créés en Russie. Pourtant, souligne Elena Korotkova, si la création de nouveaux parcs se poursuit dans le pays, c’est, pour l’heure, principalement sur le papier, précisément à cause de la crise.


Article paru le 2 Mai 2016 dans Le Courrier de Russie

http://www.lecourrierderussie.com/economie/2016/05/parcs-industriels-russie/


Donbass : des tirs d’artillerie font quatre morts près de Donetsk

Les accords de Minsk ne sont plus, aujourd’hui, un outil permettant de réguler le conflit du Donbass

Le 27 avril, aux alentours de 3h du matin, quatre civils, dont une femme enceinte, ont perdu la vie dans des tirs d’artillerie sur un poste de contrôle à Elenovka, à 23 km au sud-ouest de Donetsk et près de 4 km à l’est de la zone contrôlée par les forces armées ukrainiennes.

Elenovka, région de Donetsk. Crédits : TASS

Poste de contrôle d’Elenovka, dans la région de Donetsk, après des tirs d’artillerie, le 27 avril 2016. Crédits : TASS

« Deux corps d’hommes étaient allongés près d’une voiture, qui était retournée et brisée en deux. Dans une autre voiture, à la place du conducteur, gisait le corps d’un homme avec une fracture à la tête. La femme a probablement perdu la vie à cause d’un fragment de verre reçu dans le visage », indique un rapport de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), publié sur le site de l’organisation.

Les observateurs de l’OSCE précisent que les tirs « provenaient de la direction ouest-sud-ouest » et que, selon leurs estimations préliminaires, « le calibre utilisé était au moins égal à 122 mm ». Le document ne fait néanmoins pas de suppositions sur qui peut être à l’origine des tirs.

Le commandant adjoint du ministère de la défense de la république populaire de Donetsk, Edouard Bassourin, a affirmé que les tirs provenaient d’une position ukrainienne située dans la zone du village Slavnoe, à 4 km à l’ouest d’Elenovka.

« Nous connaissons les noms des organisateurs et de plusieurs exécutants. Notre service de renseignement récolte actuellement des informations sur tous ceux qui ont pris part à ce crime », a affirmé Bassourin, cité parRia Novosti. Le commandant dresse un bilan de six morts et une dizaine de blessés.

Le chef de la république populaire de Donetsk, Alexandre Zakhartchenko, a pour sa part qualifié l’événement de « crime contre l’humanité », rapporte encore Ria Novosti.

« Ils [Kiev] veulent tout régler par la force. Les accords de Minsk ne sont plus, aujourd’hui, un outil permettant de réguler le conflit du Donbass », a annoncé Alexandre Zakhartchenko.

Côté ukrainien, Alexander Motuzyanik, le représentant de l’administration présidentielle chargé de l’ « opération antiterroriste » [ATO, campagne anti-séparatiste, ndlr], a assuré que les forces armées nationales n’avaient pas tiré sur Elenovka. « Les combattants séparatistes tentent d’induire les Ukrainiens et les représentants de l’OSCE en erreur », a-t-il affirmé, cité par l’agence de presse ukrainienne Unian.net.

Le responsable ukrainien a ajouté que, selon des informations préliminaires en cours de vérification, les « terroristes » auraient effectué des tirs au petit calibre dans cette région, auxquels les militaires ukrainiens n’auraient pas riposté, poursuit l’agence.

Vitaly Leïbine, rédacteur en chef de la revue Rousski Reporter, qui se trouvait le jour même à un poste de contrôle à près de 10 km au nord de Elenovka, a déclaré au Courrier de Russie que, selon lui, les tirs provenaient du côté ukrainien.

« Les victimes étaient venues en voiture faire la queue la nuit pour être les premiers à passer de la zone des insurgés à celle contrôlée par les autorités ukrainiennes. Le poste de contrôle ouvre à 6h du matin. Des collègues journalistes se sont rendus sur place et j’ai vu leurs photographies : pour moi, il est clair que les tirs provenaient du côté ukrainien », a affirmé Vitaly Leïbine.

Pour le journaliste, cet acte est soit motivé par une décision personnelle, à l’encontre des ordres de Kiev, d’un groupe armé isolé, soit relève d’une provocation délibérée des autorités ukrainiennes.

« Les cas de militaires lançant des tirs de leur propre gré, à l’encontre des ordres de cessez-le-feu, sont fréquents en ce moment. Et l’Ukraine a un intérêt particulier à en accuser les séparatistes, vu qu’elle est actuellement incapable de remplir ses obligations vis-à-vis des accords de Minsk », a-t-il expliqué.

L’incident s’est en effet produit en marge de la visite en Ukraine de Victoria Nuland, secrétaire d’État assistante pour l’Europe et l’Eurasie, qui a notamment exigé que Kiev respecte les conditions des accords de paix.

« Concernant la question de la sécurité et de la paix en Ukraine, nous confirmons l’engagement du président Barack Obama de continuer à soutenir le respect intégral des accords de Minsk », a annoncé Mme Nuland.

Rappelons que dans le cadre des accords de Minsk, que Kiev s’est engagée à respecter en février 2015, l’Ukraine doit modifier sa constitution en y introduisant un « statut spécial » pour les républiques de Donetsk et de Lougansk, organiser dans ces républiques des élections dans les plus brefs délais et amnistier les combattants séparatistes. Le pouvoir ukrainien n’a, pour l’instant, tenu aucune de ces promesses.


Article paru le 29 avril 2016 dans Le Courrier de Russie

http://www.lecourrierderussie.com/international/2016/04/donbass-tirs-quatre-civils-morts-donetsk/

L’Assemblée nationale française se prononce pour la fin des sanctions contre la Russie

C’est la première fois que le Parlement français se prononce sur le non renouvellement des sanctions économiques à l’égard de la Russie.

Jeudi 28 avril, l’Assemblée nationale française a adopté une résolution sur la levée des sanctions économiques imposées à la Russie, contre l’avis du gouvernement.

Assemblée nationale française. Crédits : Wikimedia

Assemblée nationale française. Crédits : Wikimedia

Le projet de résolution, proposé par le député Les Républicains des Français de l’étranger Thierry Mariani, insiste sur l’impact « dangereux » des sanctions sur l’économie française, notamment marqué par une baisse de 12,1 % en 2015 des exportations françaises vers la Russie, une amplification « puissance 10 » de la crise du porc en France et l’annulation du contrat des Mistral.

Le document évoque également, comme dernier argument en faveur de la levée des sanctions, un « objectif commun » entre la Russie et la France : la lutte contre le terrorisme. « On ne peut demander à la Russie d’être partenaire dans le combat contre Daech et en même temps réclamer des sanctions à son encontre », écrivent les députés.

Le texte a été adopté par 55 voix pour contre 44 et deux abstentions. Les partisans de la résolution sont principalement les députés du parti Les Républicains (45 voix), à l’origine du projet, rejoints par une poignée de députés du parti socialiste, du groupe centriste UDI, du Front de gauche et du Front national. Le « Non » a été pour sa part soutenu par le PS (40 voix) et le groupe écologiste. A noter que seuls 101 députés sur 577 était présents lors du vote.

Qualifié de « surprise » par la presse française, le résultat du vote, qui ne jouit que d’une valeur symbolique, ne surprend guère Thierry Mariani, qui voit dans ce scrutin le reflet d’une opinion largement répandue dans la classe politique française. « Il existe cette fausse opinion rampante qui voudrait que tout le monde soit pour les sanctions et contre la Russie, alors que personne n’avait jamais posé la question au Parlement. Et quand on lui demande, on se rend compte qu’il estime que ces sanctions ne servent à rien, au grand dam des médias français qui s’attendaient à un vote négatif massif », a expliqué au Courrier de Russie le député.

Aucune « surprise » non plus côté participation, continue M.Mariani, démentant les arguments selon lesquels le faible nombre de députés présents a joué en la faveur des Républicains. « Premièrement, l’audience était habituelle pour un jeudi matin. Deuxièmement, cette séance était annoncée depuis un mois. Et troisièmement, il y a ceux qui ont voté avec les mains et ceux qui ont voté avec les pieds. J’entends par là de nombreux députés socialistes qui ont préféré ne pas venir pour ne pas afficher leur soutien publiquement risquant de froisser une partie de leurs électeurs », indique-t-il.

Enfin, Thierry Mariani espère que le Sénat suivra le vote de l’Assemblée et que cette résolution remontera jusqu’au chef de l’État. « La France passe son temps à parler de liberté de pensée et j’attends du gouvernement qu’il écoute le choix du Parlement », conclut le député.

L'intervention de Thierry Mariani à l'assemblée : https://youtu.be/3ldSOjxkkgk


Article publié le 29 Avril 2016 dans Le Courrier de Russie

http://www.lecourrierderussie.com/international/2016/04/assemblee-nationale-francaise-sanctions-russie/

Manuel Valls pose ses conditions à la signature du TTIP

L'UE mène des négociations sur le Traité TTIP depuis juillet 2013. Objectif ultime: la création de la plus grande zone de libre-échange au monde qui régira les transactions d'un marché de plus de 820 millions d'habitants.

La signature de l'accord de Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP) entre les Etats-Unis et l'Union européenne sera impossible si cet accord ne garantit pas la préservation des standards sanitaires et environnementaux observés en France, selon le premier ministre français Manuel Valls.

"Je veux être très clair (…) Il ne pourra pas aboutir s'il n'apporte pas les garanties que le niveau d'exigence que nous avons en France pour la santé et l'environnement de nos concitoyens sera maintenu", cite l'agence France Presse reprenant les propos du chef du gouvernement français.

"Et aujourd'hui nous sommes trop loin du compte pour envisager un accord", a-t-il ajouté.

En début de matinée, le secrétaire d'État français chargé du commerce extérieur Matthias Fekl, avait lui aussi déclaré qu'il était peu probable que le Traité du partenariat transatlantique (TTIP) soit signé en 2016. "C'est plutôt le contraire, les perspectives de la signature du traité s'éloignent", a-t-il ajouté.

L'UE mène des négociations sur le Traité TTIP depuis juillet 2013.Outre les Etats-Unis et l'UE, le projet comprendra le Canada, le Mexique, la Suisse, le Liechtenstein, la Norvège et l'Islande ainsi que les pays candidats à l'adhésion à l'UE.

Les opposants au TTIP estiment qu'il ne reflète que la position des multinationales intéressées par une réduction des contrôles et un affaiblissement des mesures de régulation économique en Europe. Une coalition d'ONG et de partis politiques européens dénonce l'opacité qui entoure l'accord sur le TTIP. Il est effectivement discuté dans le plus grand secret, loin des médias et des citoyens.


Article paru le 26 Avril 2016 dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/international/201604261024551788-valls-ttip-conditions/


Levée des sanctions antirusses: l'Assemblée nationale votera le 28 avril

Le vote surviendra sur fond de critiques à l'égard de ces mesures, qui se sont avérées nuisibles pour l’économie des deux pays.

Le 28 avril, l'Assemblée nationale évoquera le projet de résolution N°3585 sur la levée des sanctions imposées à la Russie, a déclaré le parlementaire français François Rochebloine dans une interview accordée à l'agence Rossiya Segodnya.

"Le 28 avril, le premier vote au sujet de la levée des sanctions contre la Russie aura lieu à l'Assemblée nationale", a déclaré le parlementaire. 

L'Assemblée devrait statuer sur le projet de résolution concernant les sanctions économiques imposées par l'Union européenne contre Moscou, les sanctions contre les parlementaires russes, ainsi qu'envers l'ouverture de négociations bilatérales France-Russie visant à lever l'embargo sanitaire. Dans l'éventualité où les parlementaires français s'exprimeraient en faveur de la levée des sanctions, l'Assemblée invitera le gouvernement à se pencher sur la réalisation de cette tâche.

"Ces sanctions — contraires aux intérêts fondamentaux des relations franco-russes — décidées par l’Union européenne, et fortement encouragées par les États-Unis, n’ont d’effet que de détériorer les relations économiques qui lient la France et la Russie", indique la proposition initiée par les Républicains.

Les relations entre les deux pays se sont considérablement détériorées sur fond de crise en Ukraine, tout particulièrement après le rattachement de la Crimée à la Russie survenu à l'issue d'un référendum en mars 2014. 

 

Les pays de l'Union européenne ont d'abord introduit des mesures restrictives contre des personnes physiques, en vigueur jusqu'au 15 septembre 2016. Par la suite, des mesures restrictives sectorielles valables jusqu'au 31 juillet ont été imposées, ainsi que des sanctions contre la péninsule de Crimée, valides jusqu'au 23 juin. 

En réponse, la Russie a interdit les importations de produits alimentaires provenant des pays ayant imposé les sanctions.   

Plusieurs politiciens et entrepreneurs français prônent la levée de ces sanctions qui se sont avérées peu efficaces et nuisibles tant pour l'économie russe que pour celle de la France. 


Article paru le 21 Avril 2016 dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/france/201604211024421240-france-russie-sanctions-vote/


Paris résolu à développer les relations économiques avec la Russie

Les chefs des diplomaties russe et française, Sergueï Lavrov et Jean-Marc Ayrault se sont entretenus ce mardi 19 avril à Moscou afin de passer en revue les relations bilatérales ainsi qu'évoquer un large éventail de questions d'ordre international.

Les relations entre la France et la Russie se développent intensivement en dépit des difficultés observées dans le domaine international, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault à l'issue d'un entretien avec son homologue russe, Sergueï Lavrov.

"Au cours de la rencontre, nous avons constaté que les relations économiques bilatérales restaient intenses. Beaucoup de compagnies françaises fonctionnent en Russie et aucune n'a quitté le marché russe", a déclaré le ministre français dont les propos ont été retraduits du russe.

 

Vladimir Poutine et Jean-Marc Ayrault
© SPUTNIK. MIKHAIL KLIMENTIEV

Les deux pays poursuivent leur coopération dans le domaine des transports, de l'espace, de l'aéronautique et de l'énergie. En outre des échanges sont effectués au niveau académique, dans le domaine de la recherche et celui culturel, a précisé le chef de la diplomatie française.

 

En même temps, même si nos relations bilatérales poursuivent leur développement, elles sont loin de leur potentiel réel, a souligné le ministre, ajoutant que de meilleurs résultats pourraient être atteints. "Ces relations sont freinées par les sanctions économiques européennes et par la crise en Ukraine", a fait savoir Jean-Marc Ayrault.

L'Ukraine et les accords de Minsk

L'Europe et la Russie attendent que Kiev remplisse tous les engagements dans le cadre des accords de Minsk, ont fait savoir les ministres. Ainsi, le chef de la diplomatie française a déclaré que les autorités ukrainiennes devaient tenir les engagements assumés et mettre en place des réformes, notamment introduire des amendements à la Constitution relatifs au statut particulier du Donbass et adopter l'amendement définitif sur les élections dans cette région. Il a en outre espéré que des progrès dans ce sens seraient atteints d'ici à la fin du premier semestre de l'année en cours.

 

Le chef de la diplomatie russe a de son côté ajouté qu'il s'attendait à ce que le nouveau gouvernement ukrainien soit plus actif dans l'application des accords de Minsk.

"Apparemment, il n'existe pas de contradictions infranchissables entre le président ukrainien et le gouvernement du pays à ce sujet", a dit M. Lavrov pour qui un dialogue direct entre Kiev et le Donbass est une des conditions sine qua non à l'application des accords de Minsk.

Le Proche-Orient et le dossier syrien

Selon M. Ayrault, la situation en Syrie reste fragile et tout doit être fait pour que le processus politique soit relancé. Il a exprimé sa préoccupation face à la violation du régime de cessez-le-feu en Syrie et a souligné que tout devait être fait pour que le processus politique soit relancé.

Le ministre français a estimé que la Russie y avait joué un rôle clé et qu'elle pouvait contribuer à la mise en place d'une véritable période de transition dans ce pays proche-oriental.

 

De son côté, M. Lavrov a rappelé qu'il existait des liens historiques profonds entre la France et la Syrie et a espéré que Paris contribuerait à la préservation de l'intégrité territoriale de l'Etat syrien où les intérêts de toutes les minorités ethniques seraient pris en compte.

 

"Monsieur Ayrault vient de dire que la Russie a des liens historiques avec Damas. J'ose préciser que les liens historiques entre la France (et la Syrie, ndlr) ne sont pas moins profonds", a rappelé le ministre russe, avant de préciser que la structure de l'Etat syrien dans sa forme actuelle avait été formée sous le mandat français.

 

En évoquant les négociations de Genève, M. Lavrov a rappelé qu'"aucun groupe d'opposition pris à part n'avait le droit de représenter à lui seul les opposants au régime de Damas".

 

Les ministres ont en outre évoqué la situation en Libye et en Irak. Le chef de la diplomatie russe a pointé la nécessité "que les acteurs extérieurs contribuent à ce que toutes les parties dans chacun de ces pays progressent vers une trêve nationale et vers un accord national et consolident leurs efforts dans la lutte contre le terrorisme".

La lutte contre le terrorisme

S'exprimant au sujet du terrorisme, M. Lavrov a fait remarquer que la France et la Russie avaient convenu de reprendre l'activité du groupe de travail sur la lutte contre les nouveaux défis.

"Nous continuerons à coordonner les activités sur le volet antiterroriste, y compris dans le cadre du Conseil de sécurité de l'Onu et au niveau bilatéral", a déclaré le ministre avant d'ajouter que les parties étaient parvenues à un accord de principe consistant à " reprendre l'activité du groupe de travail sur la lutte contre les nouveaux défis".


Article paru le 20 Avril 2016 dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/international/201604191024382960-france-russie-relations/

Relève de la garde: le Kremlin lance la saison des cérémonies

Samedi, la première cérémonie de relève de la garde de l'année 2016 a eu lieu au Kremlin. Elle coïncide avec le 80ème anniversaire du Régiment présidentiel.

La cérémonie de relève de la garde se tient chaque année au Kremlin de début avril à fin octobre depuis déjà neuf ans. Samedi, c'était la 12ème rentrée de la cérémonie de relève de la garde, à laquelle le Régiment présidentiel s'était préparé pendant trois mois et demi. Un escadron de la garde spéciale et une escorte d'honneur du Régiment présidentiel ont pris part à la cérémonie.

Le Régiment présidentiel du Kremlin a le statut de service de renseignement. Il fait partie du Service fédéral de protection (FSO) et est soumis directement au président de la Fédération de Russie. Il y a 80 ans, le 8 avril 1936, le Régiment spécial du Kremlin a été fondé à Moscou. Actuellement, il assure la protection du Kremlin, la résidence du président de la Russie.

La cérémonie de relève de la garde
© SPUTNIK. VLADIMIR ASTAPKOVICH
La cérémonie de relève de la garde

La cérémonie de relève de la garde du Régiment présidentiel a été approuvée en automne 2014. Elle reflète des traditions militaires centenaires et unit les plus beaux éléments des rituels militaires. Lors de la cérémonie, le régiment exécute une série de mouvements du rang ainsi qu'un "carrousel des chevaux".

La tradition de la relève de la garde existe en Russie depuis le XVe siècle. Ses règles ont été enregistrées dans le premier acte constitutionnel russe Oulojénié instauré en 1649.

La cérémonie de relève de la garde
© SPUTNIK. VLADIMIR ASTAPKOVICH
La cérémonie de relève de la garde

Le Régiment présidentiel prendra part au festival Spasskaya bachnya (Tour Spasskaya) qui se tiendra à Moscou du 27 août au 4 septembre. Les gardes d'honneur des autres pays salueront le Régiment présidentiel à Moscou.


Article paru le 16 Avril 2016 dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/russie/201604161024302972-releve-garde-kremlin/


Stratégie IT en temps de crise

La crise économique russe a contraint de nombreuses entreprises à revoir leur stratégie IT et à réfléchir à la manière d’optimiser leurs dépenses. Des experts ont confié à l’Ekonomika du Courrier de Russie en quoi consiste cette nouvelle approche.

Économies et innovations

Selon Iouri Larine, directeur Russie et CEI de l’entreprise Arkadin, deux tendances s’observent depuis un an dans la stratégie IT des entreprises : la réduction des dépenses et la transformation de l’IT « de cœur des dépenses en atout précieux de l’entreprise ». « Il est évident que la stratégie IT vise pour l’entreprise à atteindre ses objectifs encore plus rapidement et à moindres frais qu’auparavant », explique-t-il.

Les représentants d’une série d’entreprises reconnaissent déjà suivre ces nouvelles tendances. « Compte tenu des derniers changements économiques, nous avons dû adapter notre stratégie IT aux nouvelles exigences. Plus précisément, nous prévoyons de passer plus largement aux technologies cloud et mobiles ainsi que de centraliser nos services pour diminuer le coût de possession des ressources IT », commente pour L’Économika Vladimir Kliouchkine, directeur IT de BNP Paribas.

Comme l’explique Dmitri Bitkov, architecte en systèmes d’information chez Schneider Group, en période de crise, les entreprises cherchent à diminuer les dépenses de possession de l’infrastructure IT. « Les technologies cloud et mobiles jouent un rôle crucial. Ces services peuvent en effet et réduire significativement les frais liés à l’IT », souligne le directeur de Schneider Group, Thomas Titsch.

D’après celui-ci, lorsqu’elle élabore une nouvelle stratégie IT, une société doit se poser deux questions : les dépenses pour la gestion de l’infrastructure ne sont-elles pas trop élevées et faut-il optimiser le processus de réception et de diffusion de l’information ? « La réponse à la première question montre s’il est nécessaire d’introduire des technologies cloud, celle à la seconde – s’il est nécessaire d’utiliser des solutions mobiles », explique le directeur de Schneider Group.

« En moyenne, la charge liée à l’infrastructure de l’entreprise augmente de 10 % chaque année, autrement dit les dépenses dans celle-ci font boule de neige », ajoute Dmitri Bitkov. De son côté, Thomas Titsch précise que les technologies cloud ne nécessitent pas autant d’investissements que les infrastructures et qu’à la différence de ces dernières, elles ne doivent pas être refinancées. « Les dépenses se limitent donc à la location d’un endroit où stocker les données », ajoute-t-il.

La mobilité comme une nécessité

La seconde tendance – l’introduction de solutions mobiles B2B – permet aux employés de travailler à distance depuis leurs propres appareils mobiles et de bénéficier d’un accès à leurs données professionnelles où qu’ils se trouvent. Toutefois, plusieurs éléments importants sont à prendre en compte.

En particulier, selon Alexandre Titov, directeur du développement des technologies B2B chez Samsung Mobile, les premières questions à se poser concernent la protection et l’ergonomie des applications.

Le représentant de Samsung souligne qu’il faut avant tout séparer sur le téléphone les données corporatives des données personnelles. De cette façon, les collaborateurs seront certains que la perte ou le vol éventuel de leur appareil n’entraînera pas une fuite des données confidentielles de l’entreprise. « Dans le cas contraire, les risques pour l’entreprise seraient colossaux : fuite des contacts, des messages importants, des informations sur les transactions à venir, etc. La sécurité des données est cruciale face au rétrécissement du marché et à la concurrence croissante qu’il entraîne », fait-il remarquer.

Pour prévenir de tels risques, Alexandre Titov insiste sur la nécessité de prévoir une fonction de gestion de l’accès aux informations confidentielles et de limitation de leur accès non autorisé.

BYOD ou CYOD ?

Une autre difficulté que peuvent rencontrer les entreprises est celle d’élaborer une solution mobile universelle adaptée aux appareils mobiles de l’ensemble du personnel. « Dans ce cas-ci, il est logique d’appliquer non pas le principe Bring your own device (BYOD) (Apporte ton appareil) mais Choose your own device (CYOD) (Choisis ton appareil), selon lequel les employés choisissent un des appareils testés par l’entreprise et garantissant une utilisation sans pannes des services corporatifs », estime Alexandre Titov.

Néanmoins, les spécialistes IT reconnaissent que la mise au point d’une solution mobile universelle adaptée à tous les types d’appareils peut s’avérer trop onéreuse. Dans le même temps, constate Vladimir Kliouchkine, l’introduction de technologies mobiles permet d’offrir aux clients internes et externes une gamme plus large de services. « C’est pourquoi il faut trouver un équilibre entre les investissements et la rentabilité », explique-t-il.

Alexandre Titov partage cet avis. D’après lui, la vie dans les villes modernes, avec leurs longues distances et leurs embouteillages, oblige une série de spécialistes à passer au télétravail. « Vous pouvez par exemple lire ou envoyer des messages quand vous êtes coincés dans les bouchons ou que vous êtes en route pour un rendez-vous », explique-t-il. À l’en croire, l’existence du télétravail fidélise le personnel et, par là même, permet de retenir les spécialistes qualifiés.

La concurrence, moteur du progrès

Toujours est-il que l’introduction de solutions mobiles ne trouve pas un écho dans toutes les sociétés russes. Selon Dmitri Bitkov, le niveau de « mobilité » des entreprises russes dépend souvent de leur secteur d’activité. « Par exemple, les entreprises logistiques et immobilières ont été parmi les premières à recourir aux solutions mobiles. En ce qui concerne le secteur bancaire et, en particulier, le secteur public, l’utilisation de ces solutions pose un grand nombre de difficultés administratives », fait-il observer.

D’après Thomas Titsch, la pression de la concurrence et l’existence d’un grand nombre d’acteurs sur le marché pèsent fortement sur la décision d’introduire ou non des solutions mobiles dans une entreprise. « Si vous évoluez dans un secteur très compétitif, par exemple la vente au détail, vous devez être au courant des dernières tendances et vous efforcer de les suivre. En revanche, si vous travaillez dans le secteur pétro-gazier, la concurrence est beaucoup plus faible », conclut-il.

Thomas Titsch conseille par conséquent aux entreprises évoluant dans un secteur très compétitif de suivre, dans leur stratégie IT, les dernières tendances car, dans le cas contStratégie IT en temps de criseraire, « elles ne seront plus concurrentielles sur le marché ».

Article paru le 14 avril dans Le Courrier de Russie

http://www.lecourrierderussie.com/economie/2016/04/strategie-it-temps-crise-russie/


La Francothèque, un centre culturel pour tous les francophones de Moscou

Le premier centre culturel de Russie regroupant tous les pays francophones ouvrira ses portes en juillet 2016 dans les locaux de la Bibliothèque des langues étrangères, à Moscou.

Crédits : Bibliothèque des langues étrangères de Moscou

Futur design de la Francothèque de Moscou. Crédits : Bibliothèque des langues étrangères de Moscou

Baptisé « Francothèque », le futur centre mettra à la disposition des visiteurs une large collection de livres et supports multimédias, permettant de découvrir la diversité culturelle des pays de la francophonie. Le centre accueillera également divers événements, clubs de discussions et conférences avec des intervenants francophones. « Ces rencontres permettront de créer un réel échange culturel entre les différents publics », a expliqué au Courrier de Russie Anastasia Dyatlovskaya, responsable du développement de la Bibliothèque des langues étrangères de Moscou.

La Bibliothèque des langues étrangères de Moscou compte regrouper un panel très large de pays. « Nous avons déjà des accords avec la France, la Suisse, le Canada et la Côte d’Ivoire. Nous sommes en contact avec d’autres pays francophones, notamment Madagascar, et comptons bien élargir cette liste », a ajouté Anastasia Dyatlovskaya.

La Francothèque est d’ailleurs un projet collectif, et son financement sera assumé par tous les participants, même s’il n’y a pas encore d’accord clair à ce sujet. « Nous pensons réaliser ce projet ensemble », explique ainsi Vadim Duda, le directeur général de la bibliothèque. Il précise que la bibliothèque prendra en charge une partie des dépenses, ses partenaires se chargeant du reste. « Sachant qu’il ne s’agit pas seulement de contributions financières. Nous parlons aussi d’apports de livres et de supports multimédias, ajoute le directeur. Nos collègues de l’Institut français de Russie sont prêts, par exemple, à nous offrir 7 000 livres. »

Crédits : Bibliothèque des langues étrangères de Moscou

Design de la Francothèque

Le projet de design du centre est déjà prêt, et les travaux d’aménagement doivent commencer début mai. La Francothèque possédera plusieurs espaces : un destiné à la lecture, un réservé aux événements, un espace pour enfants, un bureau de « co-working » et une salle de réunion et de travaux collectifs. L’agencement se distinguera notamment par des clôtures mobiles entre les zones, qui permettront de réaménager rapidement l’espace à l’occasion d’événements de grande ampleur.

L’idée de ce lieu est née d’une rencontre entre le ministre russe de la culture, Vladimir Medinski, et l’ambassadeur de France en Russie, Jean-Maurice Ripert, en janvier 2016. Le ministre russe avait alors proposé à M. Ripert d’entamer une collaboration avec la Bibliothèque des langues étrangères de Moscou. « Nos deux pays sont liés depuis des siècles, historiquement et culturellement. Et la coopération culturelle est une des sphères qui se développent le plus activement », avait notamment souligné Vladimir Medinski. C’est sur la base de cette proposition que la bibliothèque, l’ambassade de France et l’Institut français de Russie ont décidé d’ouvrir un centre englobant l’ensemble des francophones.


Article paru le 7 AVR 2016 dans LE COURRIER DE RUSSIE

http://www.lecourrierderussie.com/culture/2016/04/francotheque-centre-culturel-francophones-moscou/


La Russie revoit sa conception de la politique étrangère

Le nouveau concept devrait être fondé sur "la transition vers une architecture polycentrique des relations internationales".

Le ministère russe des Affaires étrangères est en train de réviser sa conception de la politique étrangère sur décision du président russe Vladimir Poutine, a annoncé samedi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

"Nous examinons une nouvelle version de cette conception sur l'ordre du président", a-t-il précisé lors de la réunion du Conseil de la politique de défense étrangère.

Selon le ministre, "la transition vers l'architecture polycentrique des relations internationales" doit être à la base d'une nouvelle version. Il ajoute que "cette transition doit être réalisée dans le cadre d'une interaction des centres de pouvoir principaux à des fins de résolution des problèmes mondiaux".

D'après M.Lavrov, la situation internationale reste pour le moment "mosaïque et contradictoire".

Une version précédente de la conception de la politique étrangère russe a été adoptée le 12 février 2013. Un décret sur l'élaboration d'une nouvelle conception a été signé par le président russe Vladimir Poutine le 7 mai 2012, le jour de son entrée en fonction. 

La conception de la politique étrangère russe comprend les principes fondamentaux, les directions prioritaires et les objectifs de la politique étrangère de la Fédération de Russie.

 

Fin décembre 2015, les autorités russes ont adopté une nouvelle stratégie de sécurité nationale, prenant en compte le coup d'Etat en Ukraine et l'apparition de l'organisation terroriste Etat islamique (EI ou Daech) qui est officiellement interdite en Russie.


Article paru le 9 Avril 2016 dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/russie/201604091024090187-russie-conception-lavrov-poutine/

Emmanuel Macron "En marche" vers l'Elysée?

Le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron a lancé son propre mouvement politique baptisé "En Marche", à treize mois de l'élection présidentielle.

"J'ai mis du temps, j'ai réfléchi, j'ai consulté, j'ai associé des gens et j'ai décidé qu'on allait créer un mouvement politique, un mouvement politique nouveau", a-t-il déclaré lors d'une rencontre citoyenne à Amiens.

Il a précisé ne pas lancer cette initiative pour trouver "un énième candidat à la présidentielle", promettant que ce n'était pas sa "priorité aujourd'hui", rapportent les médias français.

 

Dans le même temps, M.Macron n'a pas affiché son soutien au président sortant François Hollande, dont il a été le principal conseiller économique en 2012-2014.

Emmanuel Macron, 38 ans, qui a fait fortune en travaillant pour une banque d'affaires et n'a jamais exercé de mandat électif, bénéficie d'une bonne cote de popularité. Dans l'optique d'une primaire à gauche, Emmanuel Macron est le favori de l'ensemble des sondés, qui considèrent à 46% qu'il ferait un bon candidat, selon un récent sondage Elabe pour BFMTV.

Pourtant, il ne fait pas l'unanimité au sein du Parti socialiste, dont il n'a pas la carte, bien que son nom soit régulièrement cité pour conduire la gauche en 2017, notamment si M.Hollande ne se représentait pas.

 

"En Marche" ne sera "ni de droite ni de gauche", car "les clivages sont devenus obsolètes à beaucoup d'égards", a expliqué le ministre.

Le ministre a également précisé que le mouvement serait "ouvert" puisqu'il sera possible d'adhérer tout en restant dans un "autre parti républicain".


Article paru le 7 avril 2016 dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/france/201604071024014698-france-macron-presidentielle/


Levée des sanctions antirusses: un vote positif attendu au Sénat français

Fin avril, un vote concernant la levée des sanctions contre la Russie aura lieu à l’Assemblée nationale, à l’initiative de Thierry Mariani, député Les Républicains. Le Sénat met pour sa part au vote la proposition de résolution concernant cette levée.

Ces nouvelles viennent en parallèle de la visite de Gérard Larcher, président du Sénat et sénateur des Yvelines (Ile-de-France), en Russie. M.Larcher s'est rendu à Moscou à la tête d'une délégation de responsables français. Le développement des relations amicales entre la France et la Russie au niveau politique et économique préoccupe les participants aux rencontres liées à cette visite.

Le sénateur Jean Bizet qui s'exprime au sujet des intentions du Sénat dans un entretien accordé à Sputnik estime que la proposition de résolution qui fera l'objet du vote sénatorial est chargée d'envoyer un message au gouvernement français.

https://soundcloud.com/sputnik_fr/jean-bizet-au-senat-le-vote-sur-la-levee-des-sanctions-serait-positif

 "J'ignore aujourd'hui quel sera le vote et le résultat de la réponse à la question de nos collègues députés, suite à la question de M.Mariani. Au Sénat, on a une approche différente. On a déjà eu au travers d'un rapport de deux de nos collègues qui connaissent très bien la Russie, à savoir M.Pozzo di Borgo et M.Simon Sutour, déjà des orientations qui vont dans ce sens", explique l'homme politique.

M.Bizet estime très important d'étudier ce sujet au niveau sénatorial, et d'être réaliste dans le domaine politique et économique.

"Au sénat, je pense très sincèrement que ça sera positif (pour la levée des sanctions, ndlr). On a déjà eu plusieurs débats sur ce point. Je pense que ça ira dans ce sens, c'est-à-dire ça sera plutôt positif", souligne l'interlocuteur de Sputnik.

Article paru le 4 avril 2016 dans Sputnik France 

https://fr.sputniknews.com/france/201604041023943291-levee-sanctions-antirusses-senat-francais/

 

Alain Boinet : « L’aide humanitaire, c’est prendre parti »

Mardi 5 avril, Alain Boinet, fondateur de l’ONG humanitaire Solidarités International, présente dans 20 pays, donnera, dans le cadre des Mardis, une conférence sur le thème « Afghanistan, Ukraine, Syrie… : les idéaux humanitaires à l’épreuve des balles ». Rencontre.

Alain Boinet et l'équipe de Solidarité Internationale au Liban. Crédits : Archives personelles

Alain Boinet, au centre, avec l’équipe de Solidarités International au Liban. Crédits : Archives personnelles

Le Courrier de Russie : Comment avez-vous décidé de vous consacrer à l’humanitaire ?

Alain Boinet : En 1980, j’étais directeur de la communication d’un grand groupe international à Paris. Puis, j’ai voulu m’engager dans une action utile aux autres, et j’ai commencé à voyager en Syrie et au Liban, pays qui connaissait déjà une guerre interne. J’ai voyagé également en Amérique du Nord, envisageant, à ce moment-là, de devenir grand reporter. Et à la fin de cette année 1980, lorsque nous sommes partis, avec quelques amis, apporter des secours aux populations touchées par la guerre en Afghanistan, j’ai finalement décidé de me consacrer à l’action humanitaire.

LCDR : Comment faisait-on de l’humanitaire, à l’époque ?

A.B. : Lors de ce voyage, nous avons franchi clandestinement la frontière afghane depuis le Pakistan et marché pendant des semaines pour atteindre les villages bombardés. Nous distribuions de petites sommes d’argent directement aux familles afghanes dans le besoin.

Nous n’avons alors été qu’une poignée, avec des médecins de Médecins sans frontières, à prendre le risque de traverser la frontière – sans autorisation, sans visa, sans soutien officiel et à nos risques et périls, pour aller porter secours aux populations au cœur du conflit en Afghanistan.

On nous prenait, au mieux, pour des idéalistes ou des aventuriers, car à l’époque, l’aide internationale s’arrêtait aux réfugiés qui se trouvaient au Pakistan et en Iran. Les organisations humanitaires n’intervenaient qu’avec l’accord des États ou des forces qui contrôlaient le territoire.

LCDR : Comment l’action humanitaire a-t-elle évolué ?

A.B. : Nous avons parcouru le monde pendant dix ans afin de promouvoir notre conception de l’aide humanitaire sans frontières, avant qu’une véritable révolution ne s’opère au point de modifier également les relations internationales.

Aujourd’hui, malgré les difficultés, il n’existe plus de territoires ou populations qui soient totalement fermés ou inaccessibles. Les associations humanitaires sont présentes même en Corée du Nord – un des pays les plus fermés du monde –, en Somalie ou au Soudan. Et l’aide humanitaire internationale s’est, par nécessité, systématisée et diversifiée.

Camp de réfugiés en Afghanistan en 2001. Crédits : James Hill/mjrhill.com

Camp de réfugiés en Afghanistan en 2001. Crédits : James Hill / mjrhill.com

LCDR : Quelles leçons tirez-vous, après avoir passé plus de trente ans dans l’humanitaire ?

A. B. : Un humanitaire doit avant tout être en empathie et en lien avec le malheur des êtres humains en danger. L’expérience m’a appris que l’essentiel est d’être proche des populations et de leurs représentants, tout en restant lucide et indépendant.

L’aide humanitaire obéit à trois principes fondamentaux : ceux d’humanité, d’impartialité et d’indépendance. Le principe de l’impartialité signifie que les secours sont apportés en réponse à des besoins vitaux, sans aucune considération politique, ethnique, religieuse ou autre.

Dans les pays en guerre, nous sommes confrontés à des combattants appartenant à des camps opposés, dont certains sont des bandits ou des criminels. Cependant, pour accéder aux populations en danger, nous devons parler avec tout le monde, ce qui n’est possible que si les forces en présence nous considèrent comme extérieurs au conflit.

LCDR : N’est-ce pas difficile d’être en empathie avec les populations en danger sans prendre parti ?

A. B. : L’aide humanitaire, c’est prendre parti. C’est être du côté des victimes, des personnes en danger et il s’agit d’un combat sans fin. Mais le couple empathie-neutralité n’est effectivement pas facile à vivre, et le plus complexe est de comprendre la logique d’un conflit, de le voir se dérouler et de secourir les uns et les autres en attendant que cesse la violence.

Quand vous êtes sous des bombes qui tuent des innocents, la tendance naturelle est d’être solidaire. En Afghanistan, par exemple, j’avais réellement l’impression d’être dans la résistance française durant la Seconde Guerre mondiale, sans pour autant ne jamais ressentir aucune haine envers les soldats soviétiques, et sans jamais confondre communisme et Russie. Depuis 15 ans et encore aujourd’hui, l’armée américaine et l’OTAN sont présentes en Afghanistan, où nous sommes toujours actifs.

LCDR : Jusqu’où cet équilibre est-il supportable quand on est face à un génocide – au Rwanda, par exemple ? 

A.B. : La réponse à cette question relève de la responsabilité personnelle. Il faut faire un choix et se dire qu’il y a mille et une façons d’aider et de protéger une population.

Parfois, notre simple présence, notre attention et nos convictions suffisent à sauver des gens. Nous pouvons également faire passer des messages, des informations, des contacts et témoigner des tragédies dont nous sommes témoins. Mais c’est certain : on n’arrête pas un génocide avec des humanitaires.

Lors de la guerre d'Irak en 2003. Crédits : James Hill/mjrhill.com

Lors de la guerre en Irak en 2003. Crédits : James Hill / mjrhill.com

LCDR : Quelles sont aujourd’hui les urgences humanitaires les plus importantes à travers le monde ?

A.B. : Solidarités International est active dans 20 pays confrontés à l’urgence, qu’il s’agisse des pays du Sahel, comme le Mali, la Centrafrique ou la Somalie, ou du Proche-Orient avec la guerre en Syrie. Ce pays, sur une population de 22 millions d’habitants, compte 4,8 millions de réfugiés et 7,6 millions de déplacés internes.

Mais l’urgence humanitaire, c’est aussi l’eau insalubre et les maladies qu’elle propage, qui tuent chaque année 2,6 millions d’êtres humains, dont un grand nombre d’enfants. Il s’agit d’une véritable hécatombe silencieuse qui fait plus de victimes que les guerres, le sida ou le cancer réunis. Depuis dix ans, Solidarités International a donc fait de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement sa priorité absolue.

LCDR : À quels défis l’aide humanitaire internationale doit-elle faire face aujourd’hui ?

A.B. : Nous sommes confrontés à une croissance exponentielle des besoins humanitaires dans le monde.

En 2014, les conflits ont entraîné le chiffre record de 60 millions de réfugiés et déplacés. Nous constatons aussi que les catastrophes sont plus nombreuses et affectent des populations plus variées, dans un monde qui comptera entre 9 et 10 milliards d’êtres humains en 2050. Le seul continent africain va passer d’un à deux milliards de personnes, avec une prééminence de la génération des moins de 20 ans.

Le constat des humanitaires internationaux aujourd’hui est que nous arrivons de moins en moins à répondre à tous les besoins des populations affectées par des guerres et des catastrophes. Le développement est une question humanitaire et géopolitique urgente, et nous avons un vélo pour courir derrière un TGV.

LCDR : Comment l’aide humanitaire internationale doit-elle évoluer face à ces défis ?

A.B. : Le système humanitaire international doit aujourd’hui se remobiliser, réfléchir pour gagner en efficacité et mobiliser plus de soutien. L’urgence est là, il nous faut l’assumer. Dans ce cadre, Istanbul accueillera, les 23 et 24 mai prochains, le premier Sommet humanitaire mondial, organisé par le secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon. Les participants – des représentants étatiques, des ONG, des collectivités, des entreprises du secteur privé, les agences des Nations Unies et le Comité international de la Croix-Rouge – réfléchiront à la façon de gagner collectivement en efficacité en améliorant les partenariats entre les divers acteurs et aux moyens de mobiliser des ressources financières supplémentaires indispensables.

Par ailleurs, les États doivent prendre des engagements, notamment pour mieux prévenir les conflits ou les régler pour éviter qu’ils ne dégénèrent, s’étendent ou se perpétuent.

LCDR : Que pensez-vous de la façon dont les autorités européennes gèrent ce qu’on appelle aujourd’hui la « crise des réfugiés » ?

A.B. : Sans entrer dans des considérations politiques, je trouve que les pays d’Europe et l’Union européenne ne sont pas à la hauteur des défis. Nous sommes dépassés par les événements alors que ces guerres en Syrie et en Irak ont des conséquences désastreuses pour ces populations et affectent les pays qui accueillent les réfugiés et les migrants, menaçant les relations intra-européennes.

L’Europe agit comme si le Proche-Orient se trouvait à l’autre bout du monde alors qu’il est à nos portes, que nous sommes voisins. Au printemps 2015, les budgets pour secourir les réfugiés syriens ont baissé, notamment en Jordanie ou au Liban. Ces coupes dans les budgets sont irresponsables et se ressentent sur le terrain.

Les membres de l’Union européenne manquent de stratégie au Proche-Orient et n’assument leurs responsabilités ni historiques, ni politiques, ni humanitaires. L’Europe, ce continent prospère et en paix, a pris de mauvaises habitudes : elle ne se rend pas compte que le reste de la planète ne vit pas comme elle et qu’il lui faut se préoccuper des affaires de ce monde qui nous rattrapent déjà et pourraient engendrer le chaos.

Article paru le 31 Mars dans LE COURRIER DE RUSSIE

http://www.lecourrierderussie.com/societe/2016/03/alain-boinet-aide-humanitaire-parti/

L'Assemblée nationale décidera des sanctions antirusses en avril

Le député Thierry Mariani va présenter à l’Assemblée nationale une proposition de résolution de lever les sanctions contre la Russie le 28 avril. C’est la première fois que l’Assemblée nationale française pourra s’exprimer officiellement sur le sujet et, en cas d'adoption de la résolution, mettre fin aux sanctions au niveau européen.

"Le 28 avril, je présenterai au Parlement, à l’Assemblée nationale, une résolution pour la levée des sanctions… inutiles, inefficaces et même … nocives. Et en réalité on verra si tous ceux qui font de belles déclarations, mettent leurs actes en conformité avec leurs déclarations. Puisque les députés de droite et de gauche devront voter sur ces sanctions", a déclaré à Sputnik Thierry Mariani, le député des Français à l’étranger.

"Aujourd’hui chacun explique que finalement il faut les lever. Mais c’est la première fois que l’Assemblée nationale française pourra s’exprimer. Et donc vous savez, on comptera les voix, on verra, mais moi je pense que, qu’on soit de gauche ou de droite, on doit défendre les intérêts de la France. Et on verra si ce jour-là tous ceux qui, de gauche ou de droite, expliquent qu’il faut la levée des sanctions, votent dans ce sens", précise  M. Mariani.

Ce vote pourrait lever les sanctions au niveau européen

Même si les sanctions se décident au niveau européen et ne sont pas votées par le Parlement français, seule l'unanimité des chefs d'Etats européens, réunis à Bruxelles, pourrait maintenir les sanctions antirusses. Autrement dit, si la France vote contre le maintien des sanctions, elles seront immédiatement levées.

"La France passe son temps à dire qu’on est une grande démocratie. Franchement, moi, je n’ose pas imaginer que le gouvernement français, s’il est confronté à un vote qui demande à ce que les sanctions antirusses soient levées, fasse le contraire de ce que demande son parlement. Ou alors vraiment il faudra que le gouvernement français arrête de donner des leçons de droits de l’homme à la totalité de la planète", conclut le député.   

Les relations entre la Russie et l'Occident se sont détériorées en 2014 en raison de la situation en Ukraine. Fin juillet l'UE et les Etats-Unis, dont les mesures ne concernaient initialement que des personnes physiques et morales russes, ont frappé de sanctions des secteurs entiers de l'économie russe. La Russie a riposté par un embargo alimentaire.

 

Moscou a déclaré à maintes reprises que la politique des ultimatums et des sanctions à son encontre était inacceptable. Le Kremlin a plusieurs fois démenti son implication dans les événements dans l'est de l'Ukraine et souligné son intérêt à voir surmontée la crise politique et économique dans ce pays voisin.

En août 2014, la Russie, qui était un des principaux marchés pour les produits agricoles européens, a introduit un embargo sur les denrées en provenance des pays ayant imposé des sanctions à son encontre. Au printemps 2015, lorsque l'UE a prorogé ses sanctions antirusses, Moscou a réagi par une mesure similaire en prorogeant l’embargo russe sur les produits alimentaires européens jusqu'au 5 août.

https://soundcloud.com/sputnik_fr/thierry-mariani-lassemblee-nationale-decidera-des-sanctions-antirusses-en-avril

Article paru le 1er avril 2016 dans Sputnik France 

https://fr.sputniknews.com/international/201604011023877112-sanctions-russie-resolution-levee-an-mariani/

 

 

Mémoire des répressions politiques : Vladimir Poutine fait un pas vers les ONG

Entre 1921 et 1953, 3,8 millions de citoyens soviétiques ont été condamnés aux travaux forcés pour des motifs politiques.

Début mars, le président russe Vladimir Poutine a ratifié une loi qui recommande aux structures étatiques de soutenir les ONG luttant pour conserver la mémoire des victimes des répressions politiques.

Les associations qui recherchent les sépultures et étudient les archives liées aux répressions politiques staliniennes figureront désormais au registre russe des organismes à but social, et pourront à ce titre bénéficier d’aides financières, matérielles ou fiscales de l’État russe, indique le texte de la loi, entrée en vigueur le 9 mars 2016.

Une initiative encourageante, à première vue, pour des organisations souvent obligées jusque-là, pour mener leurs recherches, de demander des subventions dans d’autres pays. D’autant que ce procédé était condamné par l’État russe depuis l’adoption, en juillet 2012, d’une loi qui oblige les ONG recevant des fonds de l’étranger à se faire enregistrer sous le statut d’« agent étranger » et à se soumettre à un contrôle renforcé de la part des autorités.

Parmi les structures concernées par la loi qui vient d’être ratifiée, on retrouve notamment l’organisation de défense des droits de l’homme Mémorial et le musée des répressions politiques Perm 36. Toutes deux ont à plusieurs reprises frôlé la fermeture, au cours de ces dernières années, du fait de difficultés financières. Elles fonctionnent aujourd’hui en partie grâce à des aides provenant d’autres pays.

Mais cette loi va-t-elle réellement changer leur quotidien ? Arseni Roguinski, un des fondateurs de Mémorial, demeure sceptique. « En vingt-cinq ans d’existence, l’État russe ne nous a jamais aidés, et je doute qu’il se mette à le faire du jour au lendemain », a-t-il déclaré au Courrier de Russie.

Une opinion partagée par Viktor Chmyrov, fondateur du musée mémorial Perm 36 : pour lui, cette mesure est tout bonnement un leurre. « L’État fait semblant de vouloir aider les ONG, mais sur le fond, il n’en a pas la moindre envie, et il ne le fera pas », affirme-t-il, convaincu. Le fondateur de Perm 36 salue pourtant l’initiative, en ce qu’elle laisse supposer, au moins, que « des organisations comme la nôtre sont tout de même de mieux en mieux traitées ».

Igor Grabar, président de l’association des victimes des répressions pour la région de Samara, explique quant à lui avoir toujours été soutenu par les autorités régionales et n’avoir jamais souffert d’un manque de moyens. « Nous avons par exemple touché des subventions pour ériger une dizaine de monuments, dont le dernier a été inauguré en juin 2015, en mémoire des généraux de l’Armée rouge victimes des purges de 1941 », souligne-t-il.

Il est à noter que cette loi s’inscrit dans une tendance plus générale : en 2013 et 2014, Vladimir Poutine a annoncé que l’État russe soutiendrait les ONG agissant pour l’éducation patriotique, l’intégration des migrants et la réinsertion sociale des personnes ayant souffert d’addiction. Fin 2014, le registre des organisations non lucratives à but social comptait ainsi 174 structures subventionnées par le ministère du développement économique, principalement des associations de promotion du sport et des loisirs.

Quant à la mémoire des victimes des répressions, l’historien spécialiste du sujet Viktor Zemskov précise qu’entre 1921 et 1953, 3,8 millions de citoyens soviétiques ont été condamnés aux travaux forcés pour des motifs politiques, dont 700 000 ont été fusillés. Quatre millions de personnes ont subi la dékoulakisation, privées de leur propriétés et déportées vers des régions éloignées du pays. Les déportations ont en outre concerné environ 1,5 million de Tchétchènes, Kalmouks, Grecs, Lettons et Ukrainiens.


Article paru le 30 mars 2016 dans LE COURRIER DE RUSSIE

http://www.lecourrierderussie.com/societe/2016/03/memoire-repressions-politiques-vladimir-poutine-ong/


Des Russes en Guyane, ou 50 ans de bénéfices spatiaux mutuels

Cette année, la Russie et la France fêtent les 50 ans de leur coopération dans le domaine spatial. Une date qui a poussé les Français à publier un grand ouvrage encyclopédique "50 ans de coopération" écrit par les représentants des deux nations.

L'histoire du début de la coopération franco-russe est liée à l'époque de Charles de Gaulle et de Léonid Brejnev. Le dirigeant français considérait comme une des priorités de sa politique étrangère de maintenir de bonnes relations avec l'Union soviétique.

L'invitation de M.de Gaulle par M.Brejnev de visiter Baïkonour pour assister à deux lancements a donné le coup d'envoi à la coopération franco-soviétique dans le domaine spatial, indique Laurent d'Angelis, éditeur de l'ouvrage "50 ans de coopération" et auteur du "Guide des lanceurs spatiaux", dans un entretien accordé à Sputnik.

"Aujourd'hui, nous avons le lanceur Soyouz à Kourou qui est quelque chose d'extrêmement important. C'est la première fois qu'un lanceur russe est utilisé, depuis une base terrestre (…) a déjà effectué 13 tirs. Le 14e va partir au mois d'avril. Ça, c'est une coopération qui continue plus que jamais. Nous avons, aujourd'hui, des Russes qui sont en permanence en Guyane", raconte M.d'Angelis.

L'interlocuteur de Sputnik rappelle qu'il existe également le projet ExoMars qui est en voie de réalisation par la Russie et les pays européens. La Russie a fourni des éléments d'équipements d'ExoMars, ainsi que des éléments de la plate-forme et le lancement avec le lanceur Proton M. Le lancement a eu lieu le 14 mars depuis Baïkonour.

"Je pense qu'on est passé déjà très largement de la compétition à la coopération depuis la fin de la guerre froide et l'Union soviétique. Il y avait cette coopération franco-soviétique, franco-russe et puis Europe-Russie qui s'est faite malgré les différends politiques", souligne M.d'Angelis.


Article paru le 28 Mars 2016 dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/russie/201603281023755384-france-russie-domaine-spatial/


Mohammed VI en Russie pour renforcer le partenariat russo-marocain

Les Marocains sont les partisans les plus actifs de l’élargissement du rôle de la Russie en Afrique du Nord. 

A l’occasion de la visite officielle du roi Mohammed VI du Maroc en Russie, le 15 mars, Ahmed Charaï, éditeur marocain et membre du conseil consultatif de la revue National Interest à Washington revient pour le quotidien russe Kommersant sur l’histoire et le présent des relations entre Moscou et Rabat. Discours direct.

Vladimir Poutine et le roi Mohammed VI en 2006 au Maroc. Crédits : Kremlin.ru

Vladimir Poutine et le roi Mohammed VI en 2006 au Maroc. Crédits : kremlin.ru

Le roi Mohammed VI est attendu à Moscou : il s’entretiendra avec le président Vladimir Poutine. C’est sa première visite depuis 2002. En cette période de difficultés économiques et de violence soutenue dans les points chauds du Proche-Orient et d’Afrique du Nord, un renforcement de la coopération russo-marocaine pourrait apporter un nouvel espoir à cette région.

Notre optimisme a de profondes racines historiques. L’amitié particulière qui unit la Russie et le Maroc remonte au XVIIIe siècle : la correspondance entre l’impératrice Catherine II et le sultan Sidi Mohammed ben Abdellah révèle des relations fondées sur le respect et des intérêts communs, qui ont permis aux navires russes de pêcher au large des côtes du royaume et aux deux peuples de développer leurs liens commerciaux. Et si les historiens de la Guerre froide mentionnent surtout le Maroc comme allié des États-Unis, il est tout aussi vrai, même si le fait est moins connu, que notre pays a toujours, dans le même temps, maintenu des liens avec l’URSS. Les visites à Rabat de Leonid Brejnev en 1961 et d’Anastase Mikoyan [premier vice-Premier ministre de l’Union soviétique entre 1955 et 1964] en 1962 étaient le symbole d’une collaboration étroite : le Kremlin a contribué au renforcement de l’armée marocaine et coopérait avec le Maroc, à l’ONU, sur des questions de sécurité majeures.

Le roi Mohammed VI se rend à Moscou pour débattre des perspectives du partenariat russo-marocain. Il y a quinze ans, Rabat et Moscou ont signé un accord de libre-échange qui a permis un accroissement du volume des échanges, passé d’environ 200 millions de dollars par an en 2001 à 2,5 milliards de dollars en 2015. Un nouveau pas en avant a ensuite été franchi en 2013, avec la signature entre les deux pays d’un accord de coopération dans le secteur de la pêche maritime. Cet accord doit être prolongé prochainement, ce qui permettra à des dizaines de navires russes de pêcher dans les eaux marocaines. Cette zone s’étend autour du Sahara marocain, une région qui connaît un développement social et économique très dynamique. Le royaume investit des milliards afin de transformer le Sahara en une porte majeure de commerce international. Et la Russie a la possibilité de participer à ce processus en qualité d’investisseur et de partenaire stratégique.

Par ailleurs, en ces temps de terreur globale, la Russie et le Maroc s’efforcent de protéger leurs frontières contre la pénétration des djihadistes. Les Marocains apprécient toute la valeur des possibilités techniques de la Russie en matière de surveillance des terroristes. Mais les Russes auront peut-être aussi des choses à apprendre du Maroc, qui se sert de son « arme spirituelle » pour prévenir la diffusion des représentations djihadistes du monde. Le ministère marocain des affaires islamiques forme notamment une nouvelle génération d’imams, dont les sermons sont imprégnés de patriotisme. Les nombreux établissements éducatifs qui dépendent de ce ministère forment aussi des imams originaires d’autres États, comme de Russie.

Les Marocains sont enfin probablement les partisans les plus actifs de l’élargissement du rôle de la Russie en Afrique du Nord. Nous voyons sur les chaînes russes arabophones des citoyens russes qui parlent couramment arabe, qui animent des émissions sérieuses et possèdent une connaissance profonde de nos pays, de leurs cultures. Le Maroc et les autres États arabes auraient tout intérêt à établir avec ces spécialistes russes du monde arabe, formés à Moscou, une collaboration fructueuse et mutuellement avantageuse.


Article paru le 14 Mars 2016 sur LE COURRIER DE RUSSIE

http://www.lecourrierderussie.com/international/2016/03/mohammed-vi-russie/



Fillon: la question syrienne doit se régler avec les Russes

Le président français François Hollande "a totalement échoué dans son effort de retrouver avec la Russie des relations normales", estime l'ancien premier ministre français François Fillon.

L'ancien premier ministre français et député du parti Les Républicains (PR) François Fillon est d'avis qu'avoir la Russie pour allié est la condition sine qua non pour que la France prenne le dessus dans la lutte antiterroriste. Ainsi, Moscou s'avère un partenaire incontournable afin de mettre un terme à la crise syrienne.

"Pour régler la question syrienne (…), il faut discuter avec les Russes. Vladimir Poutine est un allié de circonstance dans un combat qui concerne la défense d'une certaine forme de civilisation", a déclaré François Fillon, invité du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro ce dimanche.

Lorsque la Russie a entamé son opération militaire en Syrie, on a parlé, au gouvernement français, de coordonner les efforts des deux pays. Cependant, il n'y a eu aucune "véritable collaboration avec la Russie sur la crise au Proche-Orient", a déploré M.Fillon.

"François Hollande a totalement échoué dans cet effort de retrouver avec la Russie des relations normales. Parce qu'il voulait que la Russie soit vraiment notre allié dans ce combat. La première chose qu'il aurait fallu faire, c'était de réclamer à ses alliés européens la levée des sanctions", d'après M.Fillon. 

"On ne peut quand même pas dire: +On est engagé dans un combat ensemble au Proche-Orient, on va d'ailleurs payer le prix du sang dans ce combat+, et en même temps: +On se sanctionne économiquement+", a-t-il lancé.

En outre, François Fillon a noté que les sanctions antirusses n'avaient fait "strictement aucun effet sur la politique russe".

"Au contraire, comment on peut penser que des sanctions économiques vont faire reculer un pays immense et aussi fier que la Russie?", a-t-il conclu. 

Article paru le 20 Mars dans Sputnik France 

https://fr.sputniknews.com/france/201603201023526090-russie-france-fillon-syrie/

La Russie invite 15.000 étrangers à étudier gratuitement dans ses universités

L'agence Rossotroudnitchestvo, chargée du rayonnement culturel et scientifique de la Russie à l'étranger, vient d'annoncer le lancement des procédures d'admission de citoyens étrangers désirant étudier gratuitement dans les universités russes.

Lioubov Glebova, sa directrice, explique à RIA Novosti les raisons de venir en Russie obtenir un diplôme d'études supérieures, et précise qui pourrait être intéressé par ce programme. La directrice de Rossotroudnitchestvo Lioubov Glebova partage avec la correspondante de RIA Novosti Ioulia Ossipova la manière dont la Russie compte accueillir un nombre croissant d'étudiants étrangers.

- Madame Glebova, combien d'étrangers viennent chaque année en Russie pour obtenir gratuitement un diplôme d'études supérieures?

— Chaque année depuis trois ans, la Russie invite 15 000 étrangers à étudier gratuitement dans nos universités. Plus de 400 établissements du pays participent à ce programme.

En 2016, nous avons décidé pour la première fois de rendre l'admission complètement ouverte. Sur l'exemple de nos collègues d'autres pays, nous avons lancé cette année une procédure de dépôt libre de demandes électroniques. Rien n'a changé globalement dans la procédure d'admission mais elle est devenue plus simple et plus transparente, avec une fenêtre commune pour entrer les données et une procédure rapide de sélection. Le portail informatique permet de supprimer un grand nombre d'intermédiaires.

Les citoyens de 198 pays du monde peuvent ainsi envoyer leurs demandes pour étudier les spécialités les plus diverses et variées (médicales, techniques, ou même la physique nucléaire). Un domaine à part a été créé pour les russisants, les linguistes et les philologues. Tout ce qui concerne la langue russe est aujourd'hui très sollicité à l'étranger.

- Que doit faire un citoyen étranger s'il veut rejoindre ce quota d'étudiants pouvant rejoindre gratuitement une université en Russie?

— Il doit s'enregistrer sur le site www.russia.study. La procédure demande environ 20 minutes et se décompose en deux étapes élémentaires: le citoyen étranger confirme son identité, puis il entre son adresse électronique. Une confirmation arrive presque immédiatement. Le courrier électronique est nécessaire pour maintenir une liaison rapide et sûre avec l'étudiant potentiel, et sa réaction opérationnelle dépendra de son propre intérêt à suivre les études choisies.

Après cette vérification, le candidat obtient un accès au formulaire et remplit des informations sur son parcours scolaire, ses accomplissements personnels, indique le domaine dans lequel il souhaite étudier et rédige une lettre de motivation. Ce formulaire arrive dans la liste commune des formulaires par pays. Puis l'opérateur (un dans chaque pays) procède à une sélection préalable de candidats.

- Est-il possible que certains étrangers peu instruits arrivent à prendre la place d'étudiants russes très prometteurs? Prévoit-on une sorte de concours?

— Dans la plupart des pays il existe des représentations de Rossotroudnitchestvo, des Centres culturels et scientifiques de Russie, des ambassades, des départements de l'éducation et des associations. A l'heure actuelle, nous négocions avec les universités pour que l'un de leurs représentants fasse également partie de la commission.

Cette année est une première et la procédure de sélection se présentera sous la forme d'un entretien ou d'un test. Mais dès l'année prochaine nous comptons passer à une évaluation à part entière avec un système de concours et de tests. Un classement séparé sera établi dans chaque pays. La sélection passera aussi par des concours organisés par les universités russes dans d'autres pays. Actuellement, Rossotroudnitchestvo travaille pour faire en sorte que ces tests soient adéquats et se correspondent.

—  Que faire au sujet des candidats qui n'auraient pas passé les sélections?

— Même si un citoyen étranger n'était pas retenu dans le cadre de la sélection des 15 000 étudiants, il lui sera proposé d'étudier dans une université russe sous contrat. Étant donné que le coût des études dans nos nombreuses universités est relativement bas (dans la plupart entre 1 000 et 1 500 euros par an), un tel format serait également intéressant pour certains.

- A quelle étape les universités elles-mêmes entrent en action? De quelle manière un candidat recommandé arrivera-t-il dans une université concrète?

— Après avoir passé la sélection pour étudier dans le cadre des quotas, le citoyen étranger choisit 6 universités où il voudrait étudier par ordre de préférence. Puis chaque université ouvre son propre "cabinet électronique" et choisit tel ou tel candidat. S'il n'est pas choisi par la première université de la liste, ses informations sont transmises à l'université suivante. Ainsi, le candidat peut arriver jusqu'à la sixième université. Si aucune des six universités ne l'a choisi, le ministère russe de l'Éducation et de la Science propose une situation alternative pour étudier dans un autre établissement. Croyez-moi, personne ne sera oublié.

*-*-*-*-*

- D'après vous, la Russie va-t-elle conserver sa réputation de grand pays universitaire au niveau mondial? Par quoi sont motivés les étudiants qui viennent y fréquenter l'université?

— Premièrement, la Russie offre un enseignement de qualité en ingénierie, en sciences naturelles, en mathématiques, en philologie et tout ce qui touche à la langue russe. L'enseignement médical russe est également très populaire à l'étranger. Même chose avec la musique, le théâtre et le cinéma russe, qui continuent de susciter beaucoup d'intérêt auprès des étrangers. Et bien que l'éducation russe ait traversé une période difficile, elle continue d'être appréciée dans le monde comme fondamentale, accélérée et interdisciplinaire.

Deuxièmement, les études et la vie en Russie sont moins coûteuses que dans d'autres régions, en Europe notamment. Troisièmement, la Russie est un pays qui a éduqué les leaders de beaucoup d'États: nombreux sont ceux qui occupent aujourd'hui des postes dirigeants dans leur pays et ont étudié autrefois en Russie. Aujourd'hui, quand leurs enfants atteignent l'âge d'aller à l'université, ils s'intéressent beaucoup à l'enseignement russe, conscients que les études y ouvrent un large horizon, des connaissances utiles et donnent les bons repères. Cela ne concerne pas seulement les pays de la CEI mais également les pays émergents d'Asie et d'Afrique, certains pays européens, ainsi que les pays d'Amérique latine.

- Quel sera le profit et l'utilité, d'après vous, de ce projet pour la Russie?

— Avant tout il permettra aux universités russes d'assurer leur avenir, de faire les bons investissements. Les étudiants étrangers compétents qui ont fait leurs études en Russie resteront loyaux à la Fédération de Russie de retour dans leur pays. S'ils se plongent dans la science, alors ils établiront des relations étroites avec les organisations russes d'enseignement et scientifiques. Les étudiants les plus motivés et les plus sollicités resteront en Russie pour continuer leurs études et y travailler. En fait, nous attirons dans le pays les futurs cadres nécessaires à notre économie et à notre système éducatif.

De plus, les quotas pour l'enseignement gratuit dans les universités russes s'étendent également au master et au doctorat, ce qui est un indicateur direct de mobilité académique, un élément contribuant à l'échange étudiant. Les universités établissent des contacts au niveau international. En ce qui concerne les étudiants étrangers qui viennent faire des études sous contrat, hors quotas, ils représentent un gain très significatif pour les universités.

- Pour étudier en Russie il faut parler russe — une langue très difficile. Organisera-t-on un soutien linguistique pour les étudiants étrangers?

— Il existe des facultés préparatoires auprès de nombreuses universités russes. Une partie des étrangers qui ne parlent pas très bien russe (on en compte près de 4.000 chaque année) passe une année entière à la préparation linguistique. Mais cela coûte jusqu'à 100.000 roubles (environ 1.250 euros) par an pour chacun de ces étudiants. L'État perd de l'argent, et eux perdent du temps.

C'est pourquoi Rossotroudnitchestvo prévoit de créer avec les universités russes des facultés préparatoires "extérieures" dans divers pays du monde pour y ouvrir des centres de formation pour apprendre le russe, ainsi que des centres de tests.

- Beaucoup de volontaires souhaitent-il profiter de l'offre d'études gratuites dans nos universités?

— On constate actuellement une forte activité de ceux qui souhaitent étudier en Russie: les gens appellent, posent des questions sur les réseaux sociaux et s'enregistrent sur le site. Pour l'instant ce sont les habitants de la CEI qui témoignent du plus grand intérêt, ce qui était tout à fait attendu étant donné que l'information sur l'appel aux étudiants s'est rapidement répandue dans le milieu russophone.

Le recrutement de citoyens étrangers pour étudier gratuitement dans les universités russes est un projet à long terme. Et comme il s'agit également d'un outil efficace de la politique étrangère russe, on voudrait à terme augmenter les quotas.


Article paru le 09 MARS 2016 dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/russie/201603091023226178-russie-education-universites-etrangers/

 

Donbass : le format de Normandie cale à Paris

Les ministres des affaires étrangères des quatre pays du « format de Normandie » (Allemagne, France, Russie, Ukraine) ont échoué à trouver une issue sur la question de l’organisation d’élections locales dans l’Est de l’Ukraine, lors d’une rencontre à Paris, le 3 mars.

De gauche à droite : Sergueï Lavrov, Pavel Klimkine, Jean-Marc Ayrault et Frank-Walter Steinmeier. Crédits : Flickr/MID

De gauche à droite : Sergueï Lavrov, Pavel Klimkine, Jean-Marc Ayrault et Frank-Walter Steinmeier à Paris, le 3 mars. Crédits : Flickr/MID

« Cette réunion a été l’une des plus difficiles de toutes celles que nous avons tenues », a reconnu le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier à l’issue de la rencontre.

Il faut admettre que la journée n’avait pas débuté du bon pied, et ce dès la photographie de groupe avant le début de la rencontre, à en croire le correspondant de Lenta.ru. Les drapeaux russe et ukrainien avaient été placés l’un à côté de l’autre, alors que lors des rencontres précédentes ils étaient installés dans des coins opposés. La circonstance a fortement troublé le ministre ukrainien des affaires étrangères, Pavel Klimkine, qui s’est précipité vers les drapeaux de l’UE et de l’Allemagne afin d’éviter de se tenir debout près de son homologue russe, Sergueï Lavrov. Mais ses collègues européens ont demandé à Klimkine de retourner auprès du ministre russe, qui a noté avec ironie : « Il faudra rester près de moi ».

Klimkine a immédiatement commenté l’épisode sur sa page Twitter : « Steinmeier et le protocole français m’ont proposé de me tenir symboliquement entre Ayrault et Lavrov, mais, semble-t-il, cela ne contribuera pas au moindre progrès avec la Russie. »

Un peu plus tard, il a publié sur son micro-blog une des photos protocolaires, assortie de la légende : «  Voilà à quoi ça ressemble en pratique. À côté de Lavrov. Nous sommes tous dans la même équipe, mais pour l’instant, je discute avec Steinmeier et Ayrault. »

Les négociations interministérielles ont duré quatre heures. A l’ordre du jour : la question de l’organisation d’élections dans l’Est de l’Ukraine et les violations du cessez-le-feu. À l’issue de la rencontre, Sergueï Lavrov a expliqué que les parties avaient échoué à trouver un accord sur l’organisation d’un scrutin dans le Donbass.

Sergueï Lavrov a également admis que les négociations sur la préparation des élections dans le Donbass n’avaient pas permis de trouver une issue. Le ministre russe a critiqué Kiev pour son refus de dialoguer directement avec les représentants du Donbass, et expliqué que la partie ukrainienne n’avait pas soutenu la proposition d’organiser ces élections locales avant la fin du premier semestre 2016. « Mes collègues allemand et français ont émis une proposition aujourd’hui. Nous étions prêts à la soutenir, mais la partie ukrainienne a demandé de ne pas insister dessus, et finalement, nous avons échoué à obtenir un consensus », a précisé le chef de la diplomatie russe.

« Nous avons passé beaucoup de temps, aujourd’hui, à examiner la situation dans le domaine de la sécurité », a déclaré Sergueï Lavrov, expliquant qu’il avait été question « de violations des deux côtés » du régime de cessez-le-feu. Le ministre russe a ajouté que les insurgés aussi « péchaient parfois », mais que « les violations étaient significativement plus nombreuses de la part des forces armées ukrainiennes ».

À la veille de ces négociations, à Minsk, le groupe de contact était tombé d’accord sur une interruption, à partir du vendredi 4 mars, des exercices des forces armées ukrainiennes impliquant des tirs de combat dans une zone de 30 kilomètres autour de la ligne de front, ainsi que sur un emploi du temps du processus de déminage dans les zones proches des check-points pour la population civile.

Pour Leonid Goussev, chercheur au MGIMO, les représentants de l’élite politique ukrainienne s’opposent à l’organisation d’élections dans le Donbass et à l’attribution d’un statut spécial à la région car ils veulent éviter de devoir agir en accord avec les dirigeants des républiques populaires autoproclamées de Donetsket de Lougansk. Si Kiev reconnaissait ces formations, « leurs représentants obtiendraient la possibilité de bloquer les décisions du gouvernement ukrainien », analyse l’expert pour Lenta.ru. « L’Ukraine s’apprête à rejoindre l’OTAN et l’UE dans la décennie à venir, et les républiques populaires autoproclamées pourraient l’en empêcher », poursuit Leonid Goussev.

De son côté, le ministre ukrainien des affaires étrangères a souligné qu’il était indispensable, avant tout, d’assurer la sécurité des élections dans le Donbass.

Frank-Walter Steinmeier, le chef de la diplomatie allemande, a lui aussi confirmé que la rencontre n’avait pas permis d’obtenir de progrès en matière de régulation politique. « Je suis loin d’être satisfait – pas plus de la situation dans l’Est de l’Ukraine que des résultats de la rencontre d’aujourd’hui », a-t-il déploré.

Jean-Marc Ayrault, qui accueillait pour la première fois ses interlocuteurs au sein du « format de Normandie » en sa nouvelle qualité de ministre français des affaires étrangères, n’a manifesté qu’un optimisme modéré, notant que les ministres s’étaient entendus sur un calendrier du processus de régulation à court terme. Les ministres des quatre pays espèrent notamment que l’échange de prisonniers politiques sera achevé au 30 avril, et que d’ici le 31 mars, « des propositions concrètes, pratiques et permettant de garantir la sécurité des futures élections » seront présentées à l’OSCE.

Les accords de Minsk prévoyaient initialement l’organisation d’élections dans le Donbass en automne 2015, puis ces dernières ont été reportées au printemps 2016. D’ici là, les autorités ukrainiennes étaient censées respecter la partie des accords les concernant : notamment élaborer une loi sur ces élections locales et adopter les amendements constitutionnels nécessaires à l’attribution d’un statut particulier au Donbass. Mais rien de tout cela n’a encore été fait.

Les négociations précédentes sur la résolution pacifique de la crise ukrainienne, tenues le 13 février à Munich, n’avaient pas non plus abouti à des résultats concrets.


Article paru le 4 Mars dans LE COURRIER DE RUSSIE

http://www.lecourrierderussie.com/international/2016/03/donbass-format-normandie-cale-paris/

Danone consolide sa position en Russie et joue la carte de la charité

Installé en Russie depuis 1992, Danone compte 18 usines dans le pays.

En partenariat avec le fonds alimentaire étatique RUS, le groupe français Danone a commencé début février à fournir, sur une base régulière, des produits laitiers aux familles dans le besoin à travers la Russie, tandis que sa participation dans sa filiale russe a dépassé les 90 %.

Magasin Danone à Moscou, rue Tverskaïa, à quelques mètres de la Place Rouge, 1992 - Russie. Crédits : danone.com

Magasin Danone à Moscou, rue Tverskaïa, à quelques mètres de la place Rouge, 1992. Crédits : danone.com

L’opération vise, selon le géant français, à « contribuer à garantir une alimentation saine pour tous, y compris les familles dans le besoin ».

Un projet pilote avait été lancé en septembre 2015 à Lipetsk, où 1,2 tonne de nourriture avait été distribuée via le fonds RUS à plus de 920 personnes.

« Suite au succès de cette opération, nous avons décidé de fournir des marchandises de façon régulière », a indiqué le service de presse de Danone Russie. Depuis début février dernier, des livraisons hebdomadaires sont ainsi organisées dans trois villes : Moscou, Saint-Pétersbourg et Lipetsk.

D’ici fin 2016, Danone devrait distribuer des briques de lait, des yaourts et des boissons lactées aux familles dans le besoin de 18 villes de Russie, dont Smolensk, Orel, Tver, Samara et Saransk. La fréquence des livraisons est encore l’objet de discussions.

En 2015, le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté en Russie a atteint les vingt millions de personnes, soit 15 % de la population. La majorité sont des familles nombreuses, rapporte l’agence fédérale de statistique Rosstat.

Parallèlement, le groupe Danone a annoncé avoir augmenté sa participation dans sa filiale russe jusqu’à 92,5 %, en rachetant 40 % des parts à son actionnaire minoritaire, la compagnie Unimilk, a indiqué mercredi 24 février le directeur général de Danone Russie, Bernard Ducros.

Le PDG du groupe en Russie a refusé de communiquer le montant de la transaction, conclue début 2016, mais le quotidien économique russe Vedomostil’estime entre 200 et 300 millions de dollars.

« Le rachat de ces actions va simplifier la structure de gouvernance de l’entreprise en Russie : le conseil d’administration sera plus uniforme, et les décisions seront prises plus rapidement », a assuré la porte-parole de Danone Russie, Marina Balabanova.

Installé en Russie depuis 1992, Danone compte 18 usines dans le pays. Le groupe français avait fusionné sa filiale russe avec la société russe Unimilk en 2010.

Fin 2015, le géant agroalimentaire français a fermé deux de ses usines : celles de Tomsk, en Sibérie occidentale, et de Tcheboksary, dans la région de la Volga ; alors que son chiffre d’affaires augmentait la même année de près de 10 %, pour atteindre 100 milliards de roubles. La Russie est aujourd’hui le deuxième plus important marché mondial du groupe après la France.


Article paru le 25 FEV 2016 dans LE COURRIER DE RUSSIE

http://www.lecourrierderussie.com/economie/2016/02/danone-russie-charite/?v=f9308c5d0596

Christian Estrosi visitera la Crimée au mépris des protestations de Kiev

Le maire de Nice, Christian Estrosi, a l'intention de visiter la péninsule de Crimée en mai prochain pour signer un accord de coopération avec la ville de Yalta.

"Des accords ont été conclus sur la visite du maire de Nice, en Crimée, à Yalta, visant à signer un accord de coopération. La date estimée est la seconde moitié du mois de mai, mais elle est à préciser", a annoncé le maire de Yalta, Andreï Rostenko.

Du 26 février au 1er mars, une délégation de la mairie de Yalta s'était rendue dans la ville française de Nice pour une visite officielle au cours de laquelle un accord sur le développement de relations amicales a été signé.

Dans le cadre de cette visite, le maire de ville criméenne Andreï Rostenko et son homologue, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et maire de Nice, Christian Estrosi ont signé une lettre d'intention. Ce document "continue la tradition de partenariat amical prévu par le traité de 1960, conformément auquel Nice et Yalta sont des villes jumelées", a déclaré le cabinet du maire de Nice.

La réaction du gouvernement ukrainien n'a pas tardé à venir. Bien sûr, le gouvernement ukrainien ne pouvait pas laisser cet épisode d'amitié bilatérale passer inaperçu. Sa réaction n'a pas tardé à venir, aujourd'hui, sur son compte Facebook, le gouvernement a publié la note de protestation que l'ambassadeur d'Ukraine en France, Oleg Chamchour, avait adressée à M. Estrosi.

"Vous devriez sans doute savoir, Monsieur le maire, que l'annexion de la Crimée par la Russie est fortement condamnée par la communauté internationale", notamment par la France qui est, "à l'avant-garde des efforts diplomatiques pour soutenir la souveraineté nationale et l'intégralité territoriale de l'Ukraine", a écrit l'ambassadeur.

Il a également accusé M. Estrosi et l'a appelé à "clarifier" sa position publiquement tout en proclamant que les initiatives du maire français relevées d'"une certaine naïveté politique" et "contredisent la position de la communauté internationale, de la France et les valeurs démocratiques".

Pour le moment, la Crimée, en tant que partie de la Russie, n'est officiellement reconnue que par deux pays: l'Abkhazie et le Nicaragua. Cependant, plus d'une douzaine de délégations étrangères ont rendu des visites informelles à la péninsule. Et c'est la délégation des membres du parlement français dirigée par Thierry Mariani, qui avait percé le "blocus politique" de la Crimée. Les députés avaient rencontré les autorités, visité des usines et avaient parlé avec des habitants locaux.

Le 11 septembre 2015, c'est l'ancien chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi qui s'était rendu dans la péninsule pour une visite privée. Lors de son séjour en Crimée, M. Berlusconi a rencontré Vladimir Poutine, qui est son ami de longue date et a promis d'y retourner.

Peuplée principalement par des russophones, la Crimée a adhéré à la Fédération de Russie suite à un référendum organisé en mars"Des accords ont été conclus sur la visite du maire de Nice, en Crimée, à Yalta, visant à signer un accord de coopération. La date estimée est la seconde moitié du mois de mai, mais elle est à préciser", a annoncé le maire de Yalta, Andreï Rostenko.

 2014. La majorité absolue des habitants de la péninsule (96,77%) ont opté en faveur du rattachement de la Crimée à la Russie. L'Ukraine ne reconnaît pas les résultats du référendum et considère cette région comme un territoire occupé. Moscou a, à plusieurs reprises, souligné le caractère démocratique du suffrage et sa conformité aux normes du droit international. Il a également appelé la communauté internationale à respecter le choix des Criméens.

Article lu le 4 MARS 2016 dans Sputnik France

https://fr.sputniknews.com/international/201603021023070859-estrosi-visite-crimee/

Success story d'un Français en Russie

«Construire une maison, élever un fils, planter un arbre, sont les trois choses à faire dans sa vie,» - dit vieil adage.

On ne sait ni comment est la maison de Bruno Marmet, ni s'il a un fils… mais ce qui est sûr qu'il n'a pas planté un arbre, mais des milliers. Il plante et soigne un verger dans le sud de la Russie, il gère un géant agricole — «Agronom-Sad»… qui veut dire «Un verger d'agronome». «Les pommes sont bonnes pour la santé. C'est vrai, à condition toutefois de ne pas tomber dedans! » — plaisante-t-on souvent. Mais voilà quelqu'un qui est « tombé dans la pomme » et c'est une histoire d'une réussite.

Vers la fin des années 1990 Bruno Marmet, natif de la Franche-Comté arrive dans le sud de Moscou juste pour lancer une petite usine des yaourts pour le compte d'un investisseur. Il se rend compte assez vite que beaucoup de choses manquent au projet: rien n'est fait ni au niveau du marketing, ni des ventes, la sécurité de la qualité n'est pas prise en compte… Apres avoir démarré dans la technologie, Bruno Marmet va plus loin, puis, s'intéresse au commercial…

« Je suis venu en Russie pour une mission de 6 mois il y a 18 ans, — se souvient Bruno Marmet, — Et je suis resté, parce qu'il y avait tout ce qui m'intéressait. Jeune adulte que j'étais, j'ai trouvé en Russie tout ce que je cherchais, c'est-à-dire: la liberté de créer, la façon de penser, la nature… tout!

Au début, il n'y avait pas d'argent. L'argent et l'expérience sont venus après. Ca a été long — jusqu'à ce que j'aie commencé à intéresser les gens avec ce que je faisais. Au début, je ne suis venu qu'avec une « valise vide », mais avec beaucoup d'enthousiasme. Je ne pensais pas rester!

On a des moyens pour partir ailleurs, mais ce qui m'a fait rester en Russie, est toujours présent. C'est-à-dire: la créativité et la nature. Ce qui m'a plu il y a 18 ans, me plaise toujours autant».


A plusieurs reprises lors de notre rencontre, Bruno Marmet parle de la créativité. Une notion qu'on ne cite pas souvent quand on parle du business, de l'entreprise, de l'agriculture. Est-ce qu'en France il y a des obstacles à cette création? Qu'est-ce que empêche les fermiers français se sentir créateurs?

« Il n'y a que des restrictions. Nous vivons en France dans une économie de haute concurrence, où il faut être absolument pointu dans tous les domaines. En Russie, il faut aussi être pointu, mais on peut se permettre un peu plus d'erreurs. C'est mon cote saltimbanque qui fait que même si je fais des erreurs, ça marche quand-même ».

Ce qui est certain pour Bruno Marmet: en France on gagne moins d'argent qu'en Russie, pour le même travail».

C'est là qu'on lui glisse une question sur la politique agricole en France. En réponse, il y a un blanc d'abord… et pour cause — Bruno n'était pas au courant, dans sa campagne du sud de la Russie, pleinement occupé par le travail — de l'actualité des manifestations d'agriculteurs français.

« J'ai 45 ans, et depuis que je suis ne, j'entends dire que les paysans ne sont pas contents, que c'est la crise. Mais, je respecte beaucoup paysan français, parce qu'ils ont des normes compliqués à respecter, mais ça a toujours été comme ça. J'ai toujours entendu dire que les agriculteurs en France étaient pénalisés ».

Lors de la Table ronde sur l'agriculture organisée par l'Ambassade de France et la CCI France-Russie, on a beaucoup parlé de la nécessité d'échanges entre les agriculteurs de deux pays. Bruno Marmet est certain que le partage de secrets entre les amoureux de la pomme donnerait un beau résultat.

« Si nous pouvions travailler en Russie comme ils travaillent en France, nous obtenions des beaux résultats, — un brin de nostalgie apparait dans la voix de Bruno, — L'objectif — c'est de faire venir des consultants, du savoir-faire, des know-how.

Souvent, le problème est que les vrais consultant — ce sont des agriculteurs qui n'ont pas idée de venir en Russie, mais si on pouvait les faire venir et apporter les know-how, la Russie ferait un bond en avant »
Souvent, la difficulté en Russie n'est pas de faire pousser, mais de garder la récolte. Bonne nouvelle pour les croqueurs de pommes: il suffit de voir les installations de triage et de calibrage à Agronom-sad, pour comprendre que le fruit est entre les mains experts.

Bien entendu, Bruno Marmet n'est pas seul à exécuter toutes ces prouesses. Son travail, c'est aussi de trouver ceux qui aiment le jardin autant que lui. Problème de cadres et de la main d'œuvre qualifiée reste un défi à relever:

« C'est une question de responsabilité. Puis, il y a une question du savoir-faire qui chez l'ouvrier spécialisé n'existe pas actuellement. Je suis d'accord de le former, parce que je n'ai pas de choix. Il n'y a pas d'école en Russie qui peut me fournir un technicien supérieur ou un ouvrier spécialisé. Je prends ça sur moi et, comme le fait Danone, je le forme. Mais avant de prendre la décision de mettre l'argent sur telle ou telle personne — parce que cela prend du temps, il va faire des erreurs, il faut du matériel — je fais un casting très rigoureux, je dirais même extrême. Je suis d'accord former cette personne, en bottes, dans les champs du matin au soir et qui gagne l'équivalent du Smic.

Mais si je parle de cadres — d'un directeur financier, d'un juriste, un agronome-chef, un directeur technique, un responsable des achats, etc. — la, je ne forme pas. Je veux quelqu'un qui sache travailler, qui a de l'expérience, qui a des contacts, qu'il connait le système de reporting. Je n'ai pas le temps de le former. Il s'agit de quelqu'un qui coute cher, cela peut couter encore plus cher s'il fait des erreurs. Je préfère de mettre mon énergie et ma santé dans la formation du personnel de base ».

Et là, Bruno Marmet rejoint — sans y penser peut-être — un grand courant de la pensée russe, celle des « narodniki » Vivre sur terre — c'est prendre la responsabilité non seulement du monde minéral, du monde végétal, mais c'est aussi être responsable des gens qui t'entourent.

Aujourd'hui, avec la connaissance acquise, avec l'expérience accumulée suite aux chutes et erreurs inévitables, Bruno Marmet a le succès bien mérite. Le chiffre d'affaires de 500 millions de roubles parle de lui-même. « Ce n'est pas énorme… mais on va faire un milliard! — dit Bruno sans fausse modestie, — Apres — un milliard et demi… »

Et quand on lui pose la question s'il l'aurait refait, maintenant qu'il connait la difficulté de ce chemin, Bruno Marmet répond:

« Oui!!! puisque le bénéfice de tout ça, c'est une famille que j'ai en Russie, avec des enfants et une femme russes. Si je n'étais pas venu, je ne les aurais pas eus. J'ai gagné! Banco!

Une seule chose que je reproche et que je regrette, que j'ai perdu la façon de vivre en Europe et en France. Je me suis un peu « russifié » J'ai du mal à tolérer les choses qui me semblaient normales en France, il faut que j'apprenne a me calmer et à devenir plus modeste ».

Souvenez-vous, dans « Le Petit Prince »: « Les baobabs, avant de grandir, ça commence par être petit ».

Les pommiers, avant de grandir, ça commence par être petit.

Et avec ces milliers de pommiers, le destin de Bruno Marmet a grandi.


Article paru le 24 FEV 2016 dans SPUTNIK FRANCE

 http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20160224/1022046435/russie-francais-bruno-marmet.html#ixzz41FOc8CB3


 
Créée en 1927, l’Union des Français de l’étranger (UFE) est la plus importante association de Français à l’étranger. Association reconnue d’utilité publique, a pour fonction de venir en aide aux Français installés à l’étranger.